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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 00:07

Le quartier St Jean dans le vieux Lyon, la rue du Bœuf, même si c’est un taureau bien couillu qui est statufié à l’angle de la place Neuve Saint Jean, très représentative de la belle architecture Renaissance du quartier. J’arrive depuis l’hideuse gare Perrache, le jour baisse et avec mon petit GPS je chemine vers le Café-épicerie entre de somptueuses demeures du XVIe et du XVIIe. Dîner, non pas dans un bouchon, la cuisine lyonnaise pèse un peu sur l’estomac pour la nuit, mais dans un restaurant loin des « pièges à touristes ».


180px-Rue_du_boeuf-2C_Lyon.jpg

Mon choix :

 - une Boîte de Sardines “Ramon Peña” avec du très bon pain et du beurre d’Isigny de la Mère Richard : un délice !


- une Andouillette Bobosse à la ficelle grillée accompagnée d’une purée maison, légère, goûteuse, présentée en tranches ce qui facilite le maniement de l’andouillette qui d’ordinaire part dans tous les sens.


- un pot de crème pistache, ganache chocolat. J’adore l’alliance pistache/chocolat.


- le tout arrosé d’une bouteille de coteaux du Lyonnais Le Bouc et la Treille, 2006 Cuvée de Garde élevé à l’ancienne par Stéphane Vier. Du gamay comme je l’aime, fruité, enchanteur, léger, une belle bouche, finale en forme de revenez-y vite. Tout pour plaire ! Prix canon du restaurateur : 39 € (le prix départ affiché au GAEC le Bouc et la Treille tourne autor de 5€) ça douille du côté marge : proprement scandaleux ! Le vin le moins cher en rouge était un Côtes du Lubéron, Domaine de Marie, 2005 26€. Ce n’est pas avec de tels prix assommoirs que nos chers restaurateurs développeront les ventes de vins dans leurs établissements.

Coteaux_Lyonnais_Rouge_2006.JPG

 

Laure Gasparotto dans le Point écrivait en 2008 « Un seul négociant installé sur l’appellation coteaux-du-lyonnais, et une cave coopérative sui produit à elle seule la moitié des volumes, grâce aux apports d’une centaine de vignerons (qui ont d’autres activités). Voilà qui traduit une culture locale restreinte où règne l’hégémonie des genres. Peu de concurrence entre les uns et les autres, donc, qui trouvent comme marché essentiel les citadins de Lyon venus remplir leur coffre de leur voiture pendant le week-end. Ici, c’est une tradition que les cavistes ne discutent même pas. Une trentaine de domaines indépendants règnent encore sur les collines ouest de la ville, de Saint-Jean-des-Vignes et Chasselay, au nord, à Saint-Romain-en-Giers, au sud. La plus grosse des caves particulières, le domaine du Clos Saint-Marc commercialise toute sa production en direct et tourne essentiellement avec 4000 clients lyonnais. « C’est notre locomotive à tous, explique Stéphane Vier, du domaine le Bouc et la Treille, car ce domaine met tout son vin en bouteilles et les quatre associés font preuve de dynamisme. » En attendant, quand un vigneron de l’appellation part à la retraite, c’est comme une bibliothèque qui meurt : personne ne reprend le flambeau. La pression foncière est telle que les vignes sont arrachées. Alors, que reste-t-il de ce vignoble historique planté par les Romains ? Des bons vins de copains, comme on dit communément, à un prix moyen de 3,80 euros pour les cuvées classiques et à 5 euros pour les cuvées plus travaillées. Essentiellement rouges, issus de gamay, ces vins sont à mettre à côté des produits régionaux, comme l’andouillette et le saucisson ».


Ce texte est représentatif de la littérature journalistique sur le vin. J’aimerais qu’on me donne la clé de cette phrase « Voilà qui traduit une culture locale restreinte où règne l’hégémonie des genres ». De plus, en quoi les cavistes auraient à discuter la vente directe à la propriété ? L’économie de proximité ça existe. Enfin, une phrase du type « quand un vigneron de l’appellation part à la retraite, c’est comme une bibliothèque qui meurt : personne ne reprend le flambeau. » me laisse rêveur, comme si la vigne et le vin dans ce pays vivaient dans une sorte de bulle hors de l’économie réelle. Contre la pression foncière urbaine le meilleur antidote pour préserver le sol vigneron c’est la demande des consommateurs. Si l’AOC a le vent en poupe, se développe, les arbitrages se feront et les élus devront en tenir compte avant de miter les territoires. L’exemple du voisin Beaujolais est là pour le démontre : personne n’attend personne dans notre vaste monde mondialisé.

 

Enfin, pour les poulains du Président Aulas, ils ne leur reste plus qu’à méditer sur le célèbre aphorisme attribué au footballeur anglais Gary Lineker après la défaite de l’équipe d’Angleterre contre celle d’Allemagne en 1990 : « Le football est un sport inventé par les Anglais qui se joue à onze contre onze, durant 90 minutes et à la fin ce sont toujours les Allemands qui gagnent ... » Rendez-vous à Santiago Bernabeu pour la finale avec les Italiens de L'Inter...

