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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 00:09

Enfant je fus doté par la nature d’une belle voix de soprane qui me valut de faire le soliste dans le chœur de ma chère école d’agriculture ND de la Forêt et, lors des mariages de monter sur un tabouret pour pousser la chansonnette. Même si ça peut surprendre ceux qui m’affublent d’un gros ego je détestais cette mise en avant. Je le faisais pour faire plaisir à ma sainte mère qui rêvait de me voir chanter la messe. Bref, mon répertoire fut aussi court que les idées de certains : en tout et pour tout deux chansons. Tout d’abord entre 5 et 7 ans à la volette puis ensuite jusqu’à ma mue qui me conféra une voix grave la complainte de mandrin. Ainsi se termina, à mon grand soulagement, ma carrière de chanteur de charme. Plus jamais je n’ai chanté en solo. mandrin-et-ses-ballots-de-tabacs.jpg  

Me prénommant Jacques, et comme dans le langage populaire une jacquerie désigne une révolte paysanne dans la période révolutionnaire la complainte de Mandrin, et ses paroles très explicites ne manquaient pas de sel dans une Vendée des années 50 encore dominée par le Clergé et la Noblesse terrienne. Je rappelle que l’origine de ce mot venait de la guerre des Jacques, dites Grande Jacquerie : soulèvement paysan survenu en 1358 dans les campagnes d'Île-de-France, de Picardie, de Champagne, d'Artois et de Normandie, lors de la Guerre de Cent Ans dans un contexte de crise politique, militaire et sociale. Ses deux causes principales : l'impopularité de la noblesse après la bataille de Poitiers (1356) et la misère des campagnes dévastées par les armées.

  

Bien des années après mon bref vedettariat de noces et de banquet j’ai entendu dans un bar du quai de la Fosse à Nantes link   un beuglant pour marins en goguette, Yves Montand chanter la complainte de Mandrin (c'était un disque bien sûr). Alors après une rude semaine de boulot, toujours mes histoires laitières, j’ai eu envie de vous faire partager, grâce à Montand, le seul tube de ma carrière de chanteur populaire, un poil révolutionnaire.

 

Encore un petit mot d’histoire sur Mandrin « Louis Mandrin, une sorte de robin des bois pour les uns, un bandit pour les autres qui, à la fin du XVIIIe siècle, organisait un réseau de contrebande au nez et à la barbe de la Ferme générale (collecteurs d'impôts indirects), l'institution la plus puissante et la plus impopulaire de l'Ancien régime. Véritable héros aux yeux du peuple, il lui permettait d'acquérir à bas prix des produits coûteux comme le sel ou le tabac, des marchandises rares ou prohibées. Pour les autorités, il était l'homme à abattre. Mais l'histoire de Mandrin est hautement plus passionnante encore...

 

Nous sommes en 1754. Louis Mandrin a 27 ans. Mandrin veut se venger des fermiers généraux qu'il tient pour responsables de sa ruine et de la pendaison de son frère Pierre. C'est à lui en tant que chef de famille, de laver ces affronts...

Mandrin identifie à ses propres intérêts les intérêts de ceux dont il est responsable. De même que sa faillite affecte tout le clan, la pendaison de Pierre, en jetant l'opprobre sur sa famille, l'atteint personnellement dans son honneur. Suivant cette logique, les « fautes » commises par quelques employés de la Ferme doivent être expiées par la compagnie toute entière. Au début de l'année 1754, Mandrin déclare la guerre à la puissante Ferme générale. La légende de Mandrin est en marche...

 

Plusieurs régiments royaux dont ceux de Fischer et de La Morlière furent mobilisés pour barrer la route à Mandrin, fin stratège et homme rusé qui échappa systématiquement à ses poursuivants. La suite ICI link

 

 Nous étions vingt ou trente

Brigands dans une bande,

Tous habillés de blanc

A la mode des, vous m'entendez,

Tous habillés de blanc

A la mode des marchands.

 

La première volerie

Que je fis dans ma vie,

C'est d'avoir goupillé

La bourse d'un, vous m'entendez,

C'est d'avoir goupillé

La bourse d'un curé.

 

J'entrai dedans sa chambre,

Mon Dieu, qu'elle était grande,

J'y trouvai mille écus,

Je mis la main, vous m'entendez,

J'y trouvai mille écus,

Je mis la main dessus.

 

J'entrai dedans une autre

Mon Dieu, qu'elle était haute,

De robes et de manteaux

J'en chargeai trois, vous m'entendez,

De robes et de manteaux

J'en chargeai trois chariots.

 

Je les portai pour vendre

A la foire de Hollande

J'les vendis bon marché

Ils m'avaient rien, vous m'entendez,

J'les vendis bon marché

Ils m'avaient rien coûté.

 

Ces messieurs de Grenoble

Avec leurs longues robes

Et leurs bonnets carrés

M'eurent bientôt, vous m'entendez,

Et leurs bonnets carrés

M'eurent bientôt jugé.

 

Ils m'ont jugé à pendre,

Que c'est dur à entendre

A pendre et étrangler

Sur la place du, vous m'entendez,

à pendre et étrangler

Sur la place du marché.

 

Monté sur la potence

Je regardai la France

Je vis mes compagnons

A l'ombre d'un, vous m'entendez,

Je vis mes compagnons

A l'ombre d'un buisson.

 

Compagnons de misère

Allez dire à ma mère

Qu'elle ne m'reverra plus

J' suis un enfant, vous m'entendez,

Qu'elle ne m'reverra plus

J'suis un enfant perdu.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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