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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 14:00

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Nous attendions la messe de Minuit, qui commençait un peu avant minuit, en jouant aux cartes : l’aluette ou au nain jaune. Je partais avant tout le monde puisque j’étais enfant de cœur. Deux souvenirs de cette messe, où nous nous gelions car de mon temps y’avait pas de chauffage dans l’église saint Jacques, le dépôt par le curé doyen de l’enfant Jésus sur son berceau de paille sous les naseaux du bœuf et de l’âne et le Minuit Chrétien, grand morceau de bravoure, d’ordinaire massacré par Gégène l’organiste aveugle, parfois exécuté par un chanteur extérieur ce qui rendait Gégène fou de jalousie et il s’ingéniait à accélérer ou à ralentir l’accompagnement à l’harmonium. Dans les deux cas nous nous bidonnions, les enfants de chœur s’entend, ce qui nous valait les gros yeux de notre curé. Nous faisions gaffe tout de même car ce serait bientôt les étrennes  de notre employeur tonsuré : un billet de 5 Francs qui nous permettrait de faire des folies pour les cigales ou de grossir le carnet de caisse d’épargne des fourmis. Mon pays Henri-Pierre n’a pu goûter ces plaisirs puisqu’il était de la laïque…


La messe dites, nous rentrions à pied en groupes vers le Bourg-Pailler tout proche. Là, maman préparait le chocolat chaud qu’elle servirait dans de grands bols. Elle le fouettait et y ajoutait de la crème fraîche. Il était moussu, léger, pas sucré. L’après-midi elle avait acheté une belle brioche tressée chez sa copine Madeleine Remaud et nous allions la tremper dans notre chocolat chaud. Ça nous ferait des moustaches. C’était là notre réveillon. Etonnamment j’avais hâte d’aller me coucher pour pouvoir me réveiller tôt afin d’aller découvrir mes cadeaux dans mon sabot. Depuis, la brioche vendéenne est devenu une IGP, le cacao du commerce est gras et sucré.


Alors ce qui était un bonheur simple est devenu un luxe.

 

Illustration : "La Belle Chocolatière" (1743-1745) par Jean-Etienne LIOTARD


Pour la brioche ça reste abordable et dans mon quartier j’en trouve de l’excellente, aérienne et onctueuse chez Laurent Duchêne rue Wurtz www.laurent-duchene.com/

 

Du côté du chocolat chaud, hormis le faire soi-même avec des ingrédients de qualité : lait frais cru et cacao acheté chez un artisan chocolatier, le plus simple pour un parisien est de rendre chez  Jean-Paul Hévin, 231, rue Saint-Honoré, Ier. Tél. : 01 55 35 35 96. Ouvert tous les jours sauf le dimanche. www.jeanpaulhevin.com


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J’ai trouvé cette interviewe de lui dans le Figaroscope, j’y sens le souvenir de maman…

 

Quelle est la recette de votre chocolat chaud Tradition (le classique) ?


C'est un chocolat qui contient le moins possible de beurre de cacao, donc peu de matières grasses. J'utilise un chocolat de couverture de bonne qualité type Venezuela, assez floral, que je dégraisse encore et auquel j'ajoute du lait frais entier et de la poudre de cacao. Celle-ci, en très faible dose, est un renforçateur d'arôme. Tous nos chocolats sont préparés minute.

 

Vous n'avez pas mentionné le sucre ?


Je sucre très peu, car je cherche la dose la plus juste possible, celle qui tend vers l'équilibre. À savoir très peu de sucre dans le chocolat noir. Et je ne pose ni sucre ni cuillère sur les tables !

 

« Quiconque a bu une tasse de chocolat résiste à une journée de voyage » Goethe

 


 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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