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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 00:09

La période qui s’ouvre va être faste pour les Instituts de sondage. Bien évidemment les candidats en lice jureront leur grand Dieu qu’ils ne leur accordent aucun crédit, surtout lorsque la tendance sera baissière. Mais comme on sonde en permanence sur tout ce matin je vais aborder un sujet que j’avais traité en janvier 2009 link et qui a fait la Une d’Aujourd’hui en France (Le Parisien) sous le titre « Les pots en entreprises ne connaissent pas la crise »

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Tout est parti d’un sondage réalisé d  29 novembre au 8 décembre sur un échantillon de 401 dirigeants d’entreprise et du 1 au 2 décembre auprès de 493 salariés par l’IFOP pour le compte de l’Association Promotion et suivi de la sécurité routière en entreprise (PRSE).
 

 

Voici les conclusions de l’enquête (pour les détails voir link
 

 

Les salariés sont davantage exposés à des pots d’entreprise mais l’alcool y est moins présent qu’il y a 3 ans, et les alcools forts sont un peu délaissés.
 

 

Près d’1/4 des salariés et 1/3 des chefs d’entreprise ont déjà relevé des incidents liés à une consommation excessive d’alcool lors de ces pots.
 

 

Les 2/3 des chefs d’entreprise ont mis en place des dispositions à l’égard de la consommation d’alcool en entreprise, soit une progression de 25 points par rapport à 2008.
 

 

Pour autant, les salariés se montrent davantage réfractaires à ce type de disposition aujourd’hui : 6/10 y seraient opposés au sein de leur entreprise (+9 points).
 

 

Commentaire du journaliste d’Aujourd’hui en France Aurélie Lebelle
 

 

« Friands de ces moments de détente, la fréquentation est même en hausse, et ces rendez-vous de convivialité, de plus en plus appréciés.
 

 

Besoin de décompresser
 

 

Selon le sondage, 27% des salariés trinquent au bureau plusieurs fois dans le mois. Ils n’étaient que 17% en 2008. Plus de 30% le font une fois tous les deux ou trois mois (+ 3% par rapport à 2008) et le dernier tiers arrose un événement moins de quatre fois par an. Alors que la crise bat son plein, que 900 usines ont fermé leurs portes ces trois dernières années en France, que le chômage atteint des sommets, que le pays menace de perdre son triple A, que les banques ne sont plus prêteuses, le besoin de se serrer les coudes est plus fort que jamais. Et cela dépasse largement la sphère privée. Cette enquête le prouve, face à l’adversité, les salariés doivent décompresser de journées intenses. Et l’apéro devient plus que nécessaire.»
 

 

MOT : « Faire un pot » Le mot pot vient de l’ancien allemand et caractérisait au XIIe siècle la rondeur. D’où le terme potelé introduit en France à cette époque. Par analogie, il désigne rapidement un ustensile de ménage destiné à contenir liquides et aliments. Puis plus particulièrement au Moyen Âge un récipient que l’on remplit de vin ou de bière, d’où l’expression « pot-de-vin » qui désigne dès cette époque de l’argent versé secrètement et illégalement pour corrompre. C’est au début du XXe siècle, autour de 1910, que les étudiants s’approprient le mot pour parler plus généralement d’une boisson alcoolisée et tout le rituel qui va avec. Rituel qu’ils prolongent après leurs études, dans les entreprises qui les ont embauchées. »
 

 

Dans son châpo à la Une le journal souligne « Besoin de se détendre, de se serrer les coudes, les pots au travail augmentent en cette période de crise. Ils sont de plus en plus surveillés pour éviter les dérapages liés à l’alcool. » mais pour moi, petit observateur de ce type d’approche, le fait nouveau par rapport au précédent sondage au début de 2008 (où il n’était pas question de crise) c’est qu’il n’est plus question de les interdire. En effet, comme en témoignait mon titre de l’époque « Le vin banni des pots d’entreprise ? On en parle... », c’était le cas en 2008. Il faut savoir que pour le code du travail il est « interdit à toute personne » ainsi qu’à « tout chef d’établissement (…) et en général à tous ceux ayant autorité sur les ouvriers et employés, de laisser introduire ou de laisser distribuer dans les établissements pour être consommées par le personnel, toutes boissons alcooliques autres que le vin, la bière, le cidre, le poiré… » donc toutes les boissons spiritueuses.
 

