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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 00:09

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Attention un train peut en cacher un autre : bovins et vins même combat ! Les deux sont la cible du grand vent d’infantilisation du citoyen qui sévit dans nos sociétés repues où la communication a valeur d’information car elle se substitue à elle en des messages formatés, réducteurs et massificateurs : nos écrans débordent de messages dit de santé publique qui jouent essentiellement sur l’émotion, la crainte, la peur de, la non-prise en charge personnelle de ses choix de vie. L’heure est aux gourous, aux coaches, aux docteurs, délivreurs de conseils en kit valables en tout lieu, en toute circonstance, pour tout et rien : je vous signale qu’il existe des coaches en rangement d’appartement pour les bordéliques.

 

Mais revenons à nos moutons, je veux dire à nos braves vaches qui pètent dégageant ainsi un max de méthane (CH4) qui troue vachement notre bonne couche d’ozone : selon l’étude Livestock’s Long Shadow de la FAO de novembre 2006 18% des émissions totales de gaz à effet de serre (* pour Monsieur Mioche précisons en effet qu'ici les pets sont des pets de bouche, pas de nonne, en effet la vache rumine et Monsieur Mioche fulmine sans flatuler). Comme l’écrit JP Géné dans son livre c’est Apocalypse Cow ! Et de citer à l’appui de l’approche affective chère à notre société médiatique deux exemples qui en disent plus long qu’un long discours « Sir Paul McCartney lance un appel pour un jour sans viande par semaine (meatless day), Corinne Lepage, Yves Cochet, Alain Bougrain-Dubourg, Jean-Marie Pelt, font « la grève de viande » à Copenhague et Le Monde du 23 décembre 2009 s’interroge en une : « Manger moins de viande pour sauver la planète ? » Fermez le ban, les prohibitionnistes ont encore frappés.

 

Les mêmes, jamais en reste d’outrances médiatiques, verseront des larmes de crocodiles sur l’exode de nos petits paysans, par ailleurs éleveurs de vaches qui broutent en nos verts campagnes, broyés par la mondialisation. Je laisse volontairement de côté l’approche bêtifiante des ligues en tout genre qui entretient la confusion entre la destruction d’espèces menacées et l’abattage d’animaux de boucherie. Pour avoir vécu tout au long de ma jeunesse au contact des animaux de la ferme et de la basse-cour j’ai du mal à supporter la sensiblerie, l’anthropomorphisme de ces urbains qui voient la nature comme un vaste parc naturel. Le respect du aux animaux ne se niche pas dans le boycott ou la conviction que les tuer est un crime. Si vous avez deux sous d’estime pour ma plume je vous recommande d’aller lire une vieille chronique du 3 janvier 2008 « Être Bête » http://www.berthomeau.com/article-15185700.html  et vous comprendrez mieux mon exaspération.

 

En effet, plus con que le raisonnement simpliste de ces messieurs-dames qui tournent leur confortable fauteuil dans le sens de la plus grande pente : réduire sa consommation de viande ou mieux devenir végétarien deviendrait un acte citoyen pour sauver notre planète. L’équation ne se pose pas ainsi en effet si le milliard 500 de ruminants arpentant notre planète produit 60 millions de tonnes de viande par an, il pisse aussi 600 millions de tonnes de lait. Dans notre jargon de technos : l’essentiel de la viande bovine consommée dans notre beau pays et sur le reste de la planète provient de l’abattage de vaches de réforme, c’est-à-dire de braves vaches laitières qui après avoir donné leur lait vont faire entre-autre le steak haché qu’aiment tant vos enfants avec des pâtes. Peut-être faut-il aussi supprimer le lait et les produits laitiers de notre ration alimentaire : adieu fromages au lait cru... Sans doute faut-il demander à l’Inde, qui abrite le plus grand troupeau bovin du monde : 190 millions de têtes, de faire la Saint Barthélémy de la vache sacrée ! En résumé : plus de viande, plus de fromages, et bien sûr plus de ce vin qui lui ne sert à rien du tout. Vaste programme qui permettra l’expansion de la pharmacopée réparatrice du troupeau des tristes errant sur une planète ravagée par les excès des autres, bien sûr.

 

« Ça va saigner ! » La viande rouge revient dans les assiettes. Sans complexe ni culpabilité nutritionnelle, mais avec goût et recherche de la qualité. Suivez le guide ! C’est de l’Elodie Lepage, grande flaireuse de tendance, dans le Nouvel Obs. Qu’écrit-elle ?

