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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 00:09

Qui se souvient de BSN-Gervais-Danone, l’œuvre d’Antoine Riboud. ?

 

Qui se souvient du carré frais Gervais ?

 

Moi, bien sûr, mais au-delà de mes souvenirs c’est une histoire qui a fait l’Histoire de notre pays au travers d’un homme Antoine Riboud que j’ai eu l’occasion de connaître lors de l’acquisition par son groupe de Volvic et de nos discussions sur le prix du blé dur.


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Antoine Riboud né à Lyon le 25 décembre 1918 est décédé le 5 mai 2002. Il était le frère du grand photographe Marc Riboud et de Jean Riboud président de Schlumberger et grand ami de François Mitterrand (mort en 1985). Son fils Frank Riboud, est l’actuel président-directeur général de Danone

 

Sans tomber dans l’hagiographie type grand capitaine d’industrie je dois avouer une belle dose d’admiration pour cet homme à la personnalité forte et attachante. Tout le contraire de l’image compassée des patrons de vieille école de ce qui était alors le CNPF. Homme d’idées, d’imagination, de vision stratégique, il est entré dans ma vie en décembre 1968 lors de sa fameuse OPA sur le géant Saint-Gobain Pont-à-Mousson présidé par M. de Voguë. link David contre Goliath. Antoine Riboud échouera mais, comme il le dit fort bien dans la vidéo sur l’histoire de son groupe ce fut pour lui sa chance.


Dans le cadre de mon cours de Droit Commercial, notre prof Emmanuel du Pontavice, un ponte parisien, nous fit faire une étude de cas qui me passionna.


Et puis, pour ne rien vous cacher le Michel Rocard et Antoine Riboud étaient parfois raccord, même sur le fameux dossier Lip.


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Qui se souvient du « discours de Marseille » d’Antoine Riboud du 25 octobre 1972 aux Assises du CNPF ? link 


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« La responsabilité de l'entreprise ne s'arrête pas au seuil des usines ou des bureaux. Les emplois qu'elle distribue conditionnent la vie entière des individus. Par l'énergie et les matières premières qu'elle consomme, elle modifie l'aspect de notre planète. Le public se charge de nous rappeler nos responsabilités dans cette société industrielle. (...) La croissance ne devra plus être une fin en soi, mais un outil qui, sans jamais nuire à la qualité de vie, devra au contraire la servir ».

 

En 1942, à l'âge de 24 ans, il intègre le groupe Verrier Souchon-Neuvesel, contrôlé par son oncle maternel. Il apprend sur le tas et prend des responsabilités, qui lui facilitent l'assimilation du métier, jusqu'à en prendre les commandes en 1965.


 En 1966, Antoine Riboud fusionne la société avec Boussois, fabricant de verre plat, pour créer la société Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN), qu'il fait passer de l'industrie du verre à l'industrie agroalimentaire.


En 1970, BSN devient le leader français de la bière, des eaux minérales et de l'alimentation infantile.


En juin 1973, il concrétise la fusion entre BSN et Gervais Danone, pour créer BSN-Gervais Danone, première entreprise agroalimentaire en France. Quelques années plus tard, il renforce sa politique de désengagement du verre et de recentrage vers l'agroalimentaire, en rachetant les marques de biscuits LU puis Belin.


En 1994, BSN se rebaptise Danone, actuel acteur clé de la scène agroalimentaire. Ce groupe œuvre sur quatre secteurs d'activité : produits laitiers frais, eaux minérales, nutrition médicale et nutrition infantile. Il est présent dans plus de 120 pays et est le leader mondial du marché des produits laitiers frais et le deuxième producteur mondial des eaux embouteillées.


En mai 1996, pour le trentième anniversaire du groupe, Antoine Riboud annonce qu'il se retire. Il propose alors de passer le relais à son fils Franck Riboud.


Si vous souhaitez en savoir plus aller ICI link  et surtout visionnez la vidéo qui, tout en étant un film d’entreprise, est très riche d’enseignement et qui mériterait mieux que le confinement sur le site de Danone.


En effet, avec l’irruption des réseaux sociaux, la communication d’un groupe comme Danone si elle se contente de ne s’adresser qu’au grand public via ses marques et qu’aux investisseurs et actionnaires sur des documents quasi-inaccessibles, se prive d’un vrai levier et surtout, contrairement à ce qu’a fait avec brio son père fondateur ensemencer un terreau sociétal qui a bien besoin de nouveaux repères. Les mots font sens encore faut-il les diffuser en les débarrassant de la gangue du langage des affaires. Tout un travail qui devrait être un nouveau et grand défi pour Danone.


