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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 00:09

Rassurez-vous Philippe Val ne m’a pas demandé de remplacer Stéphane Guillon pour chroniquer lors de la matinale de France Inter mais, samedi prochain, 10 juillet, le « dégustateur imposteur » que je suis est invité à l’émission « On va déguster » (10h-11h) sur France Inter www.sites.radiofrance.fr/franceinter. Si vous avez quelques minutes à distraire vous pouvez allumer votre transistor ou votre poste à galènes, j’essaierai d’être un bon ambassadeur du Vin au cours de cette petite heure d’émission qui lui est dédié sur la base d’un numéro spécial d’été du magasine L’Expansion « Le buiseness du vin »  http://www.lexpansion.com/imgs/sommaire/sommaire754.pdf . Après cette page d’autopromotion passons aux choses sérieuses.

 

C’est parti mon kiki le bio quitte ses petits marchés, ses sandales de moine et ses prophètes barbus pour entrer de plain-pied dans les temples aseptisés de la Consommation Populaire. « C’est un nouvel eldorado, avec une croissance officiellement mesurée à + 25 % en 2008, pour un chiffre d’affaires estimé à 1 milliard d’euros en GMS. Et ce n’est qu’un début. En octobre, l’institut Precepta prédisait que le marché bio progresserait encore de 8 à10 % par an jusqu’en 2012. Les GMS feront encore mieux et leur part de marché grimpera de 40 à 45 % d’ici là, selon Precepta. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. »

 

Toutes les grandes enseignes se mettent au vert, chantent la main sur le cœur une agriculture soucieuse de l’environnement, se gargarisent de leur capacité à démocratiser les produits bio grâce à leurs marques maison. D’après eux, chez eux, le bio n’est que 20 à 30 % plus cher en moyenne que les produits traditionnels, pas plus. « Entre 20 et 30 % plus cher, c’est bien ce que me disent les responsables des enseignes à chaque fois que je les rencontre », confirme Elisabeth Mercier, la directrice de l’Agence Bio. Cet organisme officiel relaie lui-même le chiffre de + 30 %, tiré d’une enquête de l’Inra datant de… 1998. Des bons gars que les gars de la GD et Hardiscounté, toujours près à aider la veuve et l’orphelin. Alors, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même « ils le font savoir aux chalands » Leclerc www.lebiomoinscher.com avec spot à la télé et la campagne de pub bio le moins cher du Bio de Leader Price http://www.lineaires.com/Distribution-et-magasins/Les-actus/Comparatif-Leader-Price-remet-le-couvert .

 

Donc tout va bien dans le meilleur des mondes sauf que les limiers de Linéaires sont partis sur le sentier de la guerre. Je vous livre leurs conclusions.

 

« Verdict après 656 comparaisons : + 72 %

 

Sur le terrain, pourtant, il est très courant de constater des écarts de prix très supérieurs. Linéaires a donc voulu en avoir le cœur net ! Nos journalistes se sont rendus dans quatre enseignes majeures (Leclerc, Carrefour, Intermarché et Géant Casino) qui sont aussi parmi les plus impliquées dans la vente de bio, notamment via leur offre MDD. Pour limiter tout biais d’interprétation, une sélection drastique a été opérée : n’ont été relevés que des produits conventionnels et bios strictement comparables en termes de marque, de recette et de format/conditionnement (voir méthodologie). 656 comparaisons de prix plus tard, le verdict est tombé : manger bio coûte en moyenne 72 % plus cher ! Le fameux seuil des 30 % n’est donc que foutaise.

 

Dans les rayons, à peine plus d’un produit bio sur cinq n’atteint pas ce cap, alors que près d’un sur trois dépasse les 90 % de différentiel ! 100 % d’écart sur les produits basiques et bataillés. Les + 72 % tirés de l’enquête sont d’autant plus crédibles que cette moyenne reflète des résultats globalement très homogènes, quel que soit le tri pratiqué : l’enseigne la moins chère propose un différentiel conventionnel/bio de + 62 %, idem pour la famille de produits la plus accessible (+ 57 %) ou la catégorie de marques.

