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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 00:09

Quel beau titre me direz-vous ! Oui, il est extrait de l‘Apocalypse de Jean « Babylone fut détruite quand elle but le vin de la colère divine » et il reflète bien ce que fut le feu du ciel moderne, le napalm, épandu sur la jungle vietnamienne par les bombardiers de l’US Air Force. La guerre du Vietnam qui a structuré politiquement ma génération, « croisade contre le communisme », choc des blocs, guerre sale, enlisement de la première armée du monde dans le bourbier d’un conflit lui opposant une « armée populaire », corruption, délitement, affaissement moral d’une jeunesse, traumatisme d’une vraie défaite, 50 ans après c’est l’oubli, le Vietnam, comme la Chine, s’est transformé en usine du monde, travail forcé, compétitivité, la machine à coudre a remplacé le fusil.

 

Ce titre est celui d’un livre de Kenneth Cook (1929-1987)  traduit par Mireille Vignol et publié chez Autrement en 2011. Ce roman, The Wine of God’s Anger fut publié en 1968. 150 pages, denses, sans concession ni affect, dérangeantes, à lire absolument. Le narrateur, élevé chez les frères, doté d’un père « catholique à la virgule près, heureux et comblé dans sa foi, qui avait réponse à tout. » et d’une mère « heureuse et comblée » même si il arrivait au narrateur de penser « qu’avec quatre frères et deux sœurs » après lui « qu’elle aurait été plus épanouie si mon vieux n’avait pas maintenu une position aussi orthodoxe sur le contrôle des naissances. » s’est engagé dans l’armée « pour sauver le monde du communisme. »

 

Le baptême du feu « Le premier coup de feu offensif que l’on entend ressemble à tous les autres coups de feu. Sauf que le premier coup de feu offensif que j’ai entendu allait en sens inverse des balles auxquelles j’étaie habitué. Et qu’il a emporté la moitié de la tête du soldat marchant derrière moi »

 

Les villageois, les civils comme on dit : « C’est alors qu’une femme est sortie d’une hutte et s’est mise à hurler tant et plus quand elle a vu les corps sur les poteaux. Puis, apercevant la fillette, elle s’est précipitée sur elle.

Au moment où elle s’agenouillait pour la prendre dans ses bras, elle a explosé. Des bouts de femme et d’enfant ont maculé les murs des cases et dégouliné. »

 

Lynn la belle prostituée chinoise, la fille à soldat : elle exerce chez elle, une cabane de deux pièces, et « quand elle ramène un client son mari et ses enfants attendent dans l’autre pièce. Il arrive même que le mari serve le petit-déjeuner le lendemain matin. L’ambiance y est conviviale. » et Santi, le Vietnamien accueillant, ajoute que pour son mari « Lynn est un atout économiquement parlant » et c’est « pour ça qu’il l’a épousé ».

 

Le napalm : « En quelques minutes, la fumée devint telle que la vallée entière se tortillait comme un être vivant. Elle ressemblait à une gigantesque limace verte tachetée d’un sang jaune qui suintait là où le napalm l’avait touchée... »

 

Les blessés : « On n’a pas idée de la longueur des boyaux qui sort d’un type éventré par un mortier. Les intestins mêmes étaient déchirés et vidés. Des amas de sang, de nourriture à moitié digérée et d’excréments s’étalaient autour.

Et à mes pieds, une paire de testicules proprement amputée, encore à moitié enveloppée dans un chiffon imbibé de sang qui provenait d’un sous-vêtement.

Le sous-vêtement de qui ? »

 

15 € : un bon vaccin contre l’oubli et la merditude des choses...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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Luc Charlier 11/06/2011 09:42



Oui, le napalm !


Il faut quand même rappeler que ce fut la bourgade de Coutances qui, pour la première fois sur une grande échelle, en subit les
ravages alors qu’elle abritait une poche de résistance du Reich ... à moins que les « Alliés » ne voulussent y faire griller la côte de boeuf !


Tu n’aurais pas une photo du boeuf de Coutances au napalm, Jacques ?


Et ne pas négliger cet autre joyau de notre civilisation, Agent Orange, issu de la « recherche » de
Monsanto.


Joli titre, The Wine of God’s Anger. A ce propos, je viens enfin de me décider à m’attaquer à “East of Eden”, sans
doute un des monuments de la littérature étatsunienne qui me fait peur par sa longueur, l’effort qu’il a coûté à son auteur et surtout les attentes que j’y ai mises. Vais-je vraiment rencontrer
Cathy ? L’autre opus majeur de M. Steinbeck, ironie du sort, n’est autre que ...The Grapes of Wrath. On reste dans le même ton. Mais celui-là, je l’avais lu il y a trèèèès
longtemps.



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