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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 00:09

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En effeuillant la marguerite elle ou il s’interroge « Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout… »


« L’amour est une fumée de soupirs ; dégagé, c’est une flamme qui étincelle aux yeux des amants ; comprimé, c’est une mer qu’alimente leurs larmes. Qu’est-ce encore ? La folie la plus raisonnable, une suffocante amertume, une vivifiante douceur ! » William Shakespeare.


Laissons de côté l’amour entre êtres humains pour nous limiter à une question simple posée lors d’un du symposium tenu le 27 janvier 2012, « L’amour du Vin » associant la Société de géographie et l’Académie du Vin de France, « Pourquoi aimer le vin ? »


« Roger Dion n’aurait pas renié cette question simple, lui qui écrivait à la première page de son grand livre : « L’homme […] aime le vin comme l’ami qu’il a choisi ; par préférence non pas obligation. Aussi l’histoire du vin est-elle, jusque dans ses expressions géographiques, plus fortement marquée d’arbitraire humain que ne le sont celle du blé ou celle du riz. »


Jean-Robert Pitte poursuit la démonstration « On entre dans un vin comme dans une poésie ou comme on entre en religion. En la matière, seuls sont comparables au vin l’alimentation, la bonne chère, et, par ailleurs, l’œuvre de chair, deux des besoins humains les plus vitaux et avec lesquels le vin s’harmonise si bien.


Ces palettes de perceptions complexes et subtiles dépassent ou plutôt stimulent l’imagination (…) Dès lors que l’on veut en parler, on est contraint de faire appel à tout un vocabulaire comparatif ou métaphorique. Sont convoqués les parfums de minéraux, de fleurs, de fruits, d’atmosphères (un sous-bois de feuillus un soir d’automne tiède pour un chambertin assagi, les embruns marins iodés pour un muscadet, une garrigue chauffée par le soleil pour un bandol, etc.), les comparaisons anthropomorphiques : une jeune femme épanouie, un fougueux adolescent, un très beau vieillard, « une volupté callipyge », un champagne « enfantin et sérieux (…)


Un amateur éclairé n’hésitera pas à frôler l’oxymore, comme en témoignent ces commentaires extraits de la même source « une ferme rondeur », « une minéralité miellée », « un gras nerveux », « un doux amer », « un moelleux allègre », « une puissance toute en dentelle », « une soyeuse fraîcheur », un léoville-barton « terriblement velouté », le « taffetas salin » du pouilly de Dagueneau et pour terminer cette voltige littéraire à propos du pouilly Clos du Calvaire 2008 du même Dagueneau qui « danse en bouche une ultime chorégraphie, sur des pointes minérales et des entrechats vibrants de fruit ». C’est que le vin, comme l’espèce humaine, est riche de paradoxes et que l’harmonie apaisée est souvent ennuyeuse, elle marque, pour l’un comme pour l’autre, le commencement de la fin. »


Oui, le vin stimule l’imagination mais les mots pour traduire les émotions qu’il procure ne m’ont jamais séduit ou accroché. Est-ce un péché mortel que de l’avouer ? Ce que j’ai fait en ironisant, sans doute bêtement, sur « les pensées d’un dégustateur » de Pierre Poupon. Pour autant dois-je être excommunié pour faute grave ? Que Pierre Poupon fut un grand amoureux du vin, je n’en doute pas un seul instant, mais affirmer que ses propos soient poétiques il y a un pas que je ne franchirai pas. C’est mon droit. Sans doute aurais-je pu être plus respectueux mais ma vulgarité n’enlève rien au côté art officiel des propos de Pierre Poupon.


Ce point-de-vue, qui n’est que le mien, posé dans un espace de liberté en libre accès, n’engage que moi et ne relève d’aucun blasphème qui traduirait le peu d’amour que je porte au vin. Si affirmer du haut de sa supériorité que ne pas aimer les écrits d’un grand dégustateur de vin, grand amoureux du vin, aussi estimable soit-il, c’est ne pas aimer le vin équivaut à dire que ne pas apprécier les commentaires d’un grand critique de cinéma c’est ne pas aimer le cinéma. Ceux qui me reprochent mon ego surdimensionné devraient s’interroger sur celle d’un petit cercle de grands amateurs qui cultivent l’entre-soi.


La révérence très peu pour moi !


Le courroux dont j’ai fait l’objet dépasse très largement les écrits de Pierre Poupon qui n’est plus là pour me répondre, et en cela mon ironie facile était déplacée, il se situe dans le cadre de ce que j’écris à propos du petit village de Saint-Émilion via une concierge à la langue bien pendue. Ça ne se fait pas, il faut respecter l’omerta, garder son genou à terre, laver son linge sale en famille. Ce n’est pas le petit monde de Don Camillo, mais presque Dallas. Qui puis-je ? Rien ! Si ce n’est que je n’ai que peu de goût d’exprimer du respect ou de l’admiration pour des gens qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Ça brûle, comme le soulignait finement Francis Blanche.


Quand à mon amour du vin je n’ai nul besoin d’un quelconque Diafoirus pour venir le mesurer !


« Il y a deux sortes d’amour : l’amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l’amour satisfait, qui vous rend idiot. » Colette

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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Michelle DIDIO 11/05/2014 10:23


Une chronique mi-figue, mi-raisin. J'aime le langage fleuri et poétique du vin, qui lui donne un corps et une âme, au-delà de l'aspect "boisson".Le vin c'est un personnage qui nous ressemble,
c'est le garçon des rues, le marquis raffiné, la marquise en dentelles ou la fraîche paysanne. Bref, il nous fait rêver. 

Roger Feuilly 11/05/2014 09:49


Et j'aime à rappeler le dernier paragraphe de la conclusion de Roger Dion dans sa monumentale et incontournable "Histoire de la vigne et du vin des origines au XIXe siècle" : "On l'en a remercié,
au long de notre histoire, par des marques d'affection qui égaient, comme autant de fraîches fleurs, le terrain où se sont avancées nos recherches. Ces témoignages proviennent des sommets aussi
bien que des niveaux les plus humbles de l'échelle sociale. Ceux qui les ont formulés sont des rois ou des portefaix, des moines ou des épicuriens, des poètes ou des hommes de science, des
philosophes ou des commerçants. Les lettrés de la cour de Charlemagne coudoient, dans cette foule, les boutiquiers dijonnais du temps de Louis-Philippe ; la savante prosodie latine de Guillaume
le Breton s'y rencontre avec les rimes sans prétention du "Bon vigneron" d'Auxerre, et la prose de Colbert avec le langage simple et terrestre d'Eugène Chevalier, cultivateur vigneron à
Argenteuil, expliquant, en 1790, la "différence surprenante" qu'il observe, en Île-de-France, entre la population des régions de labours et celles des lieux où, grâce à la vigne, "il suffit d'un
arpent pour faire un mariage". La France, disent ensemble tous ces textes, est un pays où l'histoire de la vigne éclaire celle du peuple tout entier." A méditer...

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