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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 00:09

Signe du temps le classieux magasine Régal écrit « Fini le temps où l’on allait remplir son cubi de jaja à la coop ! Les caves coopératives, nées au début du siècle dernier sous le signe de la solidarité et du partage, ont pris le virage de la modernité... et de la qualité. Place, aujourd’hui, à des vins embouteillés dont certains raflent les premières places des palmarès. Explications d’un expert puis visite dans quatre caves coop top (à prononcer avant la dégustation) et remise des prix d’excellence Régal. Trinquez, camarades ! »

L’expert en cave coop c’est Michel Bettane ! Moi je veux bien mais bon je ne vais pas épiloguer surtout lorsque notre bon dégustateur s’aventure sur le terrain glissant du statut fiscal des coopératives « mais ce qui reste inacceptable pour les producteurs indépendants, ce sont les privilèges fiscaux dont la coopération bénéficie en matière d’imposition des stocks. » il faudrait qu’il potassât un peu mieux le code des Impôts afin de ne pas être aussi approximatif. Quand aux prix cassés par les coopés pour écouler leurs stocks il faudrait aussi que l’ami Bettane aille voir du côté du Muscadet où les coopés ne sont pas légion puis descende du côté du vin blanc des Charentes bradé, pas par des coopés parce qu’il n’y en a pas, déstabilisant le marché des vins blancs de Gascogne qui ont des marchés et des coopés. Une petite précision juridique, la coopé est le prolongement de l’exploitation viticole et est donc soumise au même régime de droit que celle-ci, ne pas la confondre avec les Unions qui font de la commercialisation et qui parfois ont des filiales prenant le statut de SA. Même pour les bobos de Régal il vaut mieux éviter de tomber dans l’à peu près.

Sur l’autre versant des magasines, l’Expansion qui se veut le mensuel de l’économie, dans son numéro spécial Le Business du Vin enquête sur un trésor français consacre 2 pages aux coopés « Les coopératives se grisent de qualité » Finie, la course au volume : pour tourner la page du « rouge qui tache », les « coop » se sont entourées d’œnologues de techniciens et de pros du marketing. Montée en gamme et succès à l’export. C’est bien, c’est mieux que rien mais ça ne fait pas le tour de la question dans la mesure où ce n’est pas fondamentalement le statut juridique qui influe sur la qualité du produit fini mais bien plus la nature du vignoble sur laquelle la coop est implantée, sa taille et surtout la capacité que peut avoir « la démocratie coopérative » 1 homme une voix de définir une stratégie, de s’y tenir en la faisant mettre en œuvre par des hommes ou des femmes compétents. Mettre dans le même sac la grosse coop ou petite coopé vraqueuses (qui peuvent d’ailleurs faire la qualité que lui demande le marché), les coopés régionales type La Chablisienne, Tain l’Hermitage, Plaimont, les Unions comme le Cellier des Dauphins, Marrenon, Alliance Loire, UVICA, les petites coopés : Rasteau, Beaumes- de-Venise, Laudun-Chusclan, Embres&Castelmaure et bien d’autres...

J’ai beaucoup écrit sur la question, récemment avec la chronique sur le Marrenon de Jean-Louis Piton http://www.berthomeau.com/article-20-reflexions-in-marrenon-des-solistes-des-virtuoses-mais-ou-sont-donc-les-membres-de-l-orchestre-des-vins-de-france-53582338.html  , pour vous infliger un nouveau couplet mais sachez qu’il y a dans notre beau pays :

- 744 caves coopératives

- Qui représentent 40% des surfaces en vignes (343 782 ha)

- Et 42% des volumes produits 18 millions d’hl soit 4,8 mds de CA

- 19 685 salariés et 67% des viticulteurs français.

Même si ça déplaît aux grands amateurs, aux plumitifs papier glacé, au Pr Pitte, Enrico Bernardo et autres qui les prennent pour des va-nu-pieds, les coopés constituent le socle de notre viticulture, et si elles veulent bien prendre leur destin en mains, comme le font si bien certaines, elles sont un atout pour la France face aux exigences d’un certain type de demande. Alors un petit effort, chers collègues, allez donc traîner vos souliers dans les coopés pour tenter de voir derrière leurs vins ceux qui les font.

