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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 00:09

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« La confiance des Français dans les politiques continue de reculer, y compris pour les maires. Le fossé entre citoyens et élus se creuse. La défiance des Français envers leurs élus et dirigeants politiques s'est encore accrue en 2010, à en croire le dernier Baromètre de la confiance politique publié lundi par le Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences-Po.

83% des Français estiment en effet que les hommes politiques ne se préoccupent pas de ce que pense la population. En 2010, ils étaient 81% à exprimer leur défiance, lors de la première enquête de ce type réalisée par Opinionway pour le Cevipof et l'institut Pierre-Mendès-France. » source Europe 1 (suite après la Lettre)

 

Chers vous tous,

 

« En France, la politique a mauvaise réputation. Quand à la réputation de ceux que de Gaulle aimait à nommer « les politichiens », elle est tout simplement effroyable. Il n’est guère de pays qui aient aussi peu de considération, autant de mépris même, pour ceux qui les gouvernent, ou les représentent.

S’il est à droite, l’homme politique français est considéré comme un raté de la finance, de l’industrie, du commerce ou du moins l’un de leurs employés subalternes. Sa seule idée que rien ne change. À gauche, il passe pour un bureaucrate, un apparatchik guidé moins par la conviction que par l’ambition ou plus prosaïquement l’appétit. Son espoir : que tout change, c’est-à-dire que la queue de la poêle passe dans ses mains. Entre les deux, c’est le marais où s’embourbent ceux qui ne savent pas exactement de quel côté soufflera demain le vent et donc dans quelle direction ils doivent prendre. Et qu’on nous montre sur les bancs des assemblées et les états-majors des partis les grands intellectuels, les vrais savants, les champions de leur spécialité : ils se gardent bien d’aller perdre le temps dans ce monde de l’illusion et de la combine. Non, non : tous les mêmes, tous des médiocres, au mieux incompétents et inutiles, au pire véreux et pourris, qui ne sont là que pour se remplir les poches. Voilà, en gros, l’image que beaucoup trop de vos concitoyens ont de vous, les hommes politiques. Et c’est bien dommage.

C’est dommage d’abord parce que c’est faux. Vous n’êtes pas tous honnêtes, je le sais bien et il existe parmi vous des concussionnaires, des prévaricateurs, des arnaqueurs, les uns prêts à se vendre et les autres à se louer à la journée et même à l’heure. Mais ceux-là, chacun les connaît et on pourrait aisément les nommer. Et dans tout le personnel du régime et de l’opposition, dans toute la classe politique, on pourrait les compter sur les doigts d’une seule main – enfin disons par prudence deux.

Car le parlementaire et le technocrate de base sont dans l’ensemble honnêtes et désintéressés, contrairement à ce qu’un vain peuple pense. Seulement il faut reconnaître qu’une carrière politique pose tant de problèmes personnels, matériels et moraux, de système de vie et de travail, de relations et d’appartenance, d’opportunité, de tactique et de hasard que parfois tout se mêle dans un brouillard où il est aisé de se perdre. Je n’ai jamais rencontré un député, un seul, qui n’ait pas l’ambition d’être un jour ministre, et c’est normal : la finalité de son entreprise, c’est le pouvoir ou son apparence. Je n’ai jamais vu un ministre, un seul, qui ne soit soucieux de le rester ou à défaut, par une démission bien calculée ou un effacement provisoire bien orchestré, de le redevenir aussitôt que possible. Je ne connais guère de hauts fonctionnaires qui, un jour d’exaspération contre les tergiversations, l’ignorance ou l’indifférence de leur ministre ou des élus, n’aient souhaité une fois au moins entrer au Parlement, voire au gouvernement, pour apprendre leur métier à tous ces incapables. Et parmi les militants, j’en sais peu qui aient refus » de se dévouer en posant leur candidature à quelque mandat plus ou moins prestigieux, en acceptant quelque désignation flatteuse.

S’il existe des hommes politiques heureux, combien me sont apparus tenaillés par la peur : peur des « patrons » dispensateurs d’investiture et de responsabilités, crainte cyclique des chers électeurs, souci lancinant de leur personnage public, incertitude dans l’action, angoisse jusqu’au plus haut niveau parce qu’il leur faut, comme l’a dit l’un d’eux et non des moindres, en permanence « gérer l’imprévisible ».

Matériellement, ce n’est pas un métier et il en va du député comme du journaliste, auquel on dit volontiers « Ah ! c’est bien intéressant votre travail, vous avez de la chance. Mais, à part cela, comme métier, qu’est-ce que vous faites ? » Rien de pire que l’élu qui n’a pas d’autres sources de revenus, pas de position de repli en cas d’échec. Alors il est tentant de composer avec la déontologie non écrite et d’ailleurs plutôt laxiste du milieu.

