Vendredi 26 octobre 2012 5 26 /10 /Oct /2012 00:09

bouteilles_2.jpg « Qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse… »  la sagesse populaire me va très bien au teint d’autant plus, qu’en nos temps de gaspillage, le verre est perdu. Perdu, ce mot me hante : « C’est une femme perdue… » disait-on, en ma Vendée pieuse, d’une femme qui faisait le commerce de ses charmes. Même le pain était perdu alors qu’à la messe on distribuait du pain béni et les chiens aussi étaient perdus mais, sans colliers, si bien qu’en 1955 Jean Delannoy en fit un film, tiré du bouquin de Cesbron, avec Jean Gabin.


Mais putain va-t-il nous parler de vin !


Je ne sais car, né en 48, je ne connaissais comme boisson en 50 que le lait des vaches de mon pépé Louis et quand vint – pas mal la transition – la virée de la cinquantaine, en 98, j’avais professionnellement perdu de vue le vin lorsqu’il me retomba soudain dessus via un vin que je qualifiai alors de vin de vieux, c’était l’apéro favori des Français : 800 000hl vendus dans les années 50 – bien sûr qui se souvient de Monsieur Bartissol qui, sûr Europe n°1, hantait les villes et les villages pour que le papy Mougeot ou la mère Denis lui tendissent les précieuses capsules, plus personne sauf quelques vieux – lorsque j’acceptai en plein mois d’août une mission catalane pour aller me pencher sur le grabat du Rivesaltes ce qui était, somme toute, très naturel.


Je sais, j’énerve, mais je n’en ai cure – c’est mon côté élevé aux grains des très chers frères de Saint Louis Grignon de Montfort – car rien ne sert de courir il faut partir à point et surtout ménager sa monture.


Faut dire que les Vins Doux Naturel, s’ils avaient pu jacter, ou gribouiller sur les murs du Castillet de Perpinyà ils auraient écrit en grenat : « le Pastis m’a tué… » et ils auraient pu ajouter « et le Porto m’a mis KO… » Du côté de Thuir, le Byrrh, qu’a jamais été un VDN, était tombé dans l’escarcelle du roi du pastaga sans créer beaucoup d’émoi dans les chaumières catalanes.


Mais putain va-t-il nous parler de vin !


Mais je ne fais que ça les gars et les filles sauf à croire que les Vins Doux Naturels ne fussent pas tout à fait des vins parce qu’ils se sont fait foutre en l’air par le Pastis 51 – merde je ne suis pas passé loin – ça se discute c’est du 50/50 : bingo j’en ai placé deux.


Donc, puisqu’il nous faut par contrat léonin nous taper une question de centilitrage – vaste programme aurait souligné le Général – que les sources sûres m’affirment que les quilles se baladent entre 0,2 et 18 litres, avec des patronymes tels chopines, magnum, jéroboam, réhoboam, mathusalem, salmanazar, balthazar, nabuchodonosor, melchior, sans passer par la case 0,50 soit 50 cl et que seul les 75 cl ont droit au titre solennel de bouteille. Bien sûr j’ai omis la fillette et la mignonette mais le mystère des 50 cl reste entier.


Sauf que les flacons de 50 cl ont toujours existés dans le rayon des spiritueux où, horreur, malheur, les VDN furent classés et pas très bien exposés. Pire encore pour les défenseurs acharnés de la tradition bouchonnière ces flacons, que je n’ose nommer, étaient affublés d’un bouchage à vis.


Résumons-nous : la bouteille c’est 75cl donc la ½ bouteille c’est donc 37,5 cl, alors où est passé le litre ? Dans les oubliettes du jaja populaire avec la bouteille syndicale six étoiles. Elle aussi innommée elle jette la 50 cl dans un no man’s land innommé et c’est donc une apatride. Que faire pour la sortir de ce piètre statut ?


La baptiser si vous êtes des adeptes de la fille aînée de l’Eglise ou lui trouver un nom pour ceux des autres confessions et les athées.


La chasse aux noms est donc ouverte : ce pourrait être pour la 50 une minette, mais les féministes pourraient s’en offusquer, ou si l’on souhaite rester dans le masculin, qui est l’apanage des grands contenants , je risquerais : un taulier… car il a un côté de  demi-sel versus Bernard Blier* Enfin, je suggère, pour allier le féminin et le masculin, pour le ou la 50 : en couple, ça fait tendance et ça plaira au parrain de ce Cinquantième Vendredi du Vin qui est si attentionné pour favoriser la tendresse des têtes à têtes amoureux.


J’arrête de décoconner pour aborder l’essentiel, ce qui justifie l’existence d’un contenant c’est-à-dire ce qu’on y met dedans.


Pour ce faire retour en Roussillon, dans le 66 quoi qui produit 90% des VDN, où la classification peut se résumer ainsi : 1 grand lac et deux petites bassines : soit le Rivesaltes et le Muscat de Rivesaltes et ceux du haut : le Maury et ceux du bas : le Banyuls.


