Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 11:00

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Qui mieux que Francis Lemarque, avec sa tripe populaire, peut chanter un Paris oublié, englouti, au son de son piano du pauvre à bretelles, l’accordéon des bals musettes, en ce 1er mai plein de bruits et de fureur. Il y a des accents d’Aristide Bruant chez le petit Nathan Korb qui est né dans un petit deux pièces au second étage du 51 de la rue de Lappe à Paris au-dessus du bal des Trois colonnes. Son père Joseph, est tailleur, juif polonais, et sa mère Rose est originaire de Lituanie, et le jeune Nathan va grandir avec son frère Maurice et sa sœur cadette Rachel dans le quartier de la Bastille bercé par les bals musettes de la rue Lappe. C’est entre les deux guerres la France et Paris terres d’accueil de beaucoup de déracinés de l’Europe Centrale où déjà se lèvent le vent mauvais de l’antisémitisme, la brutalité des ligues d’extrême-droite qui veulent abattre la gueuse, la République. Enfance joyeuse avec son frère, Nathan quittera l’école dès l’âge de onze ans pour travailler en usine et il gardera toute sa vie, la simplicité et l’amour de son quartier populaire et il restera fidèle à ses origines. Qui pourrait nier que les temps qu’a connu Francis Lemarque n’étaient pas durs, dangereux, mortifères, et pourtant des femmes et des hommes, le peuple, celui des petits matins ou des longues soirées, ne se laissait pas  enrôler par les démagogues prompts à se draper dans les valeurs nationales. Le verbe est dangereux lorsqu’il se déverse sur les peurs. Je pense que, dans le fond de nos campagnes, comme le dit si bien l’ami Luc Charlier, ces peurs ne sont que l’expression de ce qui s’est exprimé tout aux longs des années noires de l’Occupation.


En 1940, il est mobilisé et affecté comme « lieutenant-guitariste » aux activités musico-théâtrales de l'armée. En 1940 il passe en zone libre et s'installe à Marseille. C'est là qu'il rencontre Jacques Canetti, qui deviendra par la suite son agent artistique. Il fait quelques tournées en Afrique du Nord dont une semaine de récitals avec le guitariste gitan Django Reinhardt. Sa mère déportée en 1943 meurt à Auschwitz. Fidèle à son idéal communiste, il rejoint le maquis puis s'engage dans le régiment du douzième Dragon. Un bon Français… non…

800px-Plaque_Francis_Lemarque.jpgFrancis Lemarque fêtera ses soixante-quinze ans au Balajo et il s'est éteint brutalement en 2002, dans sa quatre-vingt-cinquième année, dans sa maison de La Varenne-Saint-Hilaire. Il repose à côté d'Yves Montand dans le cimetière du Père-Lachaise (44e division) à Paris. Une belle vie, celle d’un homme fidèle à ses origines, à ses valeurs, qui chantait la joie de vivre et la vie de Paris. Merci.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Commentaires

Longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dan les rues...

Commentaire n°1 posté par Michel Smith le 01/05/2012 à 13h53

C'est en ligne Michel...

Réponse de JACQUES BERTHOMEAU le 01/05/2012 à 13h57

J'avais pas vu  ! Mais mieux vaut deux fois qu'une ...

 

Commentaire n°2 posté par Michel Smith le 01/05/2012 à 14h07

t'avais bien vu je viens de le rajouter rien que pour le plaisir

Réponse de JACQUES BERTHOMEAU le 01/05/2012 à 14h09

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