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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 00:05

J’extrapole ! À peine chers lecteurs, je me contente de pousser le bouchon, si je puis dire, à l’extrême limite de ce qui sépare la science-fiction d’un futur possible.  D’où me viens cette idée saugrenue ? Du concept de « ferme verticale » fondé sur l’idée de cultiver à une échelle significative des produits alimentaires dans des tours de manière à produire sur une faible emprise au sol, y compris en ville pour répondre à des besoins de proximité (locavores et circuits courts). Les farmscrapers sortent tout droit d’un concept développé en 1999 par Dickinson Despommier, professeur en santé environnementale et microbiologie à l’Université Columbia à New-York avec des étudiants d’une « Medical Ecology Class ». Selon lui, de telles tours, pourraient être construite pour environ 84 Millions de $. L’architecture de ces tours a été développée par Andrew Kranis de Columbia University et Gordon Graff d’University of Waterloo.

« Ce que nous proposons ici est radicalement différent de ce qui existe déjà. Nous envisageons la récolte d’une très grande variété de produits dans une quantité suffisante pour soutenir même la plus grande ville du monde sans trop dépendre des ressources, au-delà de l’empreinte urbaine.

Notre groupe a déterminé qu’une seule ferme verticale avec une empreinte architecturale équivalente à un pâté de maisons de New York et d’une hauteur de 30 étages pourrait fournir assez de calories pour satisfaire les besoins alimentaires de 50 000 personnes (2 000 cal/ jour/personne), et principalement en employant des technologies actuellement disponibles », assure Dickson Despommier

 

« Le projet Sky Farm, présenté par le designer Gordon Graff pourrait ainsi s’ériger sur 1,3 ha à Toronto, atteindre les 230 mètres sur 58 étages et produire autant qu’une ferme de 420 ha. L’arrangement des cultures se fait en fonction des besoins de chacune en termes d’ensoleillement, de température... En haut du building, de la laitue. Quelques étages en dessous, des carottes, puis des haricots verts. En continuant la descente, nous arrivons aux épinards, puis aux poivrons, au blé et aux pommes de terre. Nous ne sommes plus qu’à une dizaine d’étages de haut, l’élevage de poulets pour la viande comme pour les œufs commence, à côté des tomates, des courgettes et des fraises. Promesse : de la nourriture pour 35 000 personnes. »

En 2008 le New York Times écrivait qu’une ferme pourrait voir le jour à Manhattan, et ô surprise l’agence d’architecture retenue pour mener à bien ce projet serait... française « Augustin Rosenstiehl, a French architect who worked with Dr. Despommier to design a template “living tower”, said he thought that any vertical farm proposal needed to be adapted to a specific place. Mr. Rosenstiehl, principal architect for Atelier SOA in Paris, said: “We cannot do a project without knowing where and why and what we are going to cultivate. For example, in Paris, if you grow some wheat, it’s stupid because we have big fields all around the city and lots of wheat and it’s good wheat. There’s no reason to build towers that are very expensive.

tow2.jpgEn effet, SOA planche depuis des années sur un projet de «tour vivante » en collaboration étroite avec Despommier. Selon Pierre Sartoux et Augustin Rosenstiehl, inventeurs du concept, « la séparation entre ville et campagne, urbanisme et espaces naturels, lieux de vie, de consommation et espaces de production alimentaire est de plus en plus problématique pour un aménagement durable du territoire. » D’où leur idée de concevoir une tour à énergie positive fondée sur l’éolien et le solaire, au sein de laquelle on produirait fraises, tomates, et toute autre denrée alimentaire répondant à un besoin local. Une ferme de banane sur les Champs-Élysées ? 487kgs de bananes par jour ? Le reste des chiffres bientôt sur le site ! http://www.eco-tower.fr/

skyfarming070409_6_560.jpgAfin de ne pas déclencher une bataille rangée entre les Anciens et les Modernes, entre les carbon neutral et les supporters du Mammouth allègre, entre les Verts et les Pas mûrs, entre les partisans de l’agriculture paysanne et les défenseurs des gros tracteurs, les In et les Off qui s’empaillent sur la Passion du Vin, je ne vais pas vous énumérer la longue liste de tous les bienfaits de « l’agriculture verticale » car tel n’était pas mon propos de ce matin. Mais, à propos, quel était donc votre propos me feront remarquer certains ?

Tout bêtement d’ériger une Wine Tower à la Défense sur le modèle déjà développé par Bernard Bled (ex SG de la Ville de Paris sous J. Chirac) qui a fait planter 10 ares de vigne sur la dalle de béton en bas de l'esplanade, juste au-dessus du tunnel qui mène à l'autoroute 14. Selon notre homme « c'est une initiative symbolique pour donner une autre image de la Défense et insister sur son caractère humain et convivial ; preuve que le béton n'est pas antinomique avec la qualité de vie. Et quoi de plus symbolique que la vigne pour revenir aux sources ? Il y a la terre, l'homme et le fruit de son travail » (voir ma chronique du 5 juillet 2007 Vin de Béton du http://www.berthomeau.com/article-Vin de béton-NaN.html)

Il s’agirait donc sur le plan technique de transformer et de diversifier le projet. En effet puisque l'opération menée pour le sieur Bled, par « La rue des Vignes » société spécialisée dans la plantation et l'entretien de vignes en Ile-de- France, a consistée à complanter du Chardonnay et Pinot Noir de Bourgogne et à importer de la terre : 800 m3 venant de Bourgogne, soit 80 cm de profondeur, déposés sur une couche de pierre de lave destinée à drainer les excès d'eau, dans la Wine Tower toute la France des Grands Vins pourrait être ainsi empilées et offriraient aux hordes touristiques débarquant dans notre capitale la vision grandiose et en vraie grandeur de la hiérarchisation de nos chères appellations françaises. Afin de ne froisser aucune susceptibilité régionale, de ne vexer personne et surtout par les Présidents, je ne vais pas proposer dans cette chronique l’affectation des étages mais je propose que l’INAO nomme une Commission de Classement pour réaliser cette noble et difficile tâche. Je vous laisse imaginer les installations de vinification (tout en gravitation), les cuves inox façon Beaubourg, les chais de vieillissement dans le ventre de la Défense.
Voilà un Grand Projet mobilisateur pour le Grand Paris mes très chers amis !
Affaire à suivre assurément...

 

  

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

gus 26/03/2010 08:15


Tiens,une nouvelle cible idéale pour les apôtres du sieur ben laden !
On imagine les conséquences : un mètre de vin dans les rues de Paris. A de telles concentrations en arômes de fruits rouges,les stations de mesure d'Airparif et les éthylotest des pandores
s'affoleraient !!!


Bebert 26/03/2010 07:22


Le vin de Betton existe! Je l'ai rencontré en Saint-Joseph...
ici..


Michel Smith 26/03/2010 06:46


Et pourquoi pas ?


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