Lundi 29 octobre 2012 1 29 /10 /Oct /2012 00:09

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La petite tempête médiatique soulevée par la revendication du patron, disons le Directeur-Général délégué du Groupe Marie-Claire, JP Lubot, de se faire régaler gratos, en compagnie de je ne sais qui, qui sera vite oubliée, rangée au rang des tempêtes dans un verre d’eau et la défense du susdit par Renaud Revel, élégant rédacteur en chef à l’Express et blogueur d’occasion, tout simplement titrée L’indécent lynchage du DG de Marie-Claire, m’inspire.


« Qui ne dit mot consent » alors afin de lever la suspicion du « tous pourris », des « copains et des coquins », corrupteurs et corrompus, quoi de plus simple de proposer que les restaurateurs adeptes de la méthode Pierre Jancou sortent de ce cloaque pour faire savoir aux cochons de payants ordinaires que les critiques glanées par eux dans la presse ou sur le Net, émanent de gens qui payent leurs additions.


C’est simple comme un engagement : « je certifie que chez moi tout le monde paye son addition… »


Puis-je parler d’un « engagement sur l’honneur » c’est si désuet ?


Oui, je tente afin de redonner des couleurs à ce mot bien galvaudé par « La presse française, (qui) dans sa totalité, publie chaque semaine qui passe et à longueur de colonnes, des kilomètres de reportages vantant des plages paradisiaques, des havres de paix et des circuits de rêve. Et tous ces séjours panoramiques nous sont vantés par des reporters de choc dument invités par des organismes ou des industriels du tourisme. » Dixit le sieur Revel.

 

Bien sûr, le label du taulier n’empêchera pas la dite presse « qui n’a plus les moyens d’envoyer des journalistes au-delà du périphérique parisien… » et qui « a institutionnalisé ce système. », toujours selon le Revel, de barboter dans le caniveau pour appâter les gogos. Tant pis pour eux me direz-vous ! Certes, mais nous les « petits blogueurs de merde » qui tentons de surnager dans cet océan de boue nous souhaitons vraiment ne pas voisiner avec ces ripoux de quatre sous « Il n’est pas une journaliste traitant de la joaillerie dans un grand magazine féminin qui s’imagine acheter un bijou dans une gamme de marques, dont elle a eu à traiter de l’actualité, à son prix réel. C’est ainsi. »


Du côté des critiques de toute condition ne serait-ce trop leur demander d’adhérer à ce type de label en abandonnant, pour certains me dit-on, leur tradition de pique-assiette et de visites accompagnées.


Ma proposition va être jugée bien naïve car elle touche à toute l’économie d’un système et que la frontière n’est pas facile à tracer lorsqu’il s’agit de voyages de presse ou de repas organisés autour de la dégustation des vins d’un propriétaire par exemple. Comme je n’ai pas l’âme d’un quelconque Saint-Just, rien ne me paraît plus simple que de dire à ses lecteurs les conditions dans lesquelles les uns et les autres nous pratiquons notre petite ouvrage. La confiance ça se mérite. Faire appel à l’intelligence de ceux qui nous lisent me semble le moindre des respects que nous leur devons.

 

Je n’aime pas beaucoup le concept de transparence mis à toutes  les sauces car il laisse accroire qu’il y a d’un côté les purs et de l’autres les coquins. Nous avons tous en nous une part d’ombre, nos secrets, nos défaillances, reste qu’il me semble qu’informer dans la clarté ceux qui nous font confiance n'est pas hors de portée : nous ne vivons pas d'amour et d'eau fraîche (surtout de la seconde). Les tricheurs sont légion, tôt ou tard, ou jamais parfois, ils se font rattraper par la patrouille : pas vrai Lance ! Bref, il me sera rétorqué que le respect de ces engagements est invérifiable donc que mon label sera un truc qui ne servira à rien.


À quoi bon, donc ?


