Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 00:09

photo651.jpg

 

Il est un peuple engloutit, le peuple des berges,  celui de la cloche qui, en argot, est le ciel. « Sont clochards tous ceux qui n’ont que le ciel pour toit » écrivait Robert Giraud « envoyé spécial au royaume de la nuit ». De 1947 à 1950 il partage l’existence des gueux mais « Je n’ai jamais été clochard au vrai sens du mot, parce que j’ai toujours eu un domicile. » précise-t-il. Mais il est des leurs. Il connaît « les hauts lieux du monde guenilleux » où « le taulier fait office de banquier »


9782842637507.jpg

 

Si ce matin je vous propose un très beau texte de Giraud extrait de son livre « Le peuple des berges » publié  par le Dilettante 12€ c’est 2  ouvrages récents viennent « renouveler la connaissance à la fois géographique, urbanistique et sociologique de la capitale française, soumise depuis plus d'une décennie à un mouvement actif de «gentrification» et de fuite des classes moyennes et populaires au-delà du périphérique. »


-         Paris sans le peuple. La gentrification de la capitale Anne Clerval ;


-         Paris bourgeoise, Paris Bohème. La ruée vers l'Est Sophie Corbillé.


Je vais me coller à leur lecture pour dépasser les clichés, trop vite acceptés par le sens commun, comme la catégorie sociale des «bourgeois-bohèmes» (ou «bobos»), omniprésente dans les médias. La nouvelle «urban gentry», ces membres de la classe moyenne regroupant essentiellement des cadres, professions intellectuelles et acteurs de la culture et des médias qui, contrairement à leurs prédécesseurs, préfèrent le centre-ville à la banlieue.» qui ont colonisés les arrondissements de l'est parisien (Faubourg Saint-Antoine, Belleville, Ménilmontant, quartier Sainte-Marthe...).


Vous allez me dire que vous n’en avez rien à péter de cette « urban gentry » sauf qu’elle représente l’un des plus beaux potentiels de développement de la consommation de vin et qu’au lieu de bêler seulement contre la loi Evin, dont ils ont rien à péter d’ailleurs, les cultiver sans les caricaturer relève du minimum syndical de l’intelligence économique.


 

« Le clochard parisien a deux amours : le vin rouge et la Seine. Pour le vin rouge, il consent à faire le minimum d’efforts compatibles avec sa dignité de chômeur perpétuel. Quant au fleuve, pour le réfractaire qu’est le clodo, il a valeur de symbole. Malgré le corset de pierre de ses quais, malgré les barrages, il coule, se faufile, fuit, tenace et silencieux, vers la liberté. C’est en  regardant l’eau et en buvant le vin que le clochard est heureux. Son havre de paix, sa terre promise, c’est le quai.


À la fois rue et chantier, le quai offre toutes les ressources que l’une et l’autre procurent à qui veut et sait se défendre ». Et puis le quai est partout : on le trouve à Choisy, à Ivry et à Nanterre où il a rendez-vous avec les terrains vagues chers aux guenilleux ; la Maub’ et les Halles sont  des voisins ; bistrots, « vins et charbons », épiceries-buvettes, tous les relais de la soif du clochard jalonnent solidement la route du fleuve. Enfin, le quai est le royaume de la nuit. Nulle part ailleurs le vagabond ne trouve autant de zones d’ombre. Quand les brumes crépusculaires chassent les travailleurs, la Seine appartient au  peuple des berges, monde du silence où se retrouvent toutes les épaves : les déçus et leurs rêves avortés ; les déchus et leur poids de misère. Ils errent, solitaires, en quête de l’impossible aventure, croisent, indifférents, les rôdeurs  du fleuve : « les fleurs de Seine », les fraîches et les fanées ; les voleurs et les braconniers, tous ceux qui vivent dans l’ombre, la nuit et le mystère… »

 

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article

commentaires

Aredius 03/01/2014 10:14


Et la francisation du Japon !


http://lefenetrou.blogspot.fr/2014/01/vous-reprendrez-bien-un-verre-de-sainte.html

Roger Feuilly 03/01/2014 00:25


J'ai connu Bob alors qu'il était au comptoir de Robert Tricoche aux Négociants repris par les Navier (en place depuis trente ans), Paris 18e. Un sacré personnage,  lorsqu'un quidam lui
demandait s'il pouvait lui parler, il répondait : "Non, vous ne voyez pas que j'bois !". Très bonne illustration de la conquête de l'Est parisien, l'ouverture récente du Bistrot Bellet, rue du
Faubourg Saint-Denis (ouvert au dîner seulement), qui fait un tabac (lire le papier sur mon blog). Bon appétit et... large soif !

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents