Vendredi 5 octobre 2012 5 05 /10 /Oct /2012 00:09

Si vous ne saviez pas encore, le Bon Marché, sur la Rive Gauche, la mienne, fête cette année ses 160 ans. Jeudi matin, après une séance fort éprouvante avec le club du Troisième Âge où je fini ma carrière, club à qui notre Ministre a demandé d’avoir de l’imagination : vaste programme bien au-dessus des forces de mes chers collègues, et j'ai fait savoir que je n'en serais pas.  Jeudi matin donc, comme l’éclaircie me permettait de me déplacer à vélo et que j’avais envie d’une côte de veau je suis entré chez la vieille dame, l’héritière des Bousicaut,qui  appartient à Bernard Arnault. Y’a pas à dire j’ai mauvais esprit : des déjà vieux, aux veaux pour finir à l'épicerie de ce cher Bernard qui me dit-on prépare sa succession dans le royaume de Belgique : quelle belle  association !


photoBM.JPG

Donc, comme le veau est tout près du vino j’ai jeté mon œil sur le premier présentoir qui s’offrait à mon regard perçant de dénicheur. Et qu’ai-je vu de suite ? Un alignement de 3 quilles qui m’a mis sans-dessus-dessous. Tout mon petit bagage de soi-disant amateur de vin s’est répandu dans le caniveau. En effet, je constatais :


revelette_teaser.jpg

1-      Le château de Revelette un Coteaux d’Aix qui valait dans les 12-13 €


2-     2 Grands Vins de Revelette : le Grand Blanc 22,40€ et le Grand Rouge 24,40€ et ce sont des vins de pays des Bouches du Rhône.


Là je panique. Que faire ? Claquer presque 50€ pour ces deux marauds ? Non, en ce moment je suis raide. Je demandais au garçon qui s’occupe du rayon s’il les a dégustés et il me réponds oui mais sans me donner envie de casser ma tirelire. J’aurais pu appeler Olivier Nasles, régional de l’étape, œnologue, qui siège à l’INAO, qui produit du Coteau d’Aix,Confrérie du Roi rené, mais je n’ai pas osé. Alors dans mon esprit mal tourné s’est installé l’idée d’interroger mes chers confrères qui écrivent des livres pour que je sache acheter du vin sans me ruiner. Donc, sitôt rentré c’est ce que je fais.


Éclairez-moi car je suis benoît et sans doute un peu benêt. Dites-moi tout ! Expliquez-moi tout ! Bref, convainquez-moi de votre utilité sociale. Pour ne pas faire de jaloux, je me tourne aussi vers ceux qui, moins médiatiques ou plus discrets, n’écrivent pas de livres mais opèrent dans la même chalandise avec autant de compétence : conseillez-moi !


Les propriétaires du Château Revelette sont - Peter et Sandra FISCHER - 13490 JOUQUES - Tel: 33-(0)4 42 63 75 43 - Fax: 33-(0)4 42 67 62 04 - Email: chateaurevelette@orange.fr et ce qui m’a plus sur l’étiquette de leur vin c’est l’indication : vigneron de gendre en gendre, j’avoue que j’ai été à deux doigts de craquer mais ça m’aurait privé d’une chronique mettant à contribution le ban et l’arrière-ban des stars de la profession. www.revelette.fr


Pour leur faciliter la tâche voici les fiches des 2 Grands  :

 

Le Grand Blanc

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« 100% Chardonnay, Chardonnay de Provence, plutôt du Nord de la Montagne Sainte Victoire.

Un style « Blanc du Rhône », surtout pas « Nouveau Monde » : 1/3 Vinifié en cuve (la goutte), 1/3 en foudre (les petites presses) et le reste en barrique (avec des presses serrées qui résistent au bois).

Ce vin évolue lentement; la bouche s'ouvre sur des. arômes de fruits blancs confits, s'amplifie avec du gras; belle fraîcheur en finale.

Vous l'apprécierez encore mieux après un passage en carafe.

Superbe accord avec des truffes, sur un millésime plus ancien; avec une bouillabaisse pour la puissance aromatique de ce plat; avec des fromages tels munster, époisses ; sur des viandes blanches et parfait sur des plats sauce curry ou safranée. »


Le Grand Rouge

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« Syrah, Cabernet Sauvignon, Grenache

Vendange entièrement égrappée.

Longue cuvaison. Elevage en barrique avec 20% de fûts neufs, le reste en fût de 1 à 5 vins pendant 14 mois.

Un vin de belle densité, riche, structuré, avec de la profondeur et une belle complexité aromatique. Evolution sur des notes de fruits rouges et fruits noirs, d'épices et de poivre. Il exprimera encore mieux son caractère avec un carafage.

