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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 08:22

Suite à ma chronique du jour j'ai reçu ce texte de Michel Bedouet vigneron au Pallet en Muscadet.

 

 

«Si aujourd’hui vous êtes viticulteur en muscadet, si vous aimez être dans vos vignes et que vous n’avez pas développé votre propre réseau commercial en comptant sur le modèle producteur, courtier, négoce, à court terme vous êtes morts professionnellement.

 

Si vous êtes vigneron en muscadet, que vos parents ont eu la fibre commerciale, que votre tempérament et votre formation vous poussent  vers la vente directe et le commerce au sens large, vous êtes sans doute mieux armés pour faire vivre votre entreprise.

 

Si en même temps vous vous réjouissez du malheur de ceux qui doivent cesser leur métier en pensant que moins il y aura de producteurs, plus ceux qui resteront prospérerons, vous vous tirez une balle dans le pied, ou pour ceux qui jouent au foot, vous mettez un but contre votre camp.

 

Bien sûr qu’un certain nombre d’exploitations ne sont et ne seront plus viables et que des entreprises qui arrêtent il en existe tous les jours et  dans toutes les professions, mais ce n’est pas une raison pour ajouter l’humiliation à l’échec.

Nous devons au contraire faire preuve de solidarité pour faire en sorte que ceux qui arrêtent ne se dévalorisent pas et puissent ainsi retrouver confiance en eux  et un travail valorisant.

 

Si vous êtes courtier en muscadet, vous devez faire évoluer votre métier de « porteur d’échantillons » vers celui de technico- commercial spécialisé en vins.

Vous savez où sont les producteurs intelligents et sérieux qui sont capables de produire des vins de qualité adaptés aux différents  marchés, qui ne se sentent pas commerçants dans l’âme, mais qui ne demandent qu’à évoluer techniquement.

Vendez ce savoir faire aux différents opérateurs commerciaux de France et d’ailleurs !

 

Si vous êtes un négociant « historique » en muscadet, soyez conscient que votre relative petite taille et votre proximité avec le vignoble vous rapprochent plus des vignerons que des mégas structures internationales et continuez à croire en vous en construisant une filière de partenariat avec des producteurs motivés.

 

Si vous êtes un industriel du vin en muscadet, il est normal que votre priorité soit la rentabilité de votre entreprise par des marques fortes qui vous distinguent des autres et vous renforcent sur les gros comptes et au niveau international.

Sachez que le muscadet n’est pas une marque, mais un vignoble d’appellations au pluriel.

Occupez vous donc du marché mondial des vins blancs indépendamment de celui des différents muscadets et si vous ne voulez pas mettre en avant les vins de la région, créez des petites structures pour le faire ou investissez auprès de vignerons qui sauront innover.

 

Osons 2011 ! »

 

 

Michel BEDOUET                                                                                   

 

Le 10.01.2011

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

laurentg 03/02/2011 12:23



Pour ceux que cela intéresse, nous avons tenté d'y voir un peu clair en goûtant 70 muscadets récemment. On pourra lire quelques réflexions ici :


http://www.degustateurs.com/forum/forum_posts.asp?TID=19177&KW=philippe+ricard


 



Luc Charlier 02/02/2011 20:36



Ouf, Iris, je ne me suis donc pas trompé. Il faut faire très attention avec les contributions à un blog. On essaie de faire concis
(si, si, même moi), on évite les périphrases et hop, un malentendu s’installe. Cela étant dit, les « profiteurs » qui vivent en fait « sur le dos » des vignerons sont
innombrables. Mais c’est ainsi dans tous les métiers.


Je suis allé prendre un lunch dans un magnifique (cadre) restaurant de la région lyonnaise où je n’avais pas remis les pieds depuis
plus de 10 ans (finances obligent). En sortant, on avait cassé l’antenne de mon vieux pick-up cabossé et, pire encore, un essuie-glace. Bon, pas trop grave, je ne suis pas un obsédé de la
bagnole. Mais il y avait des dizaines de jolies berlines  autour. Pourquoi moi (plaque minéralogique 66) ? Ce n’est pas cela qui m’a dérangé. Par
contre, en rentrant, je suis allé voir leur site web : c’est Julien Lepers qui fait leur pub !!!!!! Les royalties de « Pour le Plaisir » ne lui suffisent plus, il faut qu’il
aille aussi grapiller chez les restaurateurs son « pognon pour un champion ».