N’étant pas aquaboniste je répondrai simplement : à mettre un peu d’élégance morale dans ce monde d’arrivistes. Corinne Maier vient de commettre chez Flammarion 16€ un opus « PETIT MANUEL DU PARFAIT ARRIVISTE » où elle déclare que nous vivons dans un monde où prospèrent imposteurs, sérial-menteurs, et autre professionnel de la langue de bois.  Le faux règne en maître et comme la mauvaise monnaie chasse la bonne, les gens de peu désespèrent. Comme je les comprends. L’élite de l’apparence brocardée par Olivier Bardolle dans son livre link ne suscite qu’au mieux du mépris, au pire de l’envie.


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Votre Taulier n’a nulle envie, lui, de jouer les supplétifs, le passeur de plats à cette engeance, alors tout en sachant qu’il pisse dans un violon, que sa proposition va tomber dans les abysses du Net, ça lui fait du bien de donner de l’urticaire à celles et ceux qui barbotent dans ce monde de toc et de paraître.


N’ayant aucun talent de graphiste, ni en quoi que ce soit d’ailleurs sauf peut-être la peinture en bâtiment, à la chaux et aux pigments, je délègue au Sieurs Pousson et des Ligneris le soin de concocter l’image de ce nouveau label,  simple et de bon goût bien sûr, tout le contraire de ce dont raffolent les parvenus cible privilégiée de cette presse qui est, nous dit-on, bien malade : l’empire Hersant est à l’encan et la chasse au Google est ouverte. Sachez aussi qu’il est possible de se payer les services d’une Agence pour poster des faux commentaires sur le Net : on n’arrête pas le progrès. Comment des entreprises françaises fabriquent et vendent de faux avis sur le Net link 

 

« En attendant, les internautes qui douteraient désormais un peu plus de la fiabilité des avis peuvent toujours se raccrocher au conseil donné au XIXème siècle par Oscar Wilde : « Quand les gens sont de mon avis, j’ai toujours le sentiment de m’être trompé ». conclut Geoffrey Le Guilcher l’auteur de l’article dans les Inroks.

 

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© Vincent Pousson le grapheur qui graphe plus vite que son ombre

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Commentaires

Comme j'ai pas le moyens de me payer une agence, je vais faire ce commentaire moi-meme (j'ai meme pas les moyens d'avoir un clavier avec les accents!).

Je pond quelques commentaires de degustation pour un modeste club d'oenophiles. J'y signale toujours quand un vin a ete offert par le vigneron. (Nous  ne sollicitons jamais de cadeaux/ echantillons mais nous avons parfois le plaisir de recevoir quelques bouteilles-cadeau lors de nos achats).

L'idee du Taulier pour les restos devrait etre etendue a la presse du vin: il est simple de signaler a l'issue de tout commentaire comment les bouteilles sont arrivees (regroupement du syndicat d'appellation, demande d'echantillon, vin achete dans le commerce, envoi spontane du vigneron ou de son service de presse,...). Herve Lalau va me parler de ses contraintes editoriales, mais le Rouge & le Blanc y arrive...et meme In Vino Veritas parfois. Y plus qua rendre ca systematique!

Commentaire n°1 posté par Denis Boireau le 29/10/2012 à 17h02

OK, ok Denis... On va tâcher de s'y mettre puisqu'il faut de la transparence. Cela fera quelques lignes en plus (et en moins sur le vin) et de nouvelles habitudes à prendre. Mais je me demande si cela changera vraiment dans la perception qu'auront nos Lecteurs de nos articles qunt à savoir si le vin dont on cause nous a été offert ou acheté de nos propres sous. En effet, si nous voulions nous constituer une cave gratos avec les bouteilles reçues, ouvertes et goûtées (rarement bues, sauf pour les alcooliques), puis bouchées et rangées nous n'aurions qu'une cave de vinaigre.

Commentaire n°2 posté par Michel Smith le 30/10/2012 à 08h32

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