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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 07:41

L’idée d’écrire ces quelques lignes m’est venue suite à une  réunion initiée par les vignerons du Pallet qui ont invité les propriétaires viticoles à discuter avec eux.

 

La présentation du dispositif d’aides à la diminution de la surface en Muscadet et l’animation du débat était assurée par Alain Treton représentant la chambre d’agriculture.

 

Le conseiller général du canton René Baron est intervenu, ainsi que Pierre-André Perroin maire du Pallet.

 

Lors des nombreux échanges, les propriétaires (pour la plupart anciens vignerons) ont posé plusieurs questions :

 

-1-Comment l’administration a-t-elle pu pondre de pareilles mesures ?

 

Réponse : ce n’est pas l’administration, mais la profession viticole qui a mis en place ces mesures.

 

-2- Comment accepter d’arracher aujourd’hui une jeune vigne qui m’a coûté cher à planter et à installer sans véritable compensation financière ?

 

Réponse : c’est inacceptable.

 

-3- Qui va toucher le si peu d’argent promis dans ce dispositif ?

 

Réponse ; le fermier.

-

4- Puis-je l’obliger à m’en redonner tout ou partie ?

 

Réponse : non cela doit se faire à l’amiable et en bonne intelligence.

 

-5- A qui appartiennent les droits de plantation générés par l’arrachage ?

 

Réponse ; Si votre bail précise la dévolution des droits de plantation en fin de bail, c’est cette clause qui s’applique. Si votre bail ne comporte pas cette clause ou si vous êtes en bail verbal, vous devez le spécifier aux services de la viticulture (douanes) au moment de l’arrachage sinon les droits appartiennent  à celui qui arrache, en l’occurrence le fermier.

 

Cette réunion a été riche d’enseignements et mon sentiment personnel est que la viticulture n’a pas suffisamment analysé la situation avant de prendre des mesures unilatérales.

 

En effet, s’il est indiscutable que ce sont les producteurs de Muscadet qui sont les plus impactés par la crise économique et qu’il est mathématiquement impossible et professionnellement suicidaire de financer la récolte d’un vin que l’on ne vendra pas.

 

Il est flagrant que les plus impactés par les mesures d’arrachage sont les propriétaires qui pensaient légitimement, (après avoir pour la plupart mis en valeurs leurs vignes) avoir un complément de revenu pour leur petite retraite.

 

Comme l’a très bien dit René Baron, cela remet en cause le bien fondé de la retraite par capitalisation !

 

Ceci démontre au passage qu’il ne suffit pas d’avoir des vignes dans les meilleurs terroirs, mais qu’il est au moins aussi important de bien vendre le vin et ne s’occuper que du volet arrachage ne suffira pas à mieux vendre, contrairement à ce que l’on nous dit de manière simpliste.

 

Quoi qu’il en soit, il faut penser à l’avenir et construire de vraies zones viticoles dans les meilleurs terroirs et de vraies zones agricoles dans les bonnes terres de culture.

 

à suivre…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Luc Charlier 24/02/2011 08:44



@Denis Boireau


Il le dit beauoup mieux que moi, Michel Grisard, mais il dit la même chose. C’est de la politique, encore et encore. Ce n’est pas
que le monde aille mal : c’est qu’on (qui, « on » ?) le pousse dans une mauvaise direction. Le vin – celui de France y compris – n’a sans doute jamais été aussi délicieux que
maintenant, mais « on » trouve 20.000 raisons de nous empêcher d’en vendre – pour les uns – ou d’en boire – pour les autres. Méga-Super-d’accord, Michel, comme disent les
« djeuns ».


Petite remarque (même venant de Léon) : qu’y-t-il de mal à vouloir son propre toit ? Rien, je pense. Or, comment fait-on,
quand on a 25 ans, qu’on vit dans un couple stable, où les deux touchent un salaire, et même s’il n’y a pas d’enfant, pour acheter une petite maison ? On ne le fait pas.


Je crois que les jeunes sont formidables ... et cons. Cela dépend des gens et des moments. Comme nous avons été formidables – enfin ,
moi pas trop – et cons - ça, oui, quelquefois !


Quant à l’assassinat de la liberté, tu as 100.000 fois raison.


@ JB : pas mal de ma part, dans le style VC, comme intervention , non ?



JACQUES BERTHOMEAU 24/02/2011 08:59



Oui je vais créer l'Ordre des VC avec l'Urinoir de Duchamp comme emblème



Michel Grisard 23/02/2011 22:42



Jacques tes billets se suivent et se ressemblent: Beaujolais, Bordelais, Muscadet..., la crise, la crise, la crise. Je pense que ce n'est pas une fatalité, mais bien des erreurs faites par les
acteurs. Ces acteurs, ce ne sont pas les petits vignerons qui prennent de plein fouet, les conséquences prises à un niveau qui n'est plus le leur.... Une politique anti-"alcool", une
"simplification administrative", un libéralisme mondial, OMC, indécent pour les aliments, un environnement malsain.


Dans notre monde moderne:


-Responsable, pas moi... voyez mon avocat.


-Tout et que pour ma pomme...


-Il ne faut plus mourir... quitte à ne plus vivre.


-Les médias, vendre dans les chaumières en baissant le niveau pour faire de l'audimat...


-L'intérêt général... qu'est-ce que ça veut dire?


Est-ce que les jeunes sont prêts à changer de vie, pour une vraie vie engagée?


Peuvent-ils encore prendre des risques et des responsabilités?