Les gibiers accompagnés de petites airelles ou de chutney, les viandes en sauce à forte réduction, s'y uniront délicatement. »

 

Merci à toutes et à tous de vos lumières, j’en ai besoin car je décline…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Commentaires

Jacques, si tu m'avais appellé, je t'aurais raconté que Peter Fisher est un garçon adorable qui a repris le Chateau Revelette il y a près de 30 ans et qu'il a depuis épousé la fille de l'ancien propriétaire à qui il avait acheté le domaine, lui même ayant épousé la fille du propriétaire précédent, doù l'expression de gendre en gendre. Il fait des vins de vignerons qui sont à son image franc et profond. AOP ou IGP peu importe, ce sont des vins à forte identité, c'est ce qui compte. 

PS : Il y a quelque chose qui me fait toujours sourire dans les fiches sur les vins rouges puissants, c'est de les conseiller d'abord sur du gibier et des viandes en sauces. Quand on voit ce qu'il se consomme comme gibiers aujourd'hui, heureusement que les consommateurs ne se contentent pas de suivre les "conseils" souvent écrits par les vignerons eux mêmes, sinon les caves seraient pleines !

Commentaire n°1 posté par Olivier NASLES le 05/10/2012 à 01h33

Cher Taulier,

J'apprécier sincèrement votre effort d'écriture et votre énergie constante à narrer nombre d'épisodes de votre actualité ou de la nôtre. Ayant fait un détour par le domaine Revelette en 2010, j'attendais la chute de votre enquête, cher Taulier.

Au plaisir de vous lire,

Cordialement,

Christophe MORICE

Commentaire n°2 posté par MORICE le 05/10/2012 à 07h40

Cher Taulier,

Peter Fisher est effectivement un vigneron attachant qui s'est installé il y a bien 25 années derrière la Montage Sainte Victoire. Le château Revelette est enchanté par les paons qui s'ébattent en liberté pour donner un accent supplémentaire à celui germanique lui-même enchanteur du propriétaire. Nous ne sommes pas si loin de Ludwig de Visconti finalement...

Peter Fisher est un vigneron authentique qui cultive respectueusement son vignoble. Aujourd'hui on dit de lui que c'est en qque sorte un vigneron de l'arrière garde Nature. Le Grand blanc est déconcertant dans le rôle du Chardonnay à ces latitudes. On y trouve un fruit doré mais pas rôti, une belle fraîcheur et ce travail d'assemblage avec notamment des cuves bétons en forme de goutte qu'il faut avoir goutté pour comprendre l'origine de l'énergie de ce Grand Blanc. A Aix en Provence, vous pourrez en commander au Grillon sur le Cours Mirabeau, pour prolonger le plaisir d'un accent... Rive Gauche.

Je ne reviendrai pas sur le Grand Rouge qui rivalise avec le Grand Blanc. Malheuresement, ayant goûté, bu et rebu les cuvées "château", mon choix se porte sur les Grandes Cuvées. Courrez goûter le Grand Blanc. L'ayant commandé par hasard la première fois, il y a bien longtemps, j'avoue être resté objectif... la connaissance aujourd'hui en plus.

Bien à vous, cher Taulier,

Christophe MORICE

 

Commentaire n°3 posté par MORICE le 05/10/2012 à 07h57

Bon, je n'écris pas de livre. Mais j'ai passé bon nombre d'années à conseiller d'en acheter (dans mon ancienne vie) et je conseille aujourd'hui dans l'achat... de vins.

Donc je me permets, en toute humilité, ces quelques lignes. Après, les goûts et les couleurs...

Si je devais choisir, ce serait le Grand Blanc. Car comme le dit fort justement un autre intervenant, c'est du pur Chardonnay et que sous ces lattitudes, c'est pas courant.

De plus, c'est du très bon Chardonnay, ce qui est encore plus rare. Elégant sans être snob, stylé sans être ampoulé, aromatique sans être outrancier.

L'explication est fort simple. Les vignes de Peter et en particuliers les Chardonnays sont situées en hauteur. Autour de 400 m, si ma mémoire est bonne (en comparaison, Aix en Provence, dans la plaine, est à 200m), et l'orientation des parcelles de Chardonnays est nord (essentiellement). Sans compter, que la montagne Sainte-Victoire fait barrière au vent du sud. Ces divers paramètres permettent à Peter de conserver de la fraicheur à ses raisins donnant donc des vins à l'aromatique fine et à la trame acide suffisament présente. Ce qui diffère d'une majorité des vins sudistes, souvent un peu patauds.

La seule chose qui me gène, c'est le prix proposé... 22,40 euros, c'est presque 20% de plus que ce que je les vends...

Commentaire n°4 posté par Bebert le 07/10/2012 à 10h36

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