 

« Effet de mode ? Plaisir coupable ? Toujours est-il que les carnivores sortent du bois en cette rentrée : la viande rouge reprend des couleurs. La tendance vient de New-York, nouvelle capitale de la bouffe. À Brooklyn, une petite bande de « néo-butchers » branchés multiplie les ouvertures de boucheries et s’initie comme elle peut à l’art de la découpe. Une révolution au pays du burger ! Ici des chefs de renom (Alain Ducasse, Yannick Alleno, William Ledeuil...) se réapproprient enfin cette denrée. Et les gastronomes s’échangent sous le manteau les meilleures adresses artisanales. Émergent ainsi des « princes de la viande rouge » comme Hugo Desnoyer, boucher star du 16 arrondissement de Paris *, ou Yves-Marie Le Bourdonnec, boucher à Asnières (92). « La demande augmente nettement, confirme cet artisan. Le bœuf était mal vu depuis la crise de la vache folle mais c’est fini ! À condition que la qualité soit irréprochable : les gens veulent du « très bon » Même ressenti chez Jean-Paul Gardil, boucher sur l’île Saint Louis depuis trente ans : »L’effet est palpable depuis six mois environ, s’enthousiasme-t-il. J’ai beaucoup de jeunes clients qui découvrent la viande rouge et ils en redemandent ! » Qui l’eut cru ? »

 

Cette chronique, avec tous les poncifs chers aux chroniqueurs qui ne posent leurs escarpins que chez les bouchers stars (à propos madame Lepage Hugo Desnoyer exerce son art du côté de chez moi 45 rue Boulard dans le 14ième et non dans le 16ième), adorent tout ce qui vient du 21ième arrondissement de Paris du côté de l’Upper East Side (le quartier des bas de soie), tous les néos de la terre qui font du miel sur le toit de leur immeuble, de la découpe de bidoche dans la cour et embouteillent leur vin dans le cellier de leur loft sous une installation à 300 000 $ d’un maître de l’art conceptuel. Bref, ce n’est pas avec ça que nous allons tirer de la mouise nos éleveurs du Bassin allaitant. Cependant, comme je suis un garçon, comme dirait Mylène Framer, qui voit aussi dans la bouteille des asticoteuses de tendance le côté à moitié plein, je me réjouis de ce retour en grâce de l’entrecôte, du paleron ou de la hampe.

 

Pour terminer cette chronique je vous propose un passage du livre « Être Bête » en guise de réflexion

 

« Ce n’est pas le pouvoir qui règle les rapports, mais la responsabilité. Et ce n’est plus une organisation interne, rythmée par les combats, mais un agencement tourné vers l’extérieur : cette organisation inclut l’éleveur.

L’animal est au centre de ce type d’organisation, c’est la meneuse. Elle remplit plusieurs rôles. Elle prend en charge de conduire le groupe et décide des déplacements. Les éleveurs disent d’elle qu’elle assure le calme et qu’elle peut tempérer l’inquiétude de ses congénères quand il y a lieu. La meneuse a généralement la confiance du groupe ; elle émerge du troupeau de manière consensuelle, notamment à cause de ses qualités particulières. Elle a de l’expérience, c’est souvent une vache plus âgée. Souvent gourmande, toujours curieuse et avide d’explorer, c’est une vache « prête à faire des expériences », une vache « qui prend des risques ». C’est surtout une vache qui est indépendante et qui a du tempérament.

Elle est capable d’entraîner le troupeau à sa suite ; le plus souvent, si la meneuse ne bouge pas, le groupe refusera de se déplacer. »

 

Comme vous le voyiez je préfère de loin m’entendre dire que je suis vache que de suivre les meneurs du troupeau ceux dont on peut affirmer sans risque de démenti « Qu’ils parlent ou qu’ils pètent, cela se vaut. » Enfin, pour tous ceux qui pensent que je coule une paisible retraite que j’occuperais en chroniquant comme un dément je signale qu’en ce moment je travaille avec des collègues sur le dossier viande bovine... Ceci explique cela...

 

Sur la photo il s'agit de vaches de la race nantaise. C'est un très beau livre publié par www.castor-et-pollux.com et dernier détail : saviez-vous que la boucherie traditionnelle ne représente plus que 25% de la distribution de viande de boeuf ? Le boucher ne résiste que dans les grandes villes...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Michel 15/12/2010 21:44



Ha, j'ai oublié: la production de lait dans ces ports pétroliers permettra de mieux faire accepter une production de lait artificiel issu du pétrole....



Michel 15/12/2010 21:34



Jacques,


Pas eu le temps de te répondre hier!


Mais voila ce que m'inspire ton essai sur la flatulence bovine:


Pourquoi t'inquiètes tu, toi dans les hautes sphères de l'administration française, tu dois savoir?


Dans quelques années (mais ça existe déjà) on ne trouvera plus de vaches dans les prés en Normandie, comme dans la chanson, mais dans les ports de Donges, du Havre ou de Martigues, pour ne parler
que de la France. Car on a déjà pris du retard dans cette façon de produire du lait. 3 à 4000 têtes de bêtes à lait sur un même site, air filtré et conditionné: pas de pollution, tout aseptisé,
tout recyclé, le gaz dans le pipe-line tout proche.Les aliments BIO-OGM venant du Brésil direct des silos devant les narines des bêtes. On pourra même vendre du lait aux africains en remplissant
les tankers pour leur retour.


