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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 00:09

La Toile est un terreau vivant, jetez-y une graine, elle pousse à l’instant petit à petit elle s’enfouit, latente, hibernante, puis soudain les petits surfeurs en chasse lui redonne vie, elle s’épanouit à nouveau. C’est ce qui arrive en ce moment à une chronique de décembre 2010 « Pascal Agrapart un champenois taquin bricoleur des temps : le grand retour du labour pour Vénus et Minéral... » link. La voilà qui pointe son nez depuis le début décembre dans les statistiques du Taulier et joue les stars de ciné.


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Comme j’aime bien, à la fois, les champagnes de Pascal et Pascal lui-même, je ne résiste pas à lui offrir un beau texte sur le Champagne d’Anka Muhlsen Garçon un Cent d’huîtres Balzac à Table chez Odile Jacob 24,25€.


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Le roman d’Honoré de Balzac inachevé Les Petits Bourgeois « se situe en 1839. Il met donc en scène les représentants de cette bourgeoisie modeste et travailleuse qui fondait les assises de la Monarchie de Juillet. » Les Thuillier sont « de petits fonctionnaires parisiens qui cherchent à se pousser dans le monde. Ils illustrent une ascension sociale qui se traduit par la nécessité de recevoir, mais une ascension qui ne leur a pas laissé le temps de former des domestiques, et leurs ambitions ne sont pas assez vastes pour qu’ils songent à engager des extras. »


« Qu’est-ce qu’un grand dîner pour des petits bourgeois ? C’est ce que Balzac, tourné cette fois vers la réalité, va nous décrire avec délices. »


Thuillier, sous-chef de bureau, a prévenu sa sœur Brigitte qui tient la maison, qu’ils seront au moins 15 à dîner, « sans toutefois lui laisser entendre que l’excellente nouvelle de la quasi-certitude de son élection au conseil municipal sera annoncé au dessert. » Bien sûr, Brigitte « se met en branle non sans se plaindre de la dépense qui, calcule-telle, s’élèveras au moins à quarante francs, sauf si elle s’arrange pour que les restes nourrissent la famille pour les deux jours suivants. »

 

saute la préparation et le repas lui-même, pour les découvrir lisez ce livre passionnant d’une grande érudition et d’un grand confort de lecture. Un livre qui vous rend intelligent. Ce qui m’intéresse c’est ce qui se passe après l’annonce par les initiés de la bonne nouvelle.


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«… Brigitte oubliant son effroi devant la rapidité avec laquelle l’argent filait quand on recevait, se jeta sur la cuisinière en lui criant de l’accompagner à la cave pour remonter du vin de derrière les fagots.


Soudain, la profusion des vins et de liqueurs, l’apparition de délices enfouis dans les profondeurs de ses armoires témoignent des provisions incroyables en alcool et en sucreries d’une maison par ailleurs fort modeste. Brigitte revint en effet avec trois bouteilles de champagne. Ne nous étonnons pas trop de l’abondance du champagne chez les petites gens. Le goût du champagne se développa tard en France, beaucoup plus tard qu’en Angleterre. Mme de Pompadour fut une des premières dames à l’apprécier et elle en lança la vogue. Cependant la production demeura très limitée, malgré une demande accrue sous l’Empire, ne serait-ce parce que les bouteilles explosaient souvent dans les caves. Un viticulteur pouvait perdre jusqu’à trente à quarante pour cent de sa production. Ce ne fut que vers 1830 que les producteurs de Champagne mirent au point une méthode sûre pour mesurer le sucre dans le vin et empêcher ainsi une fermentation par trop violente. Les bouteilles résistèrent enfin à la pression. La production monta alors en flèche et passa de trois cent mille bouteilles en 1785 à près de sept millions ee 1844, d’où les réserves dans les familles les plus économes. En plus du champagne, Brigitte produisit trois bouteilles de vin vieux de l’Hermitage, trois bouteilles de bordeaux d’une bonne année, une bouteille de malaga et une eau-de-vie de 1802, achetée par son père, qu’elle tenait avec une attention presque respectueuse, pour parfumer la salade d’oranges qu’elle demanda à sa belle-sœur de préparer sur le champ. »


L’auteur de conclure « Ce qui frappe dans cette description, c’est l’ampleur des réserves dans une maison de petits bourgeois et la qualité des vins. On peut imaginer que ceux-ci sont accumulés comme autant de valeurs sûres. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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François Audouze 29/12/2012 09:26


Hier, j'ai bu l'Avizoise 2004 d'Agrapart : un vrai bonheur gastronomique.


Lors d'un colloque sur le verre et le vin organisé il y a quelques années par l'université de Bordeaux, il y a eu la présentation d'une étude sur l'inventaire des caves des maisons bourgeoises au
début du 19ème siècle. Cette étude corrobore ce que vous citez : une extrême diversité de provenance dans les caves de bourgeois et notamment énormément de vins doux des bords de la Méditerranée.
A noter que plus de la moitié des vins en cave étaient en fûts : un fût de Lafite ou un fût de Léoville, et ce, sans notion d'année : on rachetait un fût quand le prédédent menaçait de se vider.


Merci de cette belle évocation et tous mes voeux. 

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