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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 00:09

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« C’est clair comme de l’eau de roche : les gens qui ont eu vingt ans en 1968 – c’est mon cas – (et certains s’obstinent à penser que c’était le plus bel âge de leur vie – c’est mon cas –) ne seraient jamais descendus dans les rues si le poste de radio était resté sur l’étagère de la cuisine. »


En plein dans le mille Jacques Gaillard dans « Qu’il était beau mon Meccano » 24 leçons de choses.

 

Le transistor 


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Pourquoi diable ressortir des oubliettes le premier baladeur de l’histoire des ondes ?


Nostalgie d’un vieux 60-huitard en manque ?


Pas du tout, un gus qui lit beaucoup et en ce moment « Un an après » d’Anne Wiazemsky publié chez Gallimard.


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C’est Bernard Pivot, de l’académie Goncourt, dans sa chronique littéraire du JDD qui m’en a donné l’envie : Godard-Wiazemsky sur les barricades link


« Je ne me souviens pas d'avoir lu sur Mai 68 un témoignage qui sonne aussi juste et qui soit plus amusant. Anne Wiazemsky, 21 ans, habitait avec son mari, Jean-Luc Godard, rue Saint-Jacques, à l'épicentre du Quartier latin. Elle raconte, quasiment au jour le jour, sans en oublier les chaudes nuits, le séisme déclenché par Daniel Cohn-Bendit et les étudiants de Nanterre et de la Sorbonne. »


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Vous voyez bien les Michel, Bettane et Smith, qu’il m’arrive de suivre les conseils des critiques. 


Bonne pioche.


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La Chinoise de Godard

 

Page 40 : matin du 4 mai 1968 chez les Godard


-          J’ai dit : debout les loirs !


J’ouvris enfin les yeux, gagnée par sa bonne humeur et par la pièce baignée de lumière. Bien installée contre les oreillers, le bol de Nescafé à la main, je vis qu’il y avait aussi un transistor.


-          Je viens de l’acheter. On ne peut plus se passer d’écouter Europe numéro 1 et Radio Luxembourg, leurs journalistes sont formidables, ils se faufilent partout. Ce sont eux qui vont nous apprendre ce qui se passe.


Mes neurones assoupis se sont connectés, j’ai cherché et retrouvé dans mon foutoir de livres « Qu’il était beau mon Meccano » où je me souvenais d’avoir lu une rubrique sur le transistor.


Ha, le poste, je me souviens de celui du Bourg-Pailler, massif, devant lequel il fallait faire silence pour écouter Geneviève Tabouis sur Radio-Luxembourg ou Jean Nocher sur la RTF link. « Des speakers aux voix de barytons déclamaient avec componction les informations du « journal parlé », et les « présidents du Conseil de cette République versatile valsaient dans un silence attentif qui coïncidait, chaque soir, avec la soupe de légumes »


Avec le recul je lui trouve, à ce poste de radio, un petit côté Pousson.


« C’est vers la fin des années 1950, qu’un composant électronique donna, sans le vouloir, son nom abscons à une petite merveille : une radio capable de marcher sur piles, et donc d’aller partout. »


Le premier baladeur populaire donc !


3 fois moins de volume, « la bakélite remplaça le bois ; des couleurs impensables vinrent décorer l’appareil, jaune poussin, gris souris, grenat ; le prix dégringola… »


Le début de la société de consommation, la prolifération des marques, les sujets pour ados : les limites morales et tactiles du flirt… un peu de légèreté dans un monde bien lourd et triste…


« Le transistor devint le compagnon des enfants du baby-boom, le complice de leur puberté, le Méphisto de leurs rêves : ils lui vendirent sinon leur âme, du moins leurs oreilles »


Sous les draps j’écoutais Radio-Pékin (comme Godard d’ailleurs), le Masque et la Plume avec le duo infernal Bory-Charensol, de la musique…


« On raccourcit les jupes, on rallongea les cheveux, bref le foutoir commença… »


Sauf que « C’est aussi un transistor qui, un jour de février 1962, apprit à des lycées entiers qu’il y avait eu beaucoup de morts à la station Charonne, à Paris, donna la parole à des témoins, et suggéra qu’il n’y avait pas lieu de féliciter le préfet Papon comme le préconisait la radio d’État. Sur nos stations préférées, il n’y avait pas que de la musique… »


« Dites à Farkas de cesser de radioguider les manifestants, il nous complique la tâche. » Dès le 6 mai et après la manifestation de la place Maubert, où 345 policiers et 600 étudiants ont été blessés, Christian Fouchet, ministre de l'Intérieur, est excédé par les reportages de RTL. Le Premier ministre, Georges Pompidou, également, qui condamne « le rôle néfaste des stations périphériques. Sous prétexte d'informer elles enflamment, quand elles ne provoquent pas ». Le pouvoir essaiera de négocier auprès du directeur de l'information de RTL. En vain. Jamais la radio n'avait eu autant d'influence. Elle se moquait des autorités, qui après avoir maté l'ORTF espéraient faire taire les stations périphériques, que les partisans du général de Gaulle conspuaient en scandant : « Europe 1 à Pékin, RTL la chienlit ». Et, surtout, elle devenait légère, réactive, mobile : 200 000 transistors seront vendus en un mois, dans un pays pourtant en grève. »link


Écoutez : 60 ans d’Europe 1 : Mai 68 : link

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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