 

Pour le vin c’est le G.A.E.C. LE BOUC ET LA TREILLE

A.O.C. Coteaux du Lyonnais - Rouge et blanc.
Bouteilles - Bag in Box 5l et 10l.
Stéphane VIER - Yves AUBRY.
Adresse : 82 chemin de la Tour Rissler
Horaires d'ouverture vente au public : jeudi et vendredi de 17h à 19h - samedi de 10h à 12h30
Tel : 04 72 26 07 53 ou 06 60 21 59 22

leboucetlatreille@sfr.fr

La cuvée 2006 est épuisée à Poleymieux, le millésime disponible pour cette cuvée est 2008, médaillé de bronze à Macon en 2009.(Prix depart cave 31€ le carton de 6 bouteilles).

FICHE TECHNIQUE 

 

COTEAUX DU LYONNAIS  ROUGE CUVEE DE GARDE 2008 
 
 

VITICULTURE 

Nature du sol : 50% gneissique et 50% argilo-calcaire sur Bajocien en majorité.

Cépages : Gamay Noir à jus blanc.

Age des vignes : 20 ans

Vignes en coteaux, exposées Est , Sud est.

Altitude : 300m

Travail des sols : enherbement naturel avec deux tontes annuelles.

Epamprage et ébourgeonnage manuels

Rendements : 45 hl / ha 
 

VENDANGE, VINIFICATION : 

Vendanges manuelles : 1ere cuve le 30/09/08 et 2e cuve le 1 et 2/10/08 Temps sec et frais (5°c-16°c)

Très bon état sanitaire. Température de la vendange à l’encuvage : 15°C.

Vendange  non égrappé  (1ere cuve) et égrappée (2e cuve)  .

Levures : sélectionnées

Cuvaison : 10 jours(1ere cuve) et 13 jours (2e cuve).

Fermentation malo-lactique : 100%

Pas de collage. 
 

ELEVAGE : 

5 mois en cuve et en fut de chêne(10%), 7 mois en bouteille. 
 

ENBOUTEILLAGE : 

le 23/03/09- 4690 bouteilles. Filtration classique (terre + plaque)

Disponibilité actuelle : 3500 bouteilles 
 

CONCOURS ET/OU PRESSE : 

Médaille de bronze MACON 2009  

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Guy Salmona 01/05/2010 10:12



Bonjour. Votre lettre du jour est foisonnante et elle appelle de nombreuses réactions ! C'est en celà aussi que réside votre talent ! Ce restaurateur à scandale dont vous parlez ne
fait pas, hélas, que se tirer une balle dans le pied ! C'est aussi dans les pattes des vignerons qu'il défouraille ! En pratiquant ces prix dans son bouchon "bouchonné", il n'incite
guère à la consommation ou, en tous cas, sauf masochisme sévère, à y revenir !... Mais après tout, tout bien considéré, comment et pourquoi s'émouvoir d'un coeff. 5 sur le vin dans un
pays où le salaire d'un big boss du CAC est de plusieurs dizaines (centaines) de fois le SMIC ! Qui peut se payer un bouchon à ce tarif ?


Enfin, s'agissant de la prose de Laure Gasparotto, que je salue, et de la pression foncière mortifère, à l'évidence, vous avez raison... et vous avez tort ! Raison, théoriquement, parce
qu'en effet l'économie du vin est toute entière contenue dans l'autre et que "l'appétence" pour une AOC reste le meilleur moyen de la faire croitre et embellir. Tort parce qu'en dehors de
quelques sanctuaires dorés (où après l'ancêtre, on reprend toujours le flambeau), bien peu d'AOC bénéficient de, je cite : "vent en poupe...arbitrage des élus qui devront en tenir
compte" etc...  Je ne disconviens pas de nos responsabilités passées, présentes et à venir mais, notre paysage s'est beaucoup enrichi ces derniers temps de tas de souches, racines en
l'air, qui ne sont pas de très bons augures. Hélas, ce sont bien les vignerons eux-mêmes qui décident d'arrêter de lutter, d'arracher leurs vignes pour faire pousser des lotissements blêmes
!


Celà dit, ceux qui restent ont de nombreuses raisons d'espérer, mais pas seulement ! Ils agissent avec enthousiasme !


Peut-être aurons nous l'occasion d'en discuter un jour autour d'un verre, de Fronton ou d'autrechose !


  


   


 



Alain Leygnier 01/05/2010 09:39






Plusieurs choses :


1 En principe, une andouillette "tirée à la ficelle" garde sa dignité dans l'assiette.


2 La demande des consommateurs ne parvient pas toujours à préserver un vignoble du mitage. Cf. le vignoble de Saint Tropez, qui résiste difficilement
à la pression foncière locale, particulièrement puissante, il est vrai.


3. Les coefficients qu'ils appliquent au vin, totalement injustifiés, font de la plupart des restaurateurs les meilleurs amis des prohibitionnistes.
Les restaurateurs pratiquent en général le "flux tendu", ils n'ajoutent aucune valeur au vin. Celui-ci est servi, la plupart du temps, dans des conditions calamiteuses (ouverture de la
bouteille, température, remplissage des verres, voire parfum envahissant des sommelie(è)r(e)s, serveurs/serveuses, etc )  


4 Les cavistes contestent la vente au domaine, ils tentent d'imposer un prix unique, qui n'a aucune justification réelle, mais dessert le touriste/
consommateur qui rend visite au vigneron. Quant un journal signale "Un bouteille du mois" assortie d'une réduction de 10 %, accordée par le vigneron, ce dernier subit les foudres des cavistes.
Lors d'un Salon des vins de Loire, un courtier régional m'a même reproché de lui "porter préjudice", ainsi qu'aux cavistes, parce que je rédigeais ce genre de papier. On croit parfois
rêver…



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