Les génisses pleines avant 6 mois, pour avoir des lactations plus vite et ne pas perdre de temps à les nourrir pour rien. 4 lactations et la réforme: de la viande vendue plus chère, car encore
tendre pour des steaks. En adaptant leur alimentation, on doit pouvoir jouer sur le goût du lait...


C'est ce qu'on appèle l'optimisation des investissements en agriculture. Pauvres paysans français, ils non rien compris dans leur campagne.


L'avantage de ce système, c'est qu'on peut adapter l'offre à la demande. Après quelques tankers pour les pôvres, les hangars peuvent être transformés en usines à céréales (quand le feu est passé
par la Russie): produire en palettes, sur des raks, culture hydroponique, lumière artificielle, sur 5 ou 10 étages...


Et l'on dira toujours: adaptation de l'offre à la demande et surtout pas spéculation sur les aliments, cette pratique honteuse que personne ne dénonce.


Amicalement votre.



gus 15/12/2010 12:43



Lumineux et jubilatoire ce Charlier !!!!!   ;-))))))))



Luc Charlier 15/12/2010 12:18



Et ici, on reprend la démonstration.


Jacques Berthomeau n’est pas un ruminant, sauf en ce qui concerne les « sombres pensées » occasionnelles que tout cerveau
bien constitué engendre quelquefois. Il possède un seul estomac, mais celui-là a aussi la particularité de se trouver près de l’oesophage. C’est pour cela que le gaz carbonique libéré par le
champagne qu’il boit (à ses heures) remonte vers la surface : cela s’appelle un rôt. Donc, quand on le gonfle – comme toi, Bob, t’as pigé ? – il rote pour se dégonfler.


Quand il boit du champagne, il ingère aussi de l’alcool, bien sûr. Et comme le champagne se boit frais, la vidange gastrique est
ralentie. Et comme le champagne est gazeux, les vaisseaux sanguins de la paroi gastrique se dilatent sous l’effet du CO2. Ces deux facteurs augmentent la vitesse de résorption de
l’alcool. On sera « plus vite gai » que s’il avait fallu attendre le passage de l’éthanol vers le duodénum (qui n’est plus l’estomac, Bob) et le reste de l’intestin. Donc, Jacques sera
« désinhibé » et l’alcool poursuivra sa route : d’une part vers les poumons (10 % de la métabolisation) – et il exhalera donc son haleine éthylique vers tes naseaux ébahis ;
mais l’alcool ira aussi vers son foie, son lieu de métabolisation principale. Il ne s’agit pas non plus d’un estomac, même chez les anciens ministres (ou leurs directeurs de cabinet, peu
importe). Là, il se transformera en aldéhyde, principalement. Cela nous met de mauvais poil, généralement. Tu as déjà bu du formol, Bob ?


Et quand il boit du champagne, il avale des petits fours en grande quantité (moins que Jack Lang, quand même). Et eux, eux, ils
finissent par se dégrader en méthane, Bob, dans son côlon (pas non plus un estomac). Et aussi en scatoxyl. Et cela pue, Bob, mais pue ; tu ne peux pas savoir ! Donc, STP, ne le gonfle
plus ... par souci de la couche d’ozone.


 



Luc Charlier 14/12/2010 18:26



Voulant bien passer pour un péteux, mais pas pour un pédant, Robert, je n’avais pas relevé ce détail, par courtoise envers J.
Berthomeau. Mais puisque tu le soulèves, je me joins à toi pour corriger ... le tir. Quoique cela ne soit pas vrai à 100 %. Si on étudie la méthanogénèse, on s’aperçoit que ce noble gaz a trois
issues, après sa formation dans la panse (pour rappel, c’est le premier estomac des ruminants, celui qui se situe le plus près de l’oesophage). Une petite partie (5 %) va bel et bien se propager
jusqu’à l’anus. Les pets de vache sont donc méthanogènes. Les pets de nonne aussi, d’ailleurs. Mais la plus grosse partie n’y arrivera pas. Comment donc, me direz-vous, la vache va roter ?
Oui, mais là aussi, seulement une petite partie. Donc, peu d’éructation, peu de flatulence ... Mais par où donc, que diantre ? Et bien, le méthane traverse la paroi viscérale et rejoins ...
le torrent sanguin. Il arrive ainsi aux poumons et sera exhalé. CQFD. On pourrait donc faire subir aux vaches le même examen qu’aux conducteurs automobiles : « Allez,
soufflez Marguerite! ». On pourrait appeler cela le « méthanotest ». Le problème, c’est que les pauvres bêtes n’auront même pas la satisfaction, une fois le contrôle effectué
par keuf, de s’écrier : « Mort aux vaches » !



JACQUES BERTHOMEAU 14/12/2010 18:38



Pour le pays voir http://www.berthomeau.com/article-de-la-geographie-humaine-de-vidal-de-la-blache-les-riceys-miroir-d-un-monde-par-jp-kauffmann-62692283.html 


Pour Bob le Mioche je lui transmets mes exhalaisons d'illettré



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