 

Pas simple donc pour l’employeur, et je l’ai été dans une entreprise où les produits étaient à portée de mains, mais tout à fait gérable sur la base de règles simples et faciles à appliquer. Bien sûr les prohibitionnistes, jamais en reste d’une nouvelle interdiction, prônent la stricte observance. C’est inepte et les réponses, et des employeurs, et des salariés, démontrent que proscrire purement et simplement ce type de convivialité va à l’encontre d’un réel besoin. Des règles connues, consenties, assumées permettent d’éviter la viande saoule, les bagarres, le harcèlement sexuel et bien sûr les accidents de la route. Exercice de responsabilité tout à fait à la portée de l’encadrement et des chefs d’entreprise. À force d’enserrer dans un réseau d’interdictions les citoyens les pouvoirs publics se donnent bonne conscience à bon compte et surtout ne laissent plus aucune marge à l’exercice de la responsabilité à un niveau où il est tout à fait possible de la voir s’exprimer et où l’on peut prévenir efficacement les excès préjudiciable au bien public.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

JBD 06/01/2012 15:05


A propos : ça me rappelle quand j'étais dans la diplomatie agricole et économique à Londres. Sachant qu'il y a près de 500 établissements financiers dans la City, et qu'ils organisent au moins un
pot de fin d'année auquel ils invitent toutes leurs relations,  et qu'il n'y a que 60 jours ouvrés pendant kles quels il est "decent" d'inviter à de telles agapes, calculer à combien
d'invitations quotidiennes est-il "indecent" de répondre pendant cette période d'octobre à décembre ?


Meiulleurs voeux à tous les lecteurs de ce blog ami.

Luc Charlier 06/01/2012 13:09


@Gus : dans les labos, ce sont surtout des suppos qu’on trouve ( !!!) et leur fabrication est consignée dans les annales des
sociétés. Moi, je suis entièrement conquis au pot. En tant que Celto-germain, toutes les étymologies me vont bien. Mais c’est la dernière phrase du billet que je voudrais souligner :
l’exercice de la responsabilité individuelle – par les participants à ces séances de contact social – et de la responsabilité collective – par l’encadrement – doit se faire conjointement, comme
par habitude, et non sous le couperet d’une règlementation. Mais, sans votre petit règlement, que personne ne respecte d’ailleurs, il n’y aurait pas de « pot à la française ».

antoine b 06/01/2012 09:47

Pour l'honneur de la science, une précision : le mot ne viendrait pas de l'ancien allemand, mais, selon le Trésor de la langue française, que je laisse s'exprimer : "Même mot que le b. all. et
néerl. pot. Prob. d'un précelt. *pott- «pot», introduit en Gaule par les Francs qui ont dû empr. le mot lorsqu'ils se sont établis à Trèves (cf. le nom propre Pottus, que l'on rencontre fréq.,
comme nom de potier, sur les objets de poterie de la région de Trèves. Le mot désignant l'objet avait été employé comme dénomination hypocor. du fabricant)"

fred 06/01/2012 09:00


c'est rigolo, on a fêté hier la galette au boulot, offerte par mes employeurs. On le fait régulièrement à 17h30 après le travail, un verre ou 2, pas +. ca permet de se connaître en dehors du
boulot, de décompresser, et d'apaiser les tensions. bonne journée

gus 06/01/2012 07:56


"un pot par ci, un pot par là" pour oublier peut-être"qu' impôt par ci, impôt par là"...


Qu'en pense l'ex suppôt des laboratoires?


Bonne journée.

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