Samedi 1 septembre 2012 6 01 /09 /Sep /2012 00:09

Même en vacances votre Taulier lit, lit même beaucoup, et quand il lit beaucoup il tombe, non pas de son lit, mais sur des sujets qui se mettent à tournicoter dans sa tête jusqu’à démanger ses vieux neurones, comme dit l’ami Jules le biotope corse les avivent, alors le soir à la veillée, avant d’aller au lit, il ne peut pas s’en empêcher et voilà qu’il rechute dans sa maladie chronique : donc il chronique.

 

Faut pas que j’abuse donc je vais faire au plus court : courrez acheter le dernier numéro du Courrier International N°1139 du 30 août au 5 septembre avec Barack Obama en couverture. Entre autres vous y trouverez un Spécial Vins Terroirs méconnus de l’ex-URSS. Excellent millésime ! Géorgie, Arménie, Moldavie sont au menu.

 photoMoldavie.JPG

 

La Moldavie pour moi fleure bon Tintin et le Sceptre d’Ottokar, la Syldavie même si historiquement Hergé aborde dans cet album  le récit d’un « Anschluss » raté des Bordures et qu’à sa sortie, en1939, il s’inscrit dans le contexte de trois annexions précédant laSeconde Guerre mondiale :l'Anschluss de l’Autriche en mars 1938, l’affaire desAllemamds des Sudètes en septembre 1938 et l’annexion de la Bohême-Moravie qui en découlera en mars 1939. Nous sommes donc loin de la Moldavie, ex-république de l’URSS, coincée entre l’Ukraine et la Roumanie qui a dit-on là-bas la forme d’une grappe de raisin.

 

« Un Moldave sur quatre » vit de la vigne et du vin, soit 250 000 personnes selon le quotidien Timpul et constitue la principale ressource du Trésor moldave. Ce n’est pas nouveau puisque « déjà au temps des Daces, le poète Ovide (43 av. J.C. – 17 apr. J.-C.) s’étonnait de la méthode locale de « solidification » du vin [les Daces congelaient le vin afin d’empêcher sa fermentation et le « mangeaient » pendant l’hiver]. Cas à soumettre au Comité Central des Vins Naturels pour qu’il statue sur ce procédé. Au XVIe siècle les princes moldaves avaient fait du vin leur premier produit d’exportation.

 

Par la suite l’Histoire n’a guère été favorable au vin puisque « peu après la création du poste, par le roi Etienne le Grand, de paharnic « celui qui tient le verre »grand échanson chargé de superviser le vin, la Moldavie est devenue vassale de l’Empire Ottoman qui interdisait la viticulture. Il a fallu attendre 1812 l’annexion par la Russie pour que celle-ci retrouve un nouvel essor. En effet « le Tsar, soucieux de faire plaisir à la noblesse russe, encourage fortement la plantation de cépages locaux – rara neagra, plaiva, galbena, zghiharda, batuta neagra, feteasca alba, feteasca neagra – et, par la suite, l’importation de cépages français. »

 

Depuis 1837, la région de Purcari jouit d’une renommée internationale et à l’époque constituait le plus vaste vignoble de l’empire. Au déclin d’un autre empire, celui des Soviets, « la loi sèche » de Gorbatchev pour lutter contre l’alcoolisme sera vécue comme un drame national puisque la Moldavie dut arracher les vignes et détruire les vins. De nos jours, le grand frère russe prend parfois la vigne en otage « Quand les relations sont au beau fixe » les exportations moldaves sont florissantes. « Quand rien ne va plus entre les deux pays, le vin moldave est déclaré « non-conformes aux règles sanitaires comme ce fut le cas en 2006-2007 »

 

Pour le présent « les vins moldaves sont partis à l’assaut du marché européen et mondial. Le negru et le purpuriu de Purcari, le blanc de Radacini font beaucoup parler d’eux. Les caves souterraines de Cricova et de Milesti Mici anciennes carrières de calcaires dont les tunnels ont été transformés dans les années 1950 en caves à la température et à l’hygrométrie parfaites, véritables villes qui s’étendant sur des centaines de kilomètres. »

 

Sur ce sujet Andreï Albu, blogueur primé par le jury du concours « Des blogs pour la Bessarabie www.andreialbu.com nous livre dans une chronique pleine d’humour son excursion privée dans les grandioses caves de Cricova où vieillissent quelques trésors du patrimoine vinicole mondial. « des milliers et des milliers de bouteilles, dont 2000 de la collection personnelle d’Hermann Göring, attribuée à l’URSS comme butin de guerre à la fin de la seconde guerre mondiale. »  La conclusion d’Andreï est savoureuse « J’ai donc vu les caves de Cricova et je les quitte avec la ferme conviction que, dans l’éventualité d’une guerre nucléaire (Dieu nous en garde !), au moins la moitié d la population moldave trouverait ici un abri antiatomique – et serait bien heureuse d’en profiter ! »

 

Y’a pas à dire les Soviets ça avait du bon, pas vrai Merluchon !

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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