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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 00:09

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C’est une dépêche de l’AFP qui l’annonce « La consommation de vin en Italie à un niveau historiquement bas ». Elle relaie l’annonce de la principale organisation agricole de la péninsule Coldiretti ADDIO AD 1 BICCHIERE SU 4 NEGLI ULTIMI 10 ANNI link. Les raisons invoqués de cette baisse de 22% au cours des dix dernières années la crise économique et des changements des habitudes de consommation semblent mêler le conjoncturel avec une tendance sur une longue période. En effet, selon l’étude c’est le point le plus bas depuis le 19e siècle et ce n’est pas nouveau. Cette lente dégradation, tout comme celle qui touche nos voisins espagnols devraient nous amener en France à une réflexion plus  sereine et surtout plus fondée des causes de la désaffection d’une partie des consommateurs pour le vin. En rester à la chasse au bouc émissaire commode, la fameuse loi Evin, ne suffit pas à expliquer le phénomène qui a d’ailleurs commencé bien avant l’adoption du texte...


La consommation de vin en Italie en 2012 s’est élevé à 22,6 millions d’hectolitres contre 29 millions d’hectolitres aux Etats-Unis et 30,3 millions en France. « D’après l’enquête en ligne de Coldiretti, 32% des personnes interrogées ont indiqué ne boire du vin que dans des occasions particulières, 18% boire un ou deux verres par semaine et 6% ne jamais boire de vin. »


Pour se remonter le moral Coldiretti souligne que «L’industrie du vin a connu la plus grave crise des secteurs de l’alimentation et des boissons en terme de consommation intérieure mais est devenue leader de la production Made in Italy en se tournant vers les exportations»


Je ne vais épiloguer mais tout bêtement soumettre à votre réflexion les deux expressions de mon titre en les accolant comme je l’ai fait au cas italien bien sûr mais aussi aux Français.


C’est le sémillant académicien Jean d’Ormesson qui m’y a fait penser en ironisant sur l’un des passages de la lettre de François Mitterrand à tous les Français lors de sa seconde candidature à la Présidence de la République.


Que nous dit l’Académie Française ?


« Ces images de Coupe claire et de Coupe sombre, empruntées au langage de la sylviculture, sont fréquemment employées, mais bien souvent à contresens.

Une coupe claire, pratiquée pour laisser passer la lumière, consiste à abattre un grand nombre d’arbres. Elle est donc plus sévère qu’une coupe sombre, consistant à abattre quelques arbres seulement, sans que le sous-bois s’en trouve éclairé.

Un auteur doit donc redouter davantage la coupe claire que la coupe sombre dans son texte, et les coupes claires dans les crédits sont plus à craindre que les coupes sombres. »

 

Alors, il me semble, que c’est à l’intérieur du budget des ménages qu’il faut chercher le pourquoi des choix qui ont pour conséquence soit de faire des coupes claires ou des coupes sombres dans le budget consacrés au vin.  Ce travail d’analyse sur des données dont on dispose aurait l’immense mérite d’identifier à la fois par classe d’âge et par CSP les évolutions et les tendances. Ce serait beaucoup plus efficace et porteur d’avenir que de n’invoquer que les freins d’une loi. Que l’on modernise la loi dites Evin je l’ai toujours défendu mais faire accroire qu’une fois ce travail fait l’horizon sera dégagé est une absurdité. Les causes de la baisse de la consommation sont bien plus profondes, ancrées dans l’évolution de nos sociétés urbanisées. Se refuser à les analyser c’est se condamner à regretter, comme le fait aujourd’hui Coldiretti en Italie, les dégâts causés par la désaffection de certains consommateurs.


Dernière remarque, le peu de cas de tous ceux qui disent être les défenseurs du vin de vis-à-vis de la consommation populaire, ainsi que l’absence quasi-totale d’une approche consumériste des journalistes du vin à l’attention de monsieur et madame tout le monde produit ses effets. Le petit marigot du vin tourne sur lui-même, se congratule, peste, ne s’adresse qu’à des amateurs ou des connaisseurs, alors pourquoi s’étonner du résultat. Reste bien sûr l’exportation mais pour garder son rang il faut savoir ne pas laisser s’éroder son marché domestique.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Jungmann 11/04/2013 16:43


Dommage qu'il y ait peu de réaction !


En France, la consommation des nés après 68 est apparemment le 1/3 de ceux nés avant, visiblement c'est aussi le cas en Espagne et Italie. Les "jeunes" ne consomment pas plus en vieillissant et
réservent le vin pour les bonnes occasions.


Dès nés avant 68, vers 2040 il n'y en aura plus beaucoup qui manipulent le tire-bouchon. Ce qui est planté maintenant partira donc à l'export sauf à ce que les "20tenaires" des 3 pays
redécouvrent les vins !

Smith 09/04/2013 15:03


Cet article présente clairement la diminution de la consommation du vin en Italie. En revanche, les différents experts n'ont pas séjourné en Italie dans les deux voire trois dernière décennies
(professionnellement, tourisme, petit(e) ami(e) ou mari/femme italien(ne), enfants...) : les Italiens boivent peu en général, ne font guère la fête (ceux qui la font c'est à l'étranger), se
couchent tôt, vivent chez Papa/Mama, ont des salaires faibles (même après Bocconi), et parfois se marient - for tard -, et font peu d'enfants. Passer du temps avec eux exige d'attendre très
longtemps pour décider quoi faire (d'une virée le soir à un accord dans le monde du boulot). En cela, le Français est peu latin, mais nordique. Il est amusant, dans "Eat, Pray, Love" de voir
l'Américaine décrire ces Italiens (Rome) manger des glaces, entre mecs, qui semblent avoir 30/45 ans ! Il me semble que c'est dans la culture des peuples que l'on comprend l'attitude par rapport
au vin (et vice versa). Donc, tout baratin sur le vin dans un pays passe par y vivre, parler la langue, se mélanger avec les habitants, etc. ; l'étude en chambre, à la française, montre vite ses
limites !


 


 

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