 

Bien évidemment, plus un produit est élaboré ou plus il concentre une forte valeur ajoutée et plus le coût matière est dilué. Et donc le delta moindre entre conventionnel et bio. A titre d’exemple, le saumon fumé bio de Labeyrie n’est souvent guère plus de 20 % plus cher que l’équivalent standard. Idem pour une marque de confiture régionale haut de gamme, dont les prix au kilo sont déjà trois fois supérieurs à ceux du cœur du marché conventionnel. A l’inverse, on frise très vite les 100 % d’écart quand le référent est à la fois basique, bataillé en prix et de faible valeur faciale : moutarde, mayonnaise, pâtes, petits beurre, biscottes, etc. »

 

Nos amis de la GD&du Hardiscounté Réunis sont donc d’excellents joueurs de fluteaux pour attirer les gogos. Mais comme je l’écrivais dans une récente chronique, et ça s’applique aussi aux acheteurs de bio «Vendre du vent peut-être un art, en acheter, et souvent fort cher, relève parfois pour des décideurs censés savoir compter, d’une forme de thérapie pour conjurer l’angoisse du gardien de but au moment du pénalty. Le foirail fut, au temps des marchés physiques, un haut lieu de ce genre de sport « qui veut vendre un cheval aveugle en vante les pattes » dit la maxime enseignée par la tradition orale. Dans nos temps postmodernes, où les conseilleurs de tous poils et de toutes obédiences font florès, vendre du vent n’est plus un art mais une industrie. Attention le vent n’est pas du toc car en effet, même si celui-ci sonne le creux, son utilité est avérée : la montre plaquée or n’en reste pas moins une montre. En revanche, l’étude venteuse vous gonfle, vous bourre le mou, car elle est en général boursouflée, pleine d’air du temps, creuse. »http://www.berthomeau.com/article-le-bon-marche-detrousse-le-passant-ou-une-vieille-maxime-vaut-mieux-que-le-bla-bla-creux-de-bordeaux-management-school-sur-le-marche-du-vin-48883768.html.

 

Reste que, comme j’avais vivement regretté qu’il n’y eusse point de vin dans le précédent comparatif des caddies de Leader Price, et que j’en avais fait le reproche à ce cher JP Coffe http://www.berthomeau.com/article-y-a-t-il-une-bouteille-de-vin-dans-le-caddie-de-jp-coffe-et-ses-49-produits-essentiels-du-quotidien-chez-leader-price-48604283.html afin de me faire pardonner, et surtout pour conforter Robert dans ses doutes sur ma probité, je vous joins la présentation de la nouvelle collection vin de Leader Price faite par Aude Rebourcet. Que des vins de pays d’Oc. Je ne les ai pas expérimentés mais, pour une offre de hard-discount, dans cette catégorie de vins le positionnement prix est très positif par rapport à beaucoup d’AOC.

 

La sélection des vins de cépages

 

Mais entre nous qu’est-ce qu’un cépage ?

 

Le mot cépage désigne une variété de plant de vigne. Un même cépage peut donner un vin bien différent selon le sol sur lequel il a poussé, selon l’ensoleillement dont il a bénéficié, selon son rendement à l’hectare et selon ses méthodes de vinification. Ainsi 2 vins de même cépage peuvent être très différents.

 

Sauvignon : bourgeon de cassis, ananas, de la fraîcheur et du fruité

Chardonnay : noisette et agrumes, de la rondeur et de la fraîcheur.

Cinsault : petits fruits rouges et noirs, de la rondeur et de la fraîcheur.

Merlot : fruits noirs chocolat et menthe, un vin structuré et des tanins ronds.

Cabernet sauvignon : cassis, cerise et épices douces, un bel équilibre en bouche avec une belle structure.

 

CINSAULT

Une belle robe rose claire, un joli nez sur les fruits rouges et les fleurs rouges, la bouche est bien équilibrée avec une fraîcheur minérale. Idéal avec les salades, les grillades les pizzas et les pâtes.

12% vol.

1,89 la bouteille de 75cl. Soit au litre : 2,52

CABERNET SAUVIGNON

Une belle robe pourpre foncée. Le nez ouvert sur le cassis et les fruits rouges, la bouche est ample et fruitée. Un vin particulièrement agréable avec les viandes rouges et les fromages.

12,5% vol.

1,89 la bouteille de 75cl. Soit au litre : 2,52

MERLOT

Une belle robe violacée foncée. Le nez est typé sur les fleurs rouges, les fruits rouges et la menthe, la bouche est équilibrée et fruitée. Il révèle toutes ces richesses avec les viandes rouges et les fromages.

13% vol.

1,89 la bouteille de 75cl. Soit au litre : 2,52 14 - 15°

SAUVIGNON

Une belle robe or vert pâle. Un nez expressif sur le fruit de la passion, le cassis et les fleurs blanches, la bouche est vive et bien équilibrée. À déguster avec les volailles rôties, les poissons grillés et les fromages de chèvre.

12% vol.

2,15 la bouteille de 75 cl. Soit au litre : 2,87

CHARDONNAY

Une belle robe or vert clair. Les fruits secs et les fleurs blanches offrent un beau bouquet à ce vin, la bouche est parfumée avec une belle fraîcheur. Vous l’adorerez avec les viandes blanches, les poissons en papillote.

12,5% vol.

2,15 la bouteille de 75 cl. Soit au litre : 2,87

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Jojo_Lapin 10/07/2010 09:38



Ne polémiquons pas alors...


L'anti mildiou choisi en exemple n'est justement pas le moins cher (relisez).


Ce qui coûte cher en bio, ce sont toutes les poudres de perlimpinpin que les commerciaux vous refourguent. Un bon cuivre et un soufre mouillable suffisent souvent, dans ma région en tout cas
(Alsace). Il est notoire que les poudrages doivent être limités à 1 ou 2, surtout si l'on a une philosophie bio.


En tout cas, je suis tout à fait d'accord avec la thèse de l'article à savoir que la GD se gave sur le dos du producteur et du consommateur.


Cdlt



bernard 10/07/2010 05:14



                             Pour sortir des vins au
prix indiqué en fin d'article il faut rogner sur les achats, c'est sur et, il faut faire surproduire sa parcelle.... C'est sur aussi.  En surproduisant, il faut traiter, surtraiter avec de
méchants produits.


 


                          Comprenons bien que faire de la qualité
passe par une production limité à la vigne. Ainsi nous maitrisons nos intrants, utilisons des produits autorisé en bio , faisons les choses dans l'ordre, respectons la globalité du systéme etc,
etc....


 


                            alors les prix trop bas...


 


 


 



Pierre Rivet 09/07/2010 23:05



Réponse à n°8, de la part d'un producteur non-bio :


On ne va pas y passer la nuit non plus, mais il ya une certaine mauvaise foi à comparer le prix d 'un des produits antimildiou les plus onéreux avec le moins des moins chers du bio. Rien sur le
prix du soufre poudre, pourtant le plus utilisé en bio ? Et quand on parle coût du tracteur, ne pas compter uniquement le fioul, mais aussi les pneus, l'huile + l'amortissement du tracteur...


Ma remarque ne se voulait pas polémique, mais allait plutôt dans le sens de l'article de JB, à savoir que le coût du bio est vraisemblablement plus élevé qu'on ne le croit, et que c'est pitié que
la valeur ajoutée parte visiblement dans la poche des intermédiaires (comme le plus souvent, d'ailleurs).


Bien à vous.



Jojo_Lapin 09/07/2010 21:22



@ M. Pierre Rivet : je suis tout à fait renseigné étant donné que je suis moi même dans la profession et que, à ce titre, j'achète chaque année des produits phyto bio et non bio. Je maintiens ce
que j'ai dit et vous fournis ici quelques prix (2010) : produits non bio


Consist (anti oïdium) : 23,68 €/ha


Corail (anti oïdium) : 15,38 €/ha


Sillage (anti mildiou) : 52,06 €/ha


Produits bio :


Kumulus (anti oïdium) : 9,74 €/ha (à 7 kg/ha)


Champ flo ampli (anti mildiou) : 30 €/ha (ceci est un cuivre "de luxe" et à ce titre un peu cher... en tout cas beaucoup plus qu'une bouillie bordelaise).


Voilà, voilà...



Pierre Rivet 09/07/2010 14:50



Pour répondre au commentaire numéro 4, je pense qu'il faudrait vous renseigner avant d'affirmer des choses pareilles. En fait, c'est plutôt le contraire, à savoir que les produits de traitement
bio coûtent plus cher que les produits phytosanitaires de synthèse. La bouillie bordelaise coûte plus cher qu'un produit basique de synthèse, sans parler du soufre qui, à raison
de 80 kg par hectare et par saison, sans compter les passages plus nombreux, n'est franchement pas bon marché. Idem pour les insecticides bio, au moins aussi chers que les produits de synthèse.


Bien sincèrement.



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