 



Iris 02/02/2011 17:02



Je ne vierns de voire aujourd'hui, à quel point deux lecteurs différents, ont pu avoir une lecturte diamétralement opposée de mon propos dans le commentaire plus haut...


Je suis surprise,  même en me relisant, Monsieur Salmona, comment vous êtes arrivé à lire dans mes phrases autre chose, qu'un cri de desespoir. Un cri,  justement  occasionné par
un moment de clairvoyance, de la situation assez déprimante, dans laquelle on se trouve, quand, comme moi, petit producteur situé dans "une région, qui n'a pas sorti le cul des ronces", se voit
en plus affronté à toute la liste des mètiers/skills/exigences, cités dans les deux billets, auquels nous réagissons ici.


Si mes propos vous semblent violents, je le regrette, mon style penche d'habitude plutôt vers l'ironie, si bien constaté par Luc Charlier. Mais il est plus habitué que vous  à mes
commentaires sur de sujets, qui nous ont pu faire réagir tous les deux dans le passé...


Et Luc, vous n'avez peut-être pas tord, d'avoir décelé aussi un brin de cynisme dans mes propos....


C'est vrai, que le constat, qu'il y a tout un monde, qui gravite de plus en plus nombreux autour des vignerons, sans jamais courir le risque, de s'enfoncer une épine de ronce dans la main, 
avant de toucher le clavier, m'herisse parfois les poils. Je comprends bien, que cela crée des emploies (qui ont justement disparus trop nombreux dans la vigne), cela demande encore une fois des
moyens financiers, qu'il faudra d'abord avoir dégagés...


Qu'il y a certains de ces nouveau bloguers/communicateurs vin, qui ont eu un gèste de solidarité envers un des confrères, qui parlait publiquement de ses problèmes, m'a donc plutôt touché et un
peu réconcilié (et j'ai fait de mon mieux, pour relayer le "buzz" sur les réseaux). Que ce genre d'actions ne sont que symboliques et ne resoudent pas le problème de base des trop nombreux
vignerons, n'enlève rien au gèste. Et je ne crois pas, d'avoir dit le contraire ici ou ailleurs...


 



Florie 01/02/2011 22:26



Je ne pense pas que le propos de ce vigneron était qu'on le plaigne mais plutôt que nous réagissions à une situation qui pourrait s'appliquer dans d'autres vignobles de France. 


Le "petit vigneron" est parfaitement capable de faire front à tous les métiers qui sont rassemblés dans celui de vigneron indépendant, mais dans notre économie de marché, il faut aussi que ses
confrères comprennent la gravité de la situation. Ils doivent agir ensemble et non pas chacun de leur côté. Il existe encore en Muscadet des gens qui ne se rendent pas compte du pétrin dans
lequel ils sont!


Merci à Mr Berthomeau pour avoir soulevé ce débat.



Luc Charlier 01/02/2011 20:45



Intéressants, le commentaire d’Iris et la réaction de Salmona.


On voit toujours midi à sa porte. Moi, j’avais compris qu’Iris – germanophone si j’ai bon souvenir - résumait de manière ironique les
arguments présentés et disait, en substance: donc, si on n’est pas capable de faire tout cela, on n’a qu’à aller se rhabiller. Je suis un de ceux qui risquent de prendre le chemin du vestiaire
mais je ne me résigne PAS. Parmi tous les métiers du vigneron, il n’y vraiment que celui de VRP que je fais très mal (Zoli tapi, monzami ?). Et ce n’est pas une surprise. Donc, si Iris manie
l’ironie, elle ne choque plus Salmona. Si elle ne la manie pas – et alors j’ai mal compris – elle énonce avec cynisme une vérité implacable : il faut donner à manger à tous ceux qui tournent
autour du vignoble sans réellement y mettre la main ... ou raccrocher. Et elle a le droit de le dire. C’est bien vu même si c’est peu charitable. Je retiens la leçon. Et cela semblerait indiquer,
alors, qu’elle en tout cas a su/pu le faire.


Les voies du marché sont semi-pénétrables !



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