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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 12:00

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La Trêve de Dieu, au Moyen Âge était en Europe, une suspension de l'activité guerrière durant certaines périodes de l'année exigée par l'Église catholique romaine. Longtemps elle prit la forme d'une trêve du mercredi soir au lundi matin, ainsi que pendant tout l'Avent, à Noël, pendant le Carême et le Temps pascal.


Nous sommes dans le temps de l’Avent et, ce matin encore la barbarie d’un massacre d’enfants dans le Connecticut est venue se surajouter à la barbarie quotidienne en Syrie et sans doute ailleurs, de façon plus ordinaire, dans nos pays dit civilisés. Ça ne donne pas envie de chroniquer sur le thème « faut-il boire du champagne à Noël ? »


Alors pour ne pas sombrer dans un pessimisme noir en ce qui concerne la capacité infinie de la nature humaine à massacrer ses semblables  j’ai décrété ma trêve à moi, sous la forme de ma semaine de bonté avec effet rétroactif et reconduction par tacite reconduction avec moi-même.

 

Dans mon souvenir d’enfant il me revient qu’à la radio, en cette période de l’Avent, une voix de femme faisait un appel aux dons au nom de la Semaine de Bonté link qui est, depuis 1927, une association reconnue d’utilité publique. Maintenant nous ne savons plus où donner tellement les sollicitations sont nombreuses. La pauvreté progresse à nouveau depuis dix ans de 12,9 % de la population en 2002, nous sommes passés à 14,1 % en 2010 et sans doute davantage en 2011 et 2012.

 

Pas facile avec ça de tartiner des chroniques sur le foie gras noyées dans les GCC avec des prix à trois chiffres, comme le font les magazines papier glacé mais aussi la presse nationale : le supplément vins du Monde en témoigne. Il faut vivre avec me rétorquera-t-on, avec cette violence sous toutes ses formes, nous n’avons guère de prise sur la marche du monde. J’en conviens et je ne vais pas tomber dans le piège de la mauvaise conscience mais simplement tenter de vous épargner mes petites colères face au spectacle qui m’est parfois offert dans le petit monde de la blogosphère du vin.


Je serai donc charitable en vous épargnant d’étaler mon mépris pour cette engeance qui vit sur la bête, profite, parfois petitement, se pavane aux frais de la princesse – manière charitable d’évoquer le blé siphonné aux vignerons – qui se prend pour le sel de la terre alors qu’elle n’en est que la forme la plus vulgaire des profiteurs. Mon Dieu avoir à supporter le spectacle de Pierre Ménès, donne des envies de gerber mais je suis dans ma semaine de bonté alors je délaisse le vitriol. Rien qu’une goutte de vinaigre à propos d’un papier, publié dans une revue de vin papier glacé, lu à la va-vite dans le kiosque de presse de la gare Saint-Jean de Bordeaux. D’abord la photo : hisse et haut santiano, mort de rire, puis au-dessous le texte pure resucée d’une chronique où le poujadisme revisité par un semblant de snobisme désabusé m’a fait dire dans ma petite Ford intérieure jusqu’où descendra-t-on dans l’insignifiance et la prétention ?

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Mais, dans les pires moments de notre Histoire, de grands artistes se placent au-dessus du commun, transcendent la boue et la fiente ambiante. Ainsi naquit, en trois semaines à peine, en Italie, en 1934, alors que l'Allemagne, pays natal de l’artiste Max Ernst, embrassait l'idéologie nazie, Une Semaine de Bonté qui rassemblait une étrange collection de 182 collages où l'humain côtoie la mythologie et le règne animal. On y trouve des femmes ailées et des hommes à tête de lion. La plupart de ces scènes spectaculaires montrent la mort, la détresse, l'esclavage, la nudité et la violence dans une vision déformée. À l'origine Une Semaine de Bonté fut publiée sous la forme d'une série de 5 pamphlets, chacun tirés à moins de 1.000 exemplaires. Devenus depuis de réelles pièces de collection, ces pamphlets en édition originale sont hors de prix. Les quatre premières livraisons de publication n'avaient cependant pas atteint le succès qui avait été prévu. Les trois autres «jours» ont donc été mis en place dans un dernier et cinquième livre. Les livres sont sortis entre avril et décembre 1934, chacun d’une couleur différente: violet, vert, rouge, bleu et jaun e.


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Bonne fin de semaine à tous, elle fut pour moi une bonne semaine et il m’a été facile de la transformer en semaine de bonté, buvez de bons coups à la santé des hommes de bonne volonté et si, le cœur vous en dit, faite la fête comme de bons vivants avec une petite pensée pour l’état de notre foutu monde…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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