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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 00:09

Je suis un traqueur de mots, un orpailleur aussi car souvent c’est dans la gangue de textes anciens que j’en découvre de vieux si nouveaux. Les vignobles « tête du pays » ne trouvez-vous pas ça beau ? Moi si ! C’est d’une belle simplicité, c’est évocateur, ça sonne bien. Je suggère l’appellation à tous ceux et à toutes celles qui, las de côtoyer la médiocrité satisfaite de leur appellation, voudraient respirer, s’exprimer, mieux se faire reconnaître. Où l’ai-je trouvée? Plus exactement comment ai-je redécouvert le texte dans lequel elle était nichée ?  photo-Louise.jpg

Qui connaît Louise Bourgeois ? Moi bien sûr – je cultive mon ego super boursouflé – depuis son exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1995. Elle née à Paris le 25 décembre 1911, y a passé sa jeunesse avant de s’installer à New York en 1938 après avoir épousé, contre l’avis de son père, l'historien d'art américain Robert Goldwater (1907-1973) Naturalisée américaine elle est morte à New York le 31 mai 2010. Grande artiste au caractère bien trempé elle et son œuvre m’ont alors fasciné. J’ai couvert mes petits carnets de ses mots « je suis devenue sculpteur car je ne pouvais faire autre chose » « le regard était plus important que la parole » « un refuge dans un art qui ne fait de mal à personne. »

 photo-EG.jpg

Moi, Eugénie Grandet, est une exposition qu’elle a conçue spécialement pour la Maison de Balzac à Paris. C’est son ultime projet auquel elle a travaillé jusqu’à ses derniers jours. Jean Frémon, qui avait présenté sa première exposition à Paris en 1985, alors qu’elle était quasi inconnue, a publié chez Le Promeneur pour cette exposition un de ces superbes petits livres dont je raffole Louise Bourgeois, Moi, Eugénie Grandet. Dans une chronique prochaine je tenterai de faire passer la magie de Louise Bourgeois au travers d’une Ode à Eugénie Grandet.

 

C’est grâce à lui que j’ai rouvert Eugénie Grandet et que j’ai découvert ma pépite. Lisez c’est plein d’enseignements pour les nostalgiques du bon vieux temps. Bonne lecture !

 

« Monsieur Grandet jouissait à Saumur d’une réputation dont les causes et les effets ne seront pas entièrement compris par les personnes qui n’ont point, peu ou prou, vécu en province. M. Grandet, encore nommé par certaines gens le père Grandet, mais le nombre des vieillards diminuait sensiblement, était en 1789 un maître tonnelier fort à son aise, sachant lire, écrire et compter. Lorsque la République française mit en vente, dans l’arrondissement de Saumur, les biens du clergé, le tonnelier, alors âgé de quarante ans, venait d’épouser la fille d’un riche marchands de planches. Grandet alla, muni de sa fortune liquide et de la dot, muni de deux mille louis d’or, au district, où, moyennant deux cents doubles louis offerts par son beau-père au farouche républicain qui surveillait la vente des domaines nationaux, il eut pour un morceau de pain, légalement, sinon légitimement, les plus beaux vignobles de l’arrondissement, une vieille abbaye et quelques métairies. Les habitants de Saumur étant peu révolutionnaires, le père Grandet passa pour un homme hardi, un républicain, un patriote, pour un esprit qui donnait dans les nouvelles idées, tandis que le tonnelier donnait tout bonnement dans ses vignes. Il fut nommé membre de l’administration du district de Saumur, et son influence pacifique s’y fit sentir politiquement et commercialement. Politiquement, il protégea les ci-devants et empêcha de tout son pouvoir la vente des biens des émigrés ; commercialement, il fournit aux armées républicaines un ou deux milliers de pièces de vin blanc, et se fit payer en superbes prairies dépendant d’une communauté de femmes que l’on avait réservée pour un dernier lot. Sous le Consulat, le bonhomme Grandet devint maire, administra sagement, vendangea mieux encore ; sous l’empire, il fut monsieur Grandet. Napoléon n’aimait pas les républicains : il remplaça M. Grandet, qui passait pour avoir porté le bonnet rouge, par un grand propriétaire, un homme à particule, un futur baron de l’Empire. M. Grandet quitta les honneurs municipaux sans aucun regret. Il avait fait faire, dans l’intérêt de la ville, d’excellents chemins qui menaient à ses propriétés. Sa maison et ses biens, très avantageusement cadastrés, payaient des impôts modérés. Depuis le classement de ses différents clos, ses vignes, grâce à des soins constants, étaient devenues la tête du pays, mot technique en usage pour indiquer les vignobles qui produisent la première qualité de vin. »

 

« M. Grandet obtint alors le nouveau titre de noblesse que notre manie d’égalité n’effacera jamais : il devint le plus imposé de l’arrondissement. Il exploitait cent arpents de vignes, qui, les années plantureuses, lui donnaient sept à huit cents poinçons de vins. Il possédait treize métairies, une vieille abbaye, où, par économie, il avait fait muré les croisées, les ogives, les vitraux, ce qui les conserva ; et cent vingt-sept arpents de prairies où croissaient et grossissaient trois mille peupliers plantés en 1793. »

 

 

Arpents, poinçons : ça fait combien de superficie et de contenance chers lecteurs ?

photo-LB1.jpg 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Jacques Vivet 27/01/2011 12:21



Quelle excellente idée.


 


Assurément, avec un tel coach les participants vont acquérir un excellent goût droit.



pierre rivet 26/01/2011 18:43



NE PAS CONFONDRE !!!


poinçon de Blois soit 223,44 l et poinçon de Montrichard  253,23 l ,malheureux que vous êtes !!!


1 arpent = 100 perches carrées mais la perche a des dimensions variables !!!!


un arpent = 30 à 50 ares à peu près


Aucun mérite , Lachiver dixit



jules 26/01/2011 07:38



En Touraine, où j'ai trait les vaches, un arpent c'était un demi hectare, et un poinçon correspondait à un fût d'environ 200 et quelques litres.(215 à 220)


 



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