Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 00:09

Février a tiré ses 29 jours en nous rappelant qu’il peut faire très froid en hiver et j’en ai profité pour chroniquer sur un vieil opus d’un savant belge Théodore Augustin Mann « Mémoires sur les grandes gelées et leurs effets » qui, bien avant nos climatologues, constatait un réchauffement de notre planète. Et pendant ce temps-là notre Eva arborait une magnifique chapka pour protéger son joli minois des frimas ce qui, bien sûr, ne l’empêchait pas d’arpenter les coins et les recoins de notre planète des vins pour dénicher de belles quilles.

  

Ne me dites pas qu’Eva est en retard à son rendez-vous mensuel c’est inexact car, si ce fichu mois de février savait compter, arrêtait de décoconner, le mois de mars débuterait aujourd’hui. Ce matin elle vous attire sur de nouveaux rivages pour vous faire apprécier sa dernière trouvaille : un vin coquin qui tire ses avantages de ce que certains appellent les cépages modestes. Merci Eva et bonne route, ne te perds pas sur ton nouveau chemin et reviens-nous le mois prochain avec un plein panier de belles quilles : ce sera le printemps alors adieu chapka, doudoune et mitaines, vive le temps des terrasses, les jupes corolles et les débardeurs !

photo Eva

Dans le vin, il y les cépages incontournables, qu'on connait presque tous et qui nous parlent immédiatement, le chardonnay, le sauvignon, le cabernet... Et puis il y a les mal-aimés, les mal-connus et les presque disparus. Qu'une poignée de vignerons s'efforce de faire connaître ou revivre pour le plus grand bonheur de nos papilles. 

 

Aujourd’hui, un cépage jusqu'alors inconnu pour moi, ou plus précisément, une variété de cépage inconnue. La cuvée s'appelle « Moisson Rouge » et est produite par Agnès et René Mosse, dont le talent va au-delà de cette seule cuvée (allez voir du côté de leurs blancs secs en vous arrêtant sur la case bonbon avec un verre d'Achillée, vous vous régalerez). Le cépage : Gamay. La variété : Gamay de Bouze. Oui, Gamay de Bouze.

 

Bon alors, c'est quoi cette variété de Gamay ? C'est un Gamay d'origine bourguignonne, on l'appelle aussi rouge de Bouze (Côte d'or) même si au cours de mes quelques cherches sur le web, je lui ai trouvé bien des synonymes. C'est donc une variété de Gamay noir à jus blanc qui aurait servi à une époque à colorer les vins manquant de couleur. C'est la première fois que je tombe sur cette variété. link

 

Au final, qu'est-ce que ça donne, un Gamay de Bouze pétillant dans un verre ? Ça donne tout d'abord un jus assez noir et foncé pour un Gamay, je comprends qu'on l'ait utilisé comme un cépage teinturier. C'est assez trouble, il n'y a pas eu de dégorgement, ce que me confirme l'article de Patrick. link  Les bulles sont fines, le jus gouleyant, les tannins finalement assez fondus avec un peu de sucre résiduel. Du fruit, des p’tites bulles, ça passe à merveille et ça appelle la terrasse, les apéritifs interminables du printemps... Mais je vous rassure, ce pur jus de Gamay de Bouze se boit à merveille en toutes saisons !

 

Alors remercions Agnès et René Mosse de ne pas avoir oublié ce cépage et de l'avoir rendu aussi gourmand. 

 

Et moi, j'irais bien à la recherche d'autres cépages un peu oubliés...

photomoisson-rouge-copie-1.JPG 

Domaine Mosse

4 rue de la Chauvière

49750 Saint Lambert-du-Lattay

Tél. : 02 41 66 52 88

Courriel : mosse@domainemosse.com

http://www.domaine-mosse.com/Moisson-Rouge.html

Partager cet article
Repost0

commentaires

Feuilly 05/03/2012 11:53


Un vigneron de Touraine produit également, et ce depuis fort longtemps, un gamay de bouze tout à fait excellent : il s'agit d'Henry Marionnet à Soings-en-Sologne.

Michel Smith 03/03/2012 17:56


C'est effectivement capital comme info...

Luc Charlier 03/03/2012 10:54


Il y a un autre producteur, qui exhibe aussi sa « réussite » de manière ostentatoire du côté du Quartier latin, en Ferrari.
On l’appelle Jamel de Bouze.

Eva 02/03/2012 15:55


Michel oui, j'ai effectivement découvert que Marionnet avait mis ce Gamay de Bouze à l'honneur dans une cuvée qui s'appelle d'ailleurs "Cépages oubliés". Comme quoi ;-)
Belle initiative de tous ces vignerons de ne pas oublier ce cépage. Et avec des bulles, c'est un régal !

Michel Smith 02/03/2012 08:16


Henry & Jean-Sébastien Marionnet, Domaine de La Charmoise, 41230 Soings-en-Sologne. Tél. 02 54 98 70 73

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents

  • Cadeau de mariage
    Les mots me manquent et pourtant ils se bousculent dans ma tête, me font mal. Écrire sur un temps heureux, un temps de grand bonheur simple, se replonger dans son passé pour en extraire, non pas des souvenirs éteints, mais des braises vives, est une vraie...
  • BLUM le Magnifique «juif d’État» un «homme double», un «héros de roman» par Frédéric Salat-Baroux.
    Sans me vanter j’ai du nez, à la veille de la commémoration du 10 mai 1981, 40 ans déjà, certes Tonton n’est pas Napoléon, il a ses grognards, mais nous commémorons beaucoup dans notre vieux pays. Du côté de ce qui reste du PS, le dimanche 9 mai, au Creusot,...
  • Je t'aime ! Pense aux femmes de marins...
    Marie avait dû différer son départ pour Yeu afin de régler son dossier universitaire. Elle ignorait que je m'y trouvais déjà. Au téléphone je lui racontais des bobards. Officiellement je faisais la moisson avec mon père ce qui expliquait que je ne pouvais...
  • Le 10 mai 1981 : « La France passe de l’ombre à la lumière » Jack Lang.
    J’avais, bien sûr, voté Mitterrand aux deux tours, sans grand enthousiasme, ses 101 propositions pour la France ICI , grand fourre-tout, rassemblait une seule ligne programmatique qui cachait des conceptions divergentes entre les différents courants,...
  • Le « marchand de vermoulu »
    Jean RIGAUD (Bordeaux, 1912 - Paris, 1999) "Les thonniers verts, île d'Yeu", 1967. Les marins l'appelaient le « marchand de vermoulu » et se faisaient un devoir de lui faire prendre, à chacune de ses sorties, une mufflée. Mon baptême du feu se révéla...