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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 00:09

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Je l’ai assez seriné : je suis allergique aux appariements obligés mais je dois avouer que je fus fort troublé l’autre jour à un déjeuner lorsqu’un vin a décidé de s’apparier à la couleur de mon écharpe et de mon pull du jour. Là, je sens que vous allez m’accuser de grand n’importe quoi et vous n’auriez pas tort si vous vous contentiez d’interrompre à ce stade la lecture de cette chronique.

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Oui, je sais j’insupporte les minimalistes black-white avec mes pulls aux couleurs pétantes et mes cheches assortis. Y fait tout pour se faire remarquer le taulier. Non c’est faux j’aime les couleurs et je les apparie avec mon humeur du jour. Se vêtir c’est choisir sa peau du matin, on peut même en changer au cours de la journée, alors je ne vois pas au nom de quoi je devrais me fondre dans le gris majoritaire de la muraille. Pour autant j’adore la chaleur d’un beau gris flanelle. Nulle provocation, aucune agression, j’assume mes choix. Ça toujours été ainsi, en mai 81 alors que la vague rose déferlait sur la France, que certains croyaient déjà entendre le bruit des chenilles des chars sur les pavés de la Concorde, j’arborais dans les travées du palais Bourbon un nœud papillon sur des chemises anglaises à carreaux. De même lors d’un Vinisud post-rapport mon pull fuchsia mit mes amis de « Sans Interdit » en joie tout en faisant l’effet de raisins verts sur mes plus ardents détracteurs. Jamais je n’affiche ainsi ma couleur puisque je suis un caméléon.

 

Apparier c’est Assortir par paires, par couples, joindre des choses qui se conviennent, qui sont faites pour aller ensemble. Apparier des chevaux de trait, des bœufs. Apparier ses chaussettes. Accoupler le mâle avec la femelle de certains oiseaux.

 

Plan de la situation : je me rends à une invitation, via Magali Touratier, qui est une AP qui ne vous prend pas la tête, à un déjeuner de presse, au Royal Montceau, pour une présentation des Vins d’Alsace de Paul&Philippe Zinck. www.zinck.fr  Sur place la tablée est 100% féminine, ça dézingue dur sur les mœurs de la place de Paris. Moi, comme je rentrais de Montpellier – levé très tôt – où j’avais prêché à Vino Latino et joué une troisième mi-temps fameuse, mon radar tournait dans ce nid de guêpes et me protégeait des piqures. Nos hôtes, Pascale et Philippe Zinck, un jeune couple discret et délicieux, tentait d’en placer une, Philippe surtout. Il le fit avec une tranquille assurance, le sourire et une conviction dépourvue d’ostentation.

 

Le millésime 2011 est le premier 100% bio du domaine Zinck. «  Toutes nos vignes sont aujourd’hui cultivées en bio… nous explique Philippe… Du côté des performances obtenues en biodynamie, elles ont été très convaincantes tant du point de vue du comportement de la vigne que du résultat qualitatif sur le vin. Les vins semblent exprimer plus d’authenticité et de minéralité… Il ajoute que travailler en biodynamie… implique un travail précis et très structuré. Une mauvaise gestion de la vigne en culture biodynamique serait fortement préjudiciable. » Que voilà un garçon sage et intelligent qui n’entre pas en religion mais, pas à pas, adapte son travail de vigneron à ses observations. Bref, il me plaît bien ce Philippe Zinck !

 

Les dames bourdonnaient alors que d’autres ne s’étaient même pas donnée la peine de s’excuser (c’est ainsi à Paris, la politesse ne fait pas parti du logiciel de certaines ou de certains. Tout leur est dû).  Par bonheur, nous étions doté d’un garçon compétent, qui avait apparié les vins Zinck avec le miam élaboré par le chef Laurent André, Manuel Peyrondet Meilleur Sommelier de France 2008 et MOF Sommellerie 2011. Le rêve pour le Taulier : il ne lui restait qu’à écouter et bien sûr à manger et déguster. Ce qu’il fit, en plaçant de temps à autres quelques saillies de son cru afin de montrer à l’essaim que sa verve légendaire restait vive. Voici la transcription des notes de dégustation de Manuel Peyrondet sur ce que nous bûmes au cours de ce déjeuner.

 

Apéritif : Pinot Blanc Terroir 2010 Alsace 7,50€

 

Robe : très lumineuse, d’un ton jaune pâle, et brillante ;

Nez : séduisant et équilibré. Nez franc, pur et salin sur des notes d’agrumes confits, de mirabelle et de poire juteuse.

Bouche : attaque en demi-corps d’une grande fraîcheur. Tension acidulée avec des notes d’écorce de pamplemousse.

