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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 09:30

La Chine s’est éveillée et, la célèbre formule de Deng Xiaoping « Peu importe qu'un chat soit blanc ou noir, s'il attrape la souris, c'est un bon chat » (« 不管黑猫白猫,捉到老鼠就是好猫。 »), il l’applique lorsqu’il prend les rênes du pouvoir avec ses plus proches collaborateurs. Suivant les recommandations de Zhou Enlai, Deng ambitionne de faire avancer les « Quatre modernisations » (industrie et commerce, éducation, organisation militaire et agriculture) et met en place un plan ambitieux pour ouvrir et libéraliser l'économie chinoise.

Mais qui connaît la Chine, son histoire millénaire, ses traditions, sa culture, sa géographie, pas grand monde, même ceux qui s’y précipitent pour fourguer leurs vins. C’est la ruée, les retours de bâton seront douloureux si notre implantation dans ce grand pays ne se fait que sur la base de nos conceptions occidentales. En Chine il faut s’inscrire dans la durée, labourer profond, ne pas céder à la facilité. L’émergence d’une classe moyenne urbaine aisée va changer la donne sociale et politique et impacter le niveau de la consommation. Comparaison n’est pas raison mais la Chine comme les grands émergents vont se vautrer de plus en plus à grande échelle dans la société de consommation. En serons-nous ? Nous donnons-nous les moyens d’en être ?

Je n’en suis pas sûr et je persiste à dire et à écrire qu’il nous faut cesser de nous regarder le nombril et à nous vivre comme le centre du monde de la planète vin. Nous sommes un vieux pays de vin, de bien manger et nous nous devons de cultiver les adhérences avec ce qui nous rapproche de la grande Chine.

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Ainsi la lecture de cha jiu lun «Dialogue du Thé et du vin» de Wang Fu devrait être une ardente obligation pour tous les petits jeunes gens que l’on envoie se balader en Chine au frais de la princesse CVO interprofessionnelle. Ça vaudrait mieux pour l’efficacité que de passer leur temps à envoyer à leurs potes des Twitter en anglais de cuisine.

Qu’est-ce donc que ce « dialogue du Thé et du vin » de Wang Fu ?

« Sous la dynastie Tang, à la fin de laquelle ce manuscrit a vu le jour, du fait de la croissance exponentielle des échanges entre la Chine du Sud et celle du Nord, le thé avait pris un essor considérable sur tout le territoire et était en passe de concurrencer le vin – entendons par là les  alcools fermentés considérés comme des produits nobles. » C’est une fable bien sûr, pleine de verve satirique où Wang Fu  met en scène les deux breuvages rivaux bouffis d’orgueil qui mettent en avant leurs lettres de noblesse et se gaussent de leurs avantages respectifs.

Yu Hui Tseng l’amateur de thé souligne dans son avant-propos « si l’univers du thé chinois était méconnu en Europe, je dois reconnaître à mon tour l’ignorance qui était la mienne en matière de vin. Et c’est justement parmi les connaisseurs de vin que j’ai rencontré l’accueil le plus chaleureux… et que je me suis familiarisé avec lui. »

Gilles Delanoi l’amateur de vin surenchérit « Le vieux dialogue chinois du thé et du vin que l’on va lire a repris une actualité mondiale. Thé et vin ne sont plus deux mondes à part. L’ignorance réciproque a cessé. La découverte de l’un et l’autre, de l’un par l’autre, se fait en parallèle entre l’Orient et l’Occident. L’échange est désormais possible, probable et agréable. »

Voilà, si vous voulez entrer dans cet échange il ne vous reste plus qu’à faire l’acquisition de « Dialogue du Thé et du Vin » de Wang Fu chez Berg International www.berg-international.fr 6€.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Michel Smith 29/03/2013 11:07


à lire aussi pendant qu'on y est, les tribulations chinoises d'Hervé Bizeul, sur son blog....

Norbert Buchonnet 29/03/2013 10:12


Merci le Taulier pour cette belle parenthèse. Le thé a son histoire, ses rituels, ses nuances, une richesse de subtilités à qui le vin peut lui être comparé.


Je n'ai pas encore lu ce livret et il convient de le resituer dans son histoire comme vous le notez. Le vin, en Chine, encore à l'heure actuelle est une boisson fermentée. Vin coupé d'eau, alcool
fort, tous font partie, à mon humble connaissance, de ce que les Chinois appellent vin. On voit à la Cité Interdite des bols dont les empereurs se servaient alors même que le vin au sens où nous
l'entendons n'était encore pas produit en Chine. D'ailleurs avez vu déjà vu un Chinois amateur de mets ou de boissons acides? C'est bien ce qui poussent nombre d'entre eux à y ajouter the
american touch of coke or pepsi.


Mais tout ça nous éloigne de notre sujet. Je me souviens d'une rencontre avec un amateur de thé que mon traducteur m'avais présenté au fin fond du Hebei. Ses descriptions, sa passion du thé me
revenait comme celle que j'aime à donner en parlant des vins. "Humez ces feuilles!" L'eau versée dans les verres, de longs rubans verts sombres s'étiraient à la verticale. Arômes subtils
d'herbes sèches, de fleurs coupées, de tendres nuances, le vocabulaire me manquait, mais pas la subtilité du goût.


Bon mais je m'égare, je retourne à mes tonneaux. Et je suis sûr qu'un jour le Taulier nous parlera du chocolat ... crus, maturité, fermentation, ça ne vous rappelle pas quelque chose?

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