Avocat et parlementaire, on plaidera peu mais on conseillera beaucoup, et de gros clients ; des clients, bien entendu, qui font toute confiance à votre science juridique et auxquels il ne serait jamais venu à l’idée de vous engager avec de si confortables honoraires parce qu’ils ont tout simplement besoin d’un porte-parole au Palais-Bourbon et d’un commissionnaire pour leurs démarches. Industriel, commerçant, on traitera de ce qu’on connaît bien et c’est évidemment un effet du hasard si des thèses qu’on défend au nom de l’intérêt général se trouvent coïncider avec quelques intérêts particuliers. Homme de la ville, on sera tout prêt à couper dans les subventions agricoles, beaucoup trop généreuses ; élu de la campagne, on sera peu enclin à voter des milliards de crédits que réclament les cités, et en particulier Paris, cette capitale du vice c’est-à-dire de la pornographie, de l’administration et du Coca-Cola. Fonctionnaire, on soignera son avancement en faisant jouer utilement les relations nouées dans la profession, ce qui crée un lien autrement puissant que des idées communes, puisque après tout il est logique que des années passées à servir la collectivité ne freinent pas une carrière administrative qui eût à coup sûr été brillante sans l’entracte du mandat.

Tout cela est évidemment plus aisé si on appartient à cette majorité que le soleil du pouvoir réchauffe de ses rayons. Mais qu’on ne s’y trompe pas : l’opposition, sauf communiste, n’est quand même pas cette banquise où l’on grelotte, comme certains le croient. »

 

C’est du cru janvier 1976 et signé Pierre Viansson-Ponté du Monde et c’est publié chez Albin Michel Lettre ouverte aux hommes politiques. La Ve République a alors 18 ans, elle n’a pas encore connue l’alternance. Elle a aujourd’hui 53 ans et ce texte est quadragénaire, la force de l’âge avec peut-être quelques rondeurs dues à l’embourgeoisement. PVP écrivait nommément à 9 personnalités, trois sont toujours vivantes : Valéry Giscard d’Estaing qui était Président de la République en 1976, Jacques Chirac qui allait le devenir après trois tentatives infructueuses et Michel Rocard qui se présentera deux fois comme outsider mais devra se contenter d’être le 1ier Ministre de son adversaire au sein du PS. Pour les disparus Pierre Mendès-France qui ne gouverna que quelques mois, François Mitterrand deux septennats, Michel Debré le père de la Constitution et des Debré actuels, Georges Marchais qui renaît avec l'aboyeur Mélenchon « Qu’ils s’en aillent tous » et le Prince des Ténèbres Michel Poniatowski l’homme de main de Giscard que tout le monde à oublié. L’extrait que je vous ai proposé s’adressait aux autres...

 

Pour les plus courageux d'entre vous qui voudraient encore lire, en ces temps de remises en question de l'impartialité des experts, par exemple à propos du Médiator, le suite ne manque pas de pertinence ni d’actualité.

 

« Il est impossible de tout savoir et un élu consciencieux trouve très vite ses limites. Comment pourrait-il, la même semaine, avoir à la fois un avis tranché et motivé sur une réforme de l’enseignement supérieur, une position sur la politique pétrolière, une conviction sur le choix de la meilleure filière nucléaire, un jugement sur l’aménagement de la région lyonnaise, une idée sur la fiscalité des cultivateurs de tabac ou des magasins de grande surface, et une opinion ferme sur la conduite monétaire du Japon, Et pourtant, sur tous ces sujets et bien d’autres, il faudra se prononcer, voter et décider. Le bon sens ne fait rien à l’affaire, surtout quand on n’a ni les possibilités intellectuelles, ni le temps, ni le goût d’étudier des dossiers qui, de surplus, ne sont pas à votre disposition.

Ces dossiers précisément, quelques-uns les détiennent. Les uns, ministres, rapporteurs, experts officiels sont censés les connaître. Les autres les possèdent sur le bout du doigt : ce sont eux qui les ont constitués, eux qui le plus souvent les ont fournis, tout préparés, aux ministres et hauts fonctionnaires et sous une forme édulcorée, orientée, aux quelques parlementaires utiles. Comme il est tentant de s’en remettre à ceux qui savent et s’offrent ainsi à vous éclairer. Ainsi les décisions sont-elles souvent arrachées à la faveur d’une savante mise en condition assortie de quelques facilités à la simple flatterie en passant par un bon déjeuner ou un menu service.

Après cela, on trouvera des naïfs pour s’étonner et même admirer que les groupes de pression, les lobbies, si bruyants et indiscrets sous la IVe République où l’on voyait certains jours leurs représentants s’abattre comme les hirondelles en vols serrés dans les couloirs du Palais-Bourbon et les antichambres des ministères, aient presque disparu sous la V é. Parbleu ! C’est qu’ils sont passés de l’antichambre au cabinet, voire au bureau du ministre et des couloirs dans l’hémicycle. Installés au cœur du dispositif exécutif, parlementaire et administratif c’est à peine s’ils ont besoin désormais de respecter les apparences. Au lieu de manipuler les pouvoirs, ils les contrôlent, les partagent et parfois les détiennent, se confondant largement avec eux... »

 

La confiance des Français dans les politiques continue de reculer, y compris pour les maires.