Foin des chiffres, j’ai trop usé le fond de ma culotte sur eux pour m’en préoccuper. Ce qui m’intéresse en ce beau matin de ce Vendredi du Vin, qui est sur son 51, pour fêter sa 50ième édition au travers d’un flacon qui fait son numéro, c’est de vous dégoter le truc qui décoiffe, la boutanche de derrière les fagots, celle que madame Michu ne peut pas acheter à Casino.


J’en connais qui pour dénicher la fameuse quille 50 se sont démenés, ont fait le trottoir, sué sang et eau, tenté de soudoyer leur caviste, écumé les chais, cassé leur tirelire, passé des nuits blanches… alors que le Taulier, les pieds en éventail, dans un insolente « coolitude » s’est contenté de fouiner dans ses souvenirs, d’y ôter les boules de naphtaline qui trainaient, pour sortir le flacon que seuls les happy few peuvent se procurer dans le cellier de Luc Charlier.

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Le nom est lâché, comme le disait le regretté Lino Ventura, c’est un Maury produit sur les terres ancestrales et inviolées de Bernard Rouby.  


C’est la cuvée JOLO un Maury Grenat en 50cl pourvu d’un bouchage à vis.


L’étiquette est culte. J'espère que vous reconnaîtrez l'homme du bain.


La cuvée Jolo fut dégustée à la chaussette et fort appréciée par le Grand Jury des Naturistes de Paris ICI link  


Voilà, même si d’un premier abord j’ai trouvé le thème chiant, chemin faisant j’ai pris goût à mes conneries et, au prix de quelques rétablissements périlleux, je suis parvenu à retomber à pieds joints sur le sujet de notre vénéré alter-président.

 

Fermez le ban !


 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Commentaires

Pour completer cette collection de quilles sur un air nostalgique ,il n'y a pas très longtemps le vin d'alsace etait vendu uniquement en bouteilles, de 70 ou 100 cl .Ce qui faisait dire à un de mes amis les vins d'alsace ont un gros défaut c'est la contenance ! Quand au pastis il est lui aussi devenu une boisson de vieux remplacé par le whisky. Ainsi la roue tourne pour ce qui est des marques Byrrh bartissol ou dubonnet mon souvenir c'est qu'elle tapissait les tunels du metropolitain. 

Tout ça ne vaut pas un bon Banyuls ou Maury . Merci au Taulier pour ce solei en bouteille qui permet d'affronter l'hiver. 

Commentaire n°1 posté par tomassian le 26/10/2012 à 07h13

Bon, et bien moi, je vais proposer un nom qui ne va peut-être pas plaire beaucoup, mais qui a du sens: la Parisienne.

Pourquoi?

-parce que bien sûr les Parisiens sont des chieurs, et la 50 cl c'est vraiment le truc de ceux qui ne veulent pas boire une bouteille de 75 pour ne pas faire pochtron, mais qui quand même sont un peu courts avec 37,5;

-bien sûr Paris est la ville des réfugiés et apatrides de tous horizons, et une bouteille orpheline pleine d'un délicieux nectar fait partie de cette catégorie administrative selon les règles du ministère de la discrimination;

-50 cl, c'est idéal pour le couple qui va au restau, avec une madame qui veut boire un peu plus qu'un verre pour être un peu plus pompette que d'habitude, et un monsieur nouvelle génération qui veut garder sa ligne pour madame, ainsi que sa vigueur;

-on arrive bien sûr au sexe, et c'est là que se joue le twist final: la Parisienne en Allemand, c'est "der Pariser", ce qui veut dire "la capote anglaise" (évidemment on dit toujours que c'est les autres, sauf à Condom, con;-) Un nom allemand, symbole de plaisirs inavouables sous l'occupation, en même temps hommage d'aujourd'hui de l'Allemagne sérieuse à la France frivole...Et comme la bouteille est particulièrement effilée, elle me fait particulièrement penser à une capote. Comme le montre par exemple ce petit chef d'oeuvre de blog familial allemand, où on exibe fièrement son "Pariser gummibaum"...

http://www.plawer.de/html/polterabend.html

Voilà, après si ça ne vous plaît pas, je la remets dans ma culotte, comme disait Renaud;-)

Commentaire n°2 posté par Egmont Labadie le 26/10/2012 à 08h57

Cher Taulier, ledit flacon – enfin, sa version 2010, peut-être un rien plus aboutie (j’apprends mon dernier métier) – peut s’acheter depuis le mois de septembre à ..... Paris, dans le 14ième !!!! Où cela ? Voir le lien : http://coumemajou.jimdo.com/2012/08/30/vive-la-rentrée/

Commentaire n°3 posté par Luc Charlier le 28/10/2012 à 18h47

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