Le "système" (je n'aime pas ce mot, mais comment décrire cette organisation de notre monde moderne?) leur laisse-t-il beaucoup de choix? Il est tellement compliqué et imbriqué. Pourquoi faire
simple, alors que l'on peut faire compliqué...


Internet, jouera-t-il le rôle que l'on connaît pour les pays d'Afrique du nord, dans l'évolution de notre société? Oui, ce ne sera pas du même niveau, car nous n'avons pas vraiment un tyran à la
tête de notre pays, ou une tête de turc comme chez eux, mais c'est plus sournois. C'est économique, et presque aussi liberticide. Les gens ne meurent pas dans les cachots, torturés, mais ils se
suicident... car la torture est devenue psychologique. Les bourreaux se cachent derrière de respectables organisations.



Luc Charlier 23/02/2011 15:14



Je ne vais pas passer une fois de plus la brosse à reluire à JB et affirmer que j’ai relu en entier son « rapport » d’il y a
10 ans. Par... rapport à celui-ci d’ailleurs, j’avais à l’époque une critique d’envergure, mais qui tient peut-être à un problème de dénomination : je ne souhaite pas du tout le
développement de « marques » pour la promotion du vin de qualité. Cela ne veut pas dire qu’il avait tort stratégiquement, cela veut simplement dire que cette voie me déplaît, ce qui
n’est pas la même chose. Sinon, que disait-il (enfin, selon ma lecture perso) ?


- Ne pas créer un énorme règlement patin-couffin de plus


- Doter la France de structures commerciales capables de rivaliser avec les autres pays/continents


- Mettre en rapport, sinon en adéquation, le monde des producteurs et celui des « vendeurs »  (pour faire simple)


- Soutenir (grâce à des structures financières propres plus solides ou par le biais d’aides publiques) les exportateurs et faire la promotion de la « France » en tant qu’entité productrice de vin, puis de la région, et enfin du producteur en tant que structure individuelle


- Mettre des techniciens « modernes » à la disposition des coop.


- Faire du marketing correct


 


Peut-être Jacques n’est-il pas d’accord avec ces interprétations, c’est lui qui l’a écrit le rapport ! Qu’en est-il – aux yeux
d’un observateur forcément subjectif comme moi – dix ans plus tard ?


- On a réforme sur réforme du « système », tant au plan du concept (ODG, disparition des VDQS etc) qu’au plan pratique
(affectation parcellaire, contrôles de qualité a posteriori, informatisation à outrance des moyens douaniers ...)


- Enorme barnum promotionnel du style « Sud de France » et autres blagues


- Perte continuelle de parts de marché à l’export (ne pas croire aveuglément les chiffres officiels français, ils sont aussi mensongers que ceux du chômage ou de l’indice des prix à la consommation)


- Au niveau des coop., celles qui ont survécu et/ou survivront se sont dotées de collaborateurs compétents


 


Le « marketing » comme solution à tout est une conception très française et je ne pense pas – qui suis-je ? – que cela
marche, en tout cas à moyen terme ou sur un marché à maturité.


Le moins qu’on puisse dire est que, soit JB n’a pas été entendu, soit ses propositions n’ont pas été « implémentées ». Oui
je sais, ce dernier terme est aussi peu français que « impacter », comme on nous le sert à toutes les sauces, y compris dans le texte d’aujourd’hui, cher Jacques. Or, il a de la suite
dans les idées et il nous assène aujourd’hui :


- les campagnes d’arrachage massif et systématique ne sont pas la solution (il a raison), ni pour ceux qui restent sur le marché , ni
pour ceux qui souhaitent s’en aller.


- il faut apprendre à vendre (j’en suis un parfait et malheureux exemple, et Hervé Bizeul un parfait exemple de réussite; et il y en a
d’autres qui montrent que c’est possible)


- il faut des entités géographiques vraies et ayant un sens, si possible dans les bons terroirs


 


Tu vois Denis, ça aussi c’est de la politique. Car, quel est le secret agenda derrière tout cela ? Les grosses structures viticoles mondiales (qui ont bien entendu leurs tentacules en France) espèrent faire « tomber » rapidement le
plus de « petits » possibles pour installer leur mainmise comme elles l’ont fait sur les bananes, le café, le cacao, les céréales etc .....


Ernest Gallo (le « E. » dans la raison sociale de cette compagnie gigantesque) écrivait : « We don’t want part
of the business, we want all of it ! ». Et Paul Vranken m’a dit à moi personnellement, avec une réelle jouissance, alors que je n’étais pas encore vigneron : « M.
Charlier, tous les petits domaines de moins de 40 ha devraient disparaître ».


N’oubliez pas que les capitalistes ne veulent qu’une seule chose : TOUT.



Clavel 23/02/2011 09:06



Je ne crois pas que les droits de plantation (tant qu'ils existent) appartiennent au fermier, surtout si le fermier n'a pas lui même planté ces vignes, le droit en vigueur à l'heure actuelle
résultant d'une jurisprudence constante, dit que les droits de plantation appartiennent au propriétaire du sol, j'ai connu des cas ou le fermier avait utilisé des droits de plantation lui
appartenant (provenant d'arrachages sur sa propre exploitation) qui ont été attribués par un jugement au propriétaire du sol. En ce qui concerne les primes d'arrachage, elles sont en principe
attribuées à l'exploitant par le droit administratif, mais le propriétaire ayant un droit absolu de s'opposer à l'arrachage (confirmé par la jurisprudence) il a un moyen de négocier au moins un
partage des primes.



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