Mais je ne boude par le bonheur de faire la chute de cet article sur mes amis Patrick Hoÿm de Marien et Bernard Pueyo, les « conquérants des Corbières » en jeep 838 KY 11, le crapahute, la classe quoi, les boss d’Embres&Castelmaure, qui ont droit à la page 124 de Régal. Dans la sélection de leurs vins :

- AOC Corbières, Le Blanc Paysan 2009 4,75 euros « Du grenache, du Maccabeu et un peu de rolle : tous les ingrédients de l’apéritif du sud sont réunis dans cette cuvée fraîche et tonique. En bouche, des arômes de fleur de vigne, des notes de tilleul avec une petite complexité de bon aloi.

- AOC Corbières, à Perpète 12 euros « Si l’on pense que la région était autrefois la frontière naturelle avec l’Espagne, ce n’est pas par hasard si l’on propose une cuvée sur le système de la solera. Pour cela, on soutire la moitié seulement du contenu d’une barrique, que l’on remplit ensuite avec le vin de la dernière vendange. Cette cuvée chaleureuse « vin vieux-vin jeune » est très typée par le grenache noir avec en finale une petite amertume. Mais on reste sur des émotions de finesse et de plénitude.

Bon le sieur Pousson est toujours égal à lui-même, cependant je trouve qu’il ne pousse pas assez loin la transgression puisque le blanc paysan fait dans la fleur de vigne et le tilleul pourquoi ne pas le recommander aux personnes âgées en infusion du soir. J’adore le Maccabeu rien que pour le son de son nom ! Bref, j’attends toujours ma statue à Embres&Castelmaure car ma pomme, elle, n’a pas attendu que les coopés soient vachement tendance pour astiquer les belles pompes du Président Patrick Hoÿm de Marien. Alors pour emporter le morceau j'ai décidé en tant que Secrétaire-Perpétuel de l'ABV de lui décerner le titre de Président de Coopé de l'année et à Bernard Pueyo qui occuppe la place du mort dans la jeep  celui de meilleur directeur de coopé de l'année... Même Michel Bettane n'y avait pas pensé !

Caillou-8387.JPGCaillou-8390.JPG 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Vincent Pousson 22/08/2010 15:22



et comme on apprend toujours tout sur le site du Contrôleur Général etc…, en exclusivité, un aperçu de la future gamme des petits castelmaure…






Vincent Pousson 21/08/2010 10:33



@ Michel & Belle Irène :


il existe pourtant une solution à cela, imposer DE FAçON PERMANENTE la dégustation à l'aveugle parce qu'enfin, nous le savons tous la personne n'échappe à la "mentalisation", c'est scientifique !
Donc de deux choses l'une, soit on boit un coup entre copain, à étiquettes découvertes (c'est sympa et j'aime ça), soit on déguste professionnellement et c'est obligatoirement à l'aveugle.



Michel Smith 20/08/2010 20:02



D'accord Irène. Ce qui m'énerve c'est que chaque année les journalistes font leurs petit papier sur les coopératives qu'ils ignorent et méprisent régulièrement par ailleurs. Comme ça, ils peuvent
dire qu'ils font bien leur boulot, une fois par an. Comme tu le souligne, ils font la même chose avec le négoce et les vins "de marque". Heureusement, nous sommes quelques uns à ne pas agir de la
sorte... Mais tu sais les Anglais ne sont pas loin de faire pareil...



irène 20/08/2010 19:31



@vincent : suis d'accord avec toi, mais comment traiter les journalistes vont faire un article sur une AOC en évitant comme la peste les caves coopératives qualitatives sans même goûter
leurs vins, ni celui du négoce ennemi ?j'ai parfois l'impression que nous avons les plus mauvais journalistes de vin du monde, bien entendu ceux qui interviennent ici ne sont pas concernés
par mon coup de gueule, mais on les connais, ceux qui ne vérifient pas les chiffres ni ne dégustent pas...les coopés, elles ont beaucoup progressé partout, pourtant on en parle pas assez. Tout le
monde ne peut pas faire du bon vin, et c'est déjà énorme que les coopés elles fassent évoluer qualitativement le vignoble de leurs adhérents...quand tu regardes en France, derrière chaque AOC qui
fonctionne, il y a des coopés intelligentes qui s'entendent entre elles et avec un négoce qualitatif et des petits vignerons qui travaillent le trad...ou me trompje ? 



Michel Smith 17/08/2010 15:29



Faudra que tu me présente ta fiancée...



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