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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 12:00

entente_cordiale.jpg

 

Ma chronique de ce matin, où je m’étonne de la saillie de Jamie Goode avec ses 90% des vins sont de la merde me vaut des réactions indignées du milieu. M’a-t-on lu dans le milieu des critiques de vin ? Ai-je écrit que Jamie Goode était un j’en foutre, un rigolo, un type pas sérieux ? La réponse est non. Incidemment, j’ai seulement fait état d’une opinion du Sieur Pousson qui n’engage que lui. Comment aurais-je pu d’ailleurs formuler un quelconque jugement de valeur sur ce blogueur anglais que je ne connais pas, que je n’ai jamais lu ? Ce que je conteste, quelles que soient les intentions de Jamie Goode, bonnes ou contestables d’ailleurs, c’est la grossièreté et la facilité de son affirmation. C’est d’autant plus grave que ce monsieur est sérieux. J’ai écrit : « Ce qui m’horripile c’est la suffisance et la grossièreté de ce type de propos. Pour qui se prend-il se garçon ? Libre à lui d’éreinter, d’assassiner, d’écrire pique pendre sur les vins qu’il déguste, en les citant. C’est dans la logique de la critique. » donc je ne vois pas pourquoi certains critiques ou autes volent à son secours. Je pense que Jamie Goode est assez grand et intelligent pour se défendre ou justifier ses propos


Je respecte toutes les opinions argumentées, j’accepte toutes les critiques qui me sont faites sur ce que j’écris mais je ne vois pas au nom de quoi je n’aurais pas le droit de d’écrire que les propos de James Goode sont critiquables. Entre gens sérieux et de bonne compagnie ça ne se fait pas m’objecte-t-on ? James Goode a-t-il vraiment réfléchi à la portée de sa saillie sur ceux qui font ces vins de merde ? Un minimum de respect et de savoir-vivre ne nuit pas dans les relations humaines surtout de la part de gens, comme lui et moi, qui travaillons le cul bien calé sur nos chaises, bien au chaud. Libre à nous de penser et d’écrire ce que nous voulons mais un peu de retenue me semble la moindre des choses : nous vivons tous sur la bête y compris sur les vins de la masse. Non je ne me sens pas solidaire du milieu, l’outrance et l’injustice sont dans son propos sur 90% des vins sont de la merde, et sont du côté de Jamie Goode. Laver son linge sale en famille ne m’intéresse pas car mieux vaut alors éviter de l’étaler au grand jour en se laissant aller à des facilités de langage.


Ce faisant je ne défend aucun pré-carré, j’ai été et reste très critique à l’endroit de beaucoup de vin Français mis sur le marché «Sous les grandes ombrelles que sont nos appellations d’origine contrôlée, surtout sous celles qui jouissent de la plus grande notoriété, s’abritent des vins moyens voire indignes de l’appellation. Succès aidant ou pression d’une demande momentanée une grande part de nos vins de pays, petits nouveaux dans la cour, se sont laissés aller, comme certains de leurs grands frères AOC, à confondre rendement administré, moyenne arithmétique, et qualité du  produit. » Je rappelle aussi à nos amis anglais que j’avais écrit à propos de notre attitude sur leur marché, et ils avaient beaucoup apprécié « Et pourquoi on a pris raclée à Azincourt? Mon but, sous cette interrogation qu’on ne pose plus à son père en revenant de l’école, c’est de bien cerner les causes de nos revers et qu’à Azincourt ce sont nos certitudes et notre suffisance qui nous ont vaincu, bien plus que les archers anglais… »


azincourt-011.jpg

Attention, chers amis critiques anglais, de ne pas tomber dans le même travers que nous, de vous comporter en vaches sacrées qui peuvent tout se permettre sans avoir à se justifier. L’impérialisme de la langue anglaise ne change rien à l’affaire, « Messieurs, l'Angleterre est une île, et je devrais m'arrêter là... » C'est ainsi qu'André Siegfried, l'un des pères de la politologie moderne, commençait jadis son cours d'histoire britannique à la Sorbonne. Je respecte ce pays, libre à lui de s’inscrire dans l’Histoire de l’Europe selon le libre-arbitre de ses citoyens mais il n’est,pas plus que la France d’ailleurs, le centre du monde du vin. Anglais et Français devrions nous inscrire à des cours d’humilité dans le domaine du vin  ce qui serait une forme moderne d’Entente Cordiale.

 

Pour conclure : si la plume de Jamie  Goode a dérapée, ça arrive a tout le monde de déraper, même à un flegmatique anglais, il ne lui reste qu'une chose simple à faire c'est de dire désolé, sorry quoi... et plus personne n'en fera tout un fromage qui pue, moi le premier...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Michel Smith 15/11/2012 16:31


Boulevard Raspail ? Comme Boris Vian et d'autres avant toi... 

