Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 00:09

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Chers paroissiens et iennes des vendredis du vin,


« Depuis que j’ai atteint l’âge de la discrétion j’ai constamment bu plus que la plupart des gens le jugeraient bon pour moi. Je ne le regrette d’ailleurs pas. Pour moi le vin fut un ami fidèle et un sage conseiller Il m’a souvent présenté les choses dans leur véritable perspective et, comme par un coup de baguette magique, il a réduit de grands désastres à la proportion de petites désagréments.


Le vin a illuminé pour moi les pages de la littérature et m’a révélé le romanesque tapi dans la banalité.


Le vin m’a rendu hardi mais pas fou : il m’a incité à dire des sottises mais pas à en faire.

Sous son influence certains mots me sont venus trop aisément aux lèvres que j’aurais mieux fait de ne pas proférer, et j’ai écrit des lettres qu’il eût été préférable de ne pas envoyer.

Mais en additionnant ces petites indiscrétions inscrites dans la colonne du débit au compte du vin on retrouverait un total insignifiant par rapport à la somme énorme accumulée à la colonne du crédit. »


Ce n’est pas de moi mais de Duff Cooper dans son autobiographie: Old Men Forget. Homme politique anglais conservateur, opposé aux accords de Munich, il devient ministre de l'Information dans le cabinet de Churchill et il est chargé de faire la liaison entre le gouvernement britannique et les Forces françaises libres à partir de 1943. C'est le premier ambassadeur britannique dans Paris libéré à partir de 1944 et sa popularité est immense. Il reste jusqu'en 1947, est anobli, puis élevé au rang de vicomte (vicomte Norwich) en 1952, et se voue surtout à la littérature, jusqu'à sa mort en 1954, à l'âge de soixante-trois ans. Sa veuve refuse de se faire appeler vicomtesse Norwich, « qui rime avec porridge », préférant garder son titre de Lady Diana Cooper...


Ce gentleman anglais a donc bu beaucoup de vin, et très certainement beaucoup de vin Français.


Mais c’est de l’histoire ancienne tout ça, fais nous du moderne Taulier ! Je l'admets volontiers et pour vous plaire je saute le siècle et je vous offre un dialogue chez un caviste d'une banlieue résidentielle de New-York :

 

Je fais :

 

- Parfait. Et tenez, pendant que vous y êtes, une bouteille de sauvignon blanc Cloudy-bay.

 

- Cloudy quoi ?

 

- Cloudy-bay. Un blanc néo-zélandais. On m'en a dit des merveilles. Vous en avez encore, hein? 

 

- Désolé, monsieur Bradford. Jamais entendu parler. Par contre, si vous voulez un excellent sauvignon de Californie, j'ai...

 

- C'est que ça m'intéressait vraiment, ce truc néo-zélandais...

 

- Vous avez une minute ? Je passe un coup de fil à mon fournisseur.

 

- Euh, d'accord, ai-je approuvé malgré Adam qui me tirait la main vers la sortie.

 

- Juste, une seconde, a-t-il promis en décrochant son téléphone. En attendant qu'il finisse, j'ai inventé un petit jeu pour tenir mon fils occupé : compter tous les crus bas de gamme de l'empire Gallo qu'il pouvait voir. Enfin, Herb a terminé son appel. « Oui, en effet, c'est un vin disponible aux Etats-Unis, mais sur commande uniquement. Et limité à deux caisses par client, en plus : il paraît que c'est un cru très recherché et qu'il n'est produit qu'en très petite quantité. Mon grossiste me dit que c'est le meilleur sauvignon du monde, ou peu s'en faut. Evidemment, il n'est pas donné, ça c'est sûr : dix-huit quatre-vingt-dix-neuf la bouteille, hé ! »

 

« Sur commande uniquement. « Voilà, Beth s'envoyait en l'air avec un œnologue plein aux as »

 

« Eh bien, je vais y penser. Merci. »

 

Vous voilà rassasié c’est du Douglas Kennedy L'homme qui voulait vivre sa vie Belfond 1998, qui vit souvent à Paris et qu boit du vin.


Pas évident, évident tout ça Taulier mais où veux-tu en venir toi qui t’es ato-décerné l’appellation d’honnête buveur de vins ?

 

Je veux en venir à une réponse simple : je ne suis en effet qu’un buveur de vins qui viennent de quelque part, dont on dit dans notre beau pays qu’ils sont d’appellation contrôlée…

 

Bien sûr je ne crache pas non plus sur ceux dit de pays qui, vous en conviendrez, viennent eux aussi de quelque part. Enfin, contrairement à beaucoup d’entre vous je n’ai jamais dédaigné ceux dit de table dont les origines, même si elles étaient plus incertaines, n’en restaient pas moins très souvent languedociennes.J'ajoute que, comme je ne suis pas un pet franchouillard alors je bois des nectars du monde entier, sans me soucier sur quel pied ils ont poussé, sauf que ceux qui se disent du Nouveau Monde ont plutôt tendance à ne décliner que leur pied comme pedigree.

 

Donc, je vais sans doute en étonner plus d’un, et faire ricaner d’autres, pendant de très nombreuses années, celles où j’ai consommé les plus grands vins, jamais je ne me suis préoccupé de savoir quels étaient les cépages qui entraient dans leur composition. D’ailleurs, en ce temps-là, personne ne m’a pris la tête à propos des % de ceci ou de cela, et pour les vins qui ne procédaient que d’un seul cépage jamais au grand jamais on n’a disserté devant moi sur ce sujet. Pourtant, croyez-moi j’ai côtoyé la fine fleur, pas des journalistes du vin certes et je ne lisais pas la RVF, mais de ceux qui le font ou le vendent. Bref, nous parlions vin, pas d’arrière-boutique. Pour preuve de mes dires : mon livre de référence de l’époque : Encyclopédie des vins& des alcools de tous les pays d’Alexis Lichine use du mot cépage avec une grande parcimonie et plus encore, lorsqu’il le définit, ne lui consacre qu’une petite phrase « plant de vigne, mot employé pour indiquer la variété de la vigne : par exemple Pinot, Riesling, etc.


Les cépages je laisse ça aux spécialistes, aux vrais professionnels, ça les passionnent, et ça permet au moins d’organiser pour eux  des Concours dans le style Syrah du Monde, Sauvignon du Monde, Grenache du Monde qui détermineront la meilleure Syrah du Monde, le meilleur Sauvignon du Monde, le meilleur Grenache du Monde… Moi ça ne m’inspire pas mais, pour autant, je n’ironise pas et je reconnais au forgeron de Dana de la constance dans la défense du Carignan.

 

Alors comment faire pour satisfaire le grand ordonnateur de ce V de V avec son histoire de Syrah ?


Trouver un Cornas où la Syrah est le seul cépage autorisé ou un Vin de Pays avec cépage Syrah incorporé ?

 

Faire dans le rare : le Cantal recèle officiellement 18 ares de Syrah et celui des Landes 11  ares…

 

Trop compliqué pour un Taulier pas payé pour faire la tournée des caves.

 

Alors j’ai pris le parti du rire et je suis tombé sur : c-SY-RA-re du domaine Rapatel link

c-sy-ra-re_v2-2c759.jpg c-sy-ra-re-v2.jpg

Et comme j’aime le relief et les vins de Jean-Michel Gérin : et une Syrah pour la route !


vin_de_pays_j-m_gerin_cepage_syrah_2000.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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