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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:34

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Les temps sont durs pour les fabricants de minerai international. Dans Libé Constantin Sollogoub, ancien vétérinaire libéral, « enrôlé par l’Etat pour faire des inspections dans sa région (Nevers) » raconte :


« Quand le minerai est haché il devient un magma prêt à entrer dans les plats préparés. On ne peut plus savoir ce que c’est qu’avec des tests poussés. La mixture peut également contenir de l’âne et du mulet, personne ne s’en rendra compte. Celui qui a haché le minerai et qui a réalisé le mélange entre le bœuf et le cheval est celui qui a arnaqué. Les autres se sont fait avoir. »


     « Ce sont des bouts de machin, de gras notamment. En fait, c’est catégoriquement de la merde. Il y a 40 ans, cette matière allait à l’équarrissage pour être brûlée. Les industriels n’osaient même pas en faire de la bouffe pour chat.


    Là-dessus, nos grandes maisons auréolées de luxe et de qualité, comme Picard, ont décidé que c’était du gâchis... Avec les progrès de la chimie additionnelle, c’est devenu possible d’en faire quelque chose. C’est presque bon à manger, ça a bonne allure. Ces morceaux sont donc ramassés, mis en bloc et congelés et ils se baladent à droite et à gauche. »


Roumanie-chevaux-C-Reuters--469x239.jpgLes charrettes côtoient souvent des voitures de luxe en Roumanie. Lors d’accrochages, le cheval mortellement blessé disparaît avant même l’arrivée des secours. Il est consommé immédiatement ou revendu. (REUTERS/Bogdan Cristel)

 

Alors pour me consoler je lis Vialatte en savourant mon tartare pur bœuf !


Dans sa chronique du 29 décembre 1953 Vialatte ironise sur le Manuel d’Hippologie de 1900, ou 1890.

 

« Il est bref, mais il est complet. Il est approuvé du ministre, et destiné je crois au « gradé d’infanterie ». Il est même si complet, si logique, si humain si je puis m’exprimer ainsi, et si scientifique en même temps, qu’il décrit le cheval dès le début : il faut savoir de quoi l’on parle. Et à qui. Car on doit toujours s’adresser au plus ignorant : il y a des paysans qui n’ont jamais rien vu, des éleveurs de village, des palefreniers de province, des gardians du fond de la Camargue, qui n’ont jamais quitté leur écurie natale. Ils n’ont pas fréquentés les cirques, les champs de course et les actualités cinématographiques. Dieu sait ce qu’ils s’imaginent sous le nom de cheval ! Il est très beau de parler de cheval ; mais qu’est-ce-que le cheval ? Bref, de quoi s’agit-il ? comme disait le maréchal Foch d’après ses plus savants biographes. Le Manuel d’hippologie, du premier coup, vous guérit de ce doute angoissant : « Le cheval, dit-il sobrement, est un composé de parties dures, de parties molles, et de parties mi-dures mi-molles », entre les deux. Cette description, approuvée du ministre, brosse du cheval un tableau de genre qui le distingue nettement de l’épingle à nourrice, mais le rapproche de façon troublante de ma grand-mère et de Vincent Auriol. Elle l’établit, en revanche, dans la science, elle le fonde en dignité. Bon au cocher de fouetter un canasson, au jockey de monter un bourrin ; le « gradé d’infanterie » chevauche un mammifère scientifique, un équidé ministériel, un cheval signé par les bureaux, confirmé par le règlement et préconisé par l’armée, un composé de parties dures, de parties molles et de parties mi-dures, mi-molles, à la fois dures, à la fois molles, ni dures ni molles en quelque sorte, mais les deux en même temps, qui ont je ne sais quoi de plus élastique que l’idée préconçue qu’on pourrait s’en former et qui font de lui le quadrupède le plus entrelardé du monde.


Car il est bien de supposer les choses connues, mais quand on les décrit c’est plus réconfortant. »


Dans sa chronique du 19 décembre 1961 : Suivez le bœuf il écrivait :


« J’ai pourtant trouver dans le brouillard, bien loin de Paris, deux formes grises : un paysan qui suivait le bœuf ; comme on le conseille aujourd’hui dans les boucheries. Il allait très lentement. À Paris, au contraire, pour suivre le bœuf il faut aller très vite. C’est un sport réservé à des gens entraînés. Ce paysan suivait donc le bœuf et on ne sait où ça les mènera. Probablement à la boucherie […]


Il concluait :


« C’est en suivant le bœuf et l’âne qu’il peut se trouver au chevet d’un enfant qui lui expliquera il y a longtemps que l’homme n’a de chance de trouver la paix qu’au fond de lui-même.

 

Et encore… ajouteront tous les hommes d’expérience.

 

Et c’est ainsi qu’Allah est grand. »

 


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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