 

Les maires décrochent à leur tour

 

Jusque-là épargnés, les élus locaux voient désormais leur cote de confiance s’éroder sensiblement. Les personnes sondées ne sont plus que 52% à déclarer avoir confiance dans leurs élus locaux, contre 65% il y a un an.

 

Ces élus locaux « se présentent comme un filet de protection en cas de crise, ce qu'ils sont de moins en moins », a analysé le directeur du Cevipof, Pascal Perrineau.

 

Une démocratie qui patine

 

Plus généralement, 57% des personnes interrogées estiment que la démocratie en France fonctionne « pas très bien » ou « pas bien du tout », contre 48% il y a un an. 42% des personnes sondées ont au contraire répondu qu'elle fonctionne « très bien » ou « assez bien ».

 

Cette défiance dépasse les clivages politiques, puisque 56% des sondés déclarent n'avoir confiance ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays. Avec 22% de confiance dans ses capacités à gouverner, un score en hausse de sept points, la gauche passe cependant de justesse devant la droite, qui cède un point à 21%.

 

« On va dans une politisation négative, c'est-à-dire une politisation assez forte qui va de pair avec une défiance à l'égard des politiques, d'où un espace ouvert pour le populisme », a commenté le directeur du Cevipof

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Reggio 05/02/2011 13:10



les élus locaux, comme les notres ceux des petites communes rurales, faut pas les lacher, faut leur mettre constament la pression, sinon c'est le grand n'importe quoi et dans tous les domaines
que ce soit l'aménagement, l'organisation ou autres sujets. On veut et on doit savoir ce qui se passe et ce qui va se passer...et c'est pas simple...



bernard 05/02/2011 08:26



De préciser que les hommes politiques sont dans leur grande majorité honnéte me parait important car c'est un rampart face au populisme...


 


Pour avoir eut des rapports avec des élus locaux, avoir regardé leur réalisation avec un certain intérét j'ai l'impression qu'ils font pour faire, pour exister..... Cela a souvent ni queue ni
téte mais ils réalisent car il faut produire, il faut réaliser, il faut exister... Souvent en dépit du bon sens.


 


Je pense qu'il leur manque, du moins aux locaux, de vision à long terme, de créativité. Ils sont un peu rongé par l'ambition...


 


La confiance que j'ai en eut est légérement écorné. Dans les rapport il y a quelque chose de pas trés franc.. Parfois je me pose la question " dois je continuer à aller voter ? pour l'heure je
n'est jamais faillit.. Une certaine culpabilité apparait aux regard du droit de vote mais il serait salutaire de leur botter les fesses plus souvent. N'ont ils pas un devoir d'empathie ? Et puis
SVP arréter la manipulation , un peu d'honnéteté...


 



pierre 05/02/2011 05:57



IL ne faut pas s'en étonner . 


1 - La société s'est individualisée. Les valeurs, règles de comportement et réferences que nous connaissions dans les années 50's  n'ont plus cours. 


2 - Avec les nouveaux moyens d'information et de communication, tout le monde peut s'exprimer; les opinions sont exarcerbées et les structures organisationnelles classiques contournées.


C'est un nouveau paradigme : les notions de gouvernance et de démocraties ont changé et comme pour l'argent (nous avons vécu la crise avec ses excès dans la finance) ou le sexe (cf. le
comportement de certaines idoles duu ... sport mises au grand jour, par ex.  ) ou encore le pouvoir ( par ex. on le voit dansla presse ou ailleurs sur Internet), il n'y a plus de limites
pour contenir la contestation, les interprétations, les rumeurs, les remises en cause, les dénigments et les critiques.  


Comme dans toute rupture ou changement de paradigme (et la nature fait bien les choses) il y a un désordre, une auto-organisation, et un nouvel ordre). Dans le cas de la politique par exemple :
il y a changement de domination et, ainsi, une dictature militaire pourra être remplacée par une dictature religieuse ... au nom de la démocratie populaire (c'est un nouvel ordre). Entre Droite
et Gauche, les internautes initieront des alternances plus radicales et plus rapides (Loi de Moore) . Etc.


Mais ... le résultat restera le même car nous sommes dans des systèmes dynamiques non linéaires 'fermés' et encore plus complexes (changement d'échelle) et... il ne faut pas oublier que (et je ne
me souviens plus qui l'a dit) :


- La Dictature , c'est : "Tais toi et marche"


- La Démocratie, c'est : "Cause toujours mon ami". 


D'ou les notions d'éthique qui supplanteront peut-être celles de morale et de RSE. Mais là encore c'est un changement de paradigme !


A+.



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