Michel Smith 15/11/2012 14:23


Bien sûr que je le sais... Toujours est-il que moi-même je ne me refuse pas un petit buzz de temps à autres en formulant un titre un peu plus "racoleur" que les autres (voir sur www.Les5duVin) et
je ne recule devant rien pour faire un peu de pub au passage n'en déplaise au Taulier. Comme Libé ou Le Parisien, il faut accrocher, appâter le Lecteur, sinon, il nous zappe à la vitesse grand
"V".

JACQUES BERTHOMEAU 15/11/2012 14:27



Mais non Michel tu ne m'as pas compris moi je fais le trottoir tous les jours



Lalau 14/11/2012 18:54


Michel, en ce qui me concerne, j'avais déjà dénoncé l'emploi du mot vin de merde il y a bien longtemps, à propos de JP Coffe, je n'ai cherché aucun buzz. Tan mieux si ça intéresse les gens, mais
ce n'est pas à cette aune là que je mesure ma peine ni la qualité de mon boulot, tu le sais.

Luc Charlier 14/11/2012 17:45


Jacques, je n’aime pas trop le personnage d’Alain Minc – que je n’ai jamais rencontré, NB – mais on ne peut lui dénier une réelle
intelligence. Il a écrit une « Histoire de France » où un étranger comme moi ne se retrouve que pendant les épisodes de votre épopée qui présentent des points de congruence avec les
autres pays. En effet, il ne décrit nullement les évenements, il les commente. Il n’a d’ailleurs pas formation d’historien.


Sur Azincourt, sa lecture, complémentaire de la tienne, me semble stimulante. D’après lui, après avoir « raté »
l’opportunité de mettre un terme à la Guerre de 100 ans avant la mort de Jean sans Peur, l’intelligentsia française ne peut cacher ses dissensions à Henri V. Charles VI, sans doute schizo et
certainement psychotique en tout cas, ne peut non plus réussir le consensus contre l’ennemi qui existait encore sous Charles V. Et donc, après Crécy et Poitiers, rebelote, les Français sont
défaits sur leur sol alors qu’ils sont infiniment plus nombreux (démographiquement) dans leur territoire et se battent chez eux, avec une intendance qui devrait être facilitée. En effet, la
guerre civile dans votre pays a mobilisé toute l’attention et les affrontements entre Armagnac et la maison de Bourgogne ont sans doute fait plus de tort que la puissance des flèches anglaises.
N’empêche : ils tiraient bien, les bougres !


Enfin, petit détail : on dit « pis que pendre », càd des critiques pires qu’un châtiment par pendaison. Après les flèches anglaises, les
piques auraient été de trop, de même qu’à la belote. Cela ne fait pas un pli ....

Michel Smith 14/11/2012 16:27


Jacques, je commente à peu de choses près ce
que j'ai commenté sur le blog d'Hervé Lalau : le mec, même s'il est british, n'a pas tout à fait tort. C'est le mot "merde" qui me (et qui te...) gêne mais qui, apparemment, est bien pratique
pour faire le buzz. Et permets moi de penser que toi comme Hervé, en jouant les vierges effarouchées, vous profitéez bien de ce buzz...


Et puisqu'il faut se positionner, après
l'expérience d'une vie bien remplie dans le vin, je dirai sans honte que 80 % des vins produits quelque soit leur rang ou leur appellation sont inintéressants au possible, tristes, repliés sur
eux mêmes, sans âmes, sans vitalité. Pas de la merde comme dirait Coffe, mais du pas bon quand même. Bien sûr j'applique cette réflexion aux "critiques" vins dont je fais partie (quand bien même
je me sens nul, parfois, quand il s'agit d'expliquer pourquoi je n'aime pas tel ou tel vin) tout en rassurant tout le monde pour dire que ce qui rend mon métier formidable, c'est de dénicher les
20 % restants : des vins excitants à conseiller à mes rares et chers Lecteurs (notez le L majuscule) qui eux ne se trompent jamais (ironie, bien sûr) tant ils sont géniaux ! Après, le reste est
affaire de goût. Moi, je préfère les brunes...


80 % des critiques (et non 90) sont aussi des merdeux et
comme mon ego est de plus en plus réduit par la force des choses, je me range parmi ceux là et j'en suis fier !!!

JACQUES BERTHOMEAU 14/11/2012 16:38



Le Buzz Michel ce sont les 6000 lecteurs en 3 jours avec l'histoire LUBOT... Ce que j'ai voulu faire passer c'est ce que Shoviniste Olivier Lebaron a relevé sur Face de Bouc (va voir si tu as le
temps...)



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