Finale : belle finale saline, persistance minérale aromatique.

 

Tartare de veau morilles à l’étuvée, oignons confits, pistou d’herbes, glace à l’huile d’olive extra-vierge, baba au thym comme une bruschetta

Pinot Gris Terroir 2010 Alsace 10€

 

Robe : ton jaune paille aux reflets brillants

Nez : franc avec beaucoup de relief et une grande pureté. S’ouvre sur des touches de fruits du verger, d’écorce d’agrumes avec une note saline. Se développe ensuite sur des touches de poivre blanc, de fleurs blanches et des notes de céréales.

Bouche : belle vivacité sur des notes de poivre blanc, de fleurs blanches et des notes de céréales.

Finale : légère et digeste au gré d’une finale saline et acidulée.

 

Le Saint-Pierre en filet brodé d’épices nacré au sautoir Epeautre onctueux, légumes d’un tajine

Gewurztraminer Grand Cru Goldert 2009 15€

 

Robe : brillante et limpide de ton jaune doré aux reflets d’or

Nez : intenses notes de rose et de loukoum. L’aération livre des touches de pêches et de poires pochées rejointes par un végétal fin nuancée des notes exotiques de mangue.

Bouche : attaque en douceur avec un velouté suave. Le cépage s’exprime pleinement avec la rose, une pointe de menthol et de sous-bois et évolue au gré d’une acidité fine et une note intense de bergamote.

Finale : belle persistance sur des notes de rose ancienne.

 

Minestrone de fraise par Pierre Hermé sorbet citron vert, à la vanille et basilic grand vert   

Crémant Brut rosé  cépage Pinot Noir 10€    .

 

Robe : robe saumonée pâle aux reflets argentés. L’effervescence riche au service s’affine dans le verre.

Nez : puissant et intense, il délivre des arômes de fruits à noyaux, de groseille et d’écorce d’orange. L’aération propose ensuite une pointe mentholée qui rafraîchit l’ensemble.

Bouche : tempérament vineux, trame ouatée onctueuse et des notes gourmandes de cerise à l’eau-de-vie.

Finale : chaleureuse rejointe par des notes mentholées et d’agrumes.     

 

J’entends déjà pleuvoir les critiques : si c’est pour retranscrire les notes de Manuel Peyrondet franchement ce n’est pas la peine d’aller au déjeuner-dégustation ! Je veux bien vous l’accorder mais je trouve que vous êtes injuste avec moi car j’aurais pu broder sur les notes de MP, faire comme-ci c’était bibi qui les avait écrites. Et bien non, je vous fais bénéficier gratuitement de ces notes et sans y mettre mon grain de sel. Je suis ici un strict véhicule et, sans être mauvaise langue comme mes douces consœurs d’occasion, je pense que ce genre de sport doit se pratiquer allégrement.

 

Mais, en rester là serait discourtois à l’égard de mes hôtes. En effet, je me dois de dire, à ma manière, que j’ai beaucoup apprécié le Pinot Blanc Terroir 2010 qui, en apéritif est d’une belle élégance simple et rafraîchissante. Mais ce qui m’a le plus plu c’est le Gewurztraminer Grand Cru Goldert 2009 qui, sur le filet de saint-Pierre, était d’une belle tenue et se mariait excellemment. Enfin, et c’est sous ma plume c’est un réel compliment : les plats, en dépit de leur nom à rallonge, amenaient une belle satiété et les vins choisis ne provoquèrent aucune fausse note à ce plaisir, bien au contraire ils tinrent leur rang d’accompagnateur et surtout, de ce doit d’être un vin au cours d’un bon repas, un exhausteur de goût qui redonne à la bouche l’envie du solide, comme une belle alternance roborative. Reste un point capital, les vins du Domaine Zinck sont très abordables.

 

Comme je suis d’une futilité exaspérante je souligne que je trouve les étiquettes des vins du domaine Zinck très belles, très fraîches, juvéniles et élégantes comme le couple Pascale et Philippe Zinck. Merci à eux, je leur souhaite de continuer de tracer leur route ainsi, simplement, avec leur tranquille assurance. Pour la chute de cette chronique j’ai bien sûr gardé l’accord Vin du domaine Zinck avec l’écharpe et le pull du Taulier : il s’agit d’un Crémant Brut Blanc cépage Pinot Noir, Chardonnay, Pinot Blanc. 9€.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

franzy 04/05/2012 14:36


très belle bouteille ! merci pour ces superbes présentations !!

tiuscha 03/05/2012 09:35


je rejoins dans la futilité, étiquette très belle ! j'aurais aimé participer à cette présentation pour les vins mais aussi pour les accords, apparemment convainants.

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