Un regret sur cette vidéo : mais où sont passées mes vaches ?


Pour revenir à elles, celles qui font du lait en Normandie, j’ai retrouvé mon Carré Frais mais il n’est plus de Gervais car en 1999, Bongrain a racheté Carré Frais à Danone mais sans pouvoir garder la caution Gervais car la marque Gervais continue d’exister au sein de Danone. Le « carré frais » est donc  fabriqué maintenant dans l’Ain par la fromagerie Bressor.



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Un mot sur Charles Gervais, l’inventeur du Carré frais mais aussi du Petit Suisse : En 50 ans, Charles Gervais, le génie du fromage frais, révolutionne la filière lait.


« En 1850 le jeune et fringant Charles tourne dans le pays de Bray en quête d’un fromage de garde pour alimenter le marché parisien. Il fait affaire avec Mme Héroult. Elle connait le secret du « petit suisse » que lui ont révélé ses comis, des vachers suisses qu’elle a fait venir du canton de Vaud.… C’est parti. En 50 ans, Charles Gervais révolutionne la filière. Il collecte le lait, le transforme en « petit suisse » et en « petit carré » et le livre dans les vingt-quatre heures aux Parisiens, comme l’excellent lait du Pays de Bray et son bon beurre. Obsédé par la qualité et l’hygiène, Charles crée des ateliers modèles et saute sur la nouvelle technique de réfrigération pour assurer une filière saine. Selon les textes officiels de l’époque, « les vaches de Gervais sont soignées suivant des procédés scientifiques. » Leur alimentation est surveillée, les éleveurs sont liés par contrat (y compris sur les soins aux animaux) et tout est consigné sur leur carnet. Ils sont payés au mois ; les pots sont fournis par la maison Gervais, les bouteilles de lait en verre ou en porcelaine sont cachetées au plomb, les fromages frais sont réalisés de nuit aux Halles de Paris pour être vendus dès le lendemain…


Face à de redoutables concurrents comme Maggi, Pommel, Ancel et les Fermiers Réunis qui drainent le même secteur, Charles Gervais s’organise pour réussir vite. Ce succès rapide lui assurera en prime une élection au sénat.


L’immense usine de Gournay-en-Bray, à la lisière de la Normandie, s’installe près de la gare. L’alliance du chemin de fer et du cheval permet de livrer Paris en un temps record. Dans le bocage, Gervais dispose de bons Boulonnais pour collecter les denrées dans le bocage et les amener des ateliers à la gare. A Paris, il choisit de légers trotteurs réformés des courses pour livrer 13 000 crèmeries chaque matin. Ils repassent le soir chercher les invendus qui reprennent le train vers l’Oise où ils nourrissent des cochons. Rien ne se perd, l’été, le saint-paulin et le camembert absorbent bientôt le surplus de lait. La société recrute de jeunes cochers qui sont logés, nourris, blanchis, obsédés par la ponctualité, soumis à une discipline de fer et attachés à la maison. Comme tous les employés de Gervais ils touchent un salaire conséquent et ont des avantages sociaux. Et attention, ceux qui passent à la concurrence doivent plier bagage avec femme et enfants, car on appartient à Gervais, on y fait carrière, on y travaille toute une vie et en famille.


En 50 ans, l’industrialisation mise au point par Charles Gervais a fait apparaître un produit standard et disparaître les Neufchâtel, bondon, malakoff, fromage de foin, de Songeons ou de Gournay… En 1850 le fromage était une affaire de fermières qui transmettaient leur tour de main à leur fille et vendaient au marché. En 1892, quand Charles Gervais meurt, le fromage est devenu un monde d’hommes : des ouvriers d’usine, des mécaniciens et des transporteurs. «  La création d’une industrie si importante n’a pas été sans apporter de grosses modifications dans les spéculations laitières ménagères ; toutes les fermes du rayon préparaient des beurres vendus à Gournay, cette fabrication a disparu. » (L’Oise au XIXème, la crèmerie de Paris, cahier de l’écomusée). » source  Région Picardie.


Je reviendrai sur cette histoire via les Petits Suisses… mais pour l’heure je vous ai assez gavés…


Gervais Danone est née en 1967 de la fusion de Gervais et de Danone. En 1970, elle devient le plus gros fabricant de pâtes de France après le rachat de la société Régia-Panzani, qui s’ajoute à celui, en 1968, de Milliat Frères… 

 

 

à bientôt sur mes lignes…

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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