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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 00:09

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Pour plaire aux marchés : Externaliser qu’ils disent dans les entreprises !


Externaliser c’est  le transfert de tout ou partie d'une fonction d'une organisation (entreprise ou administration) vers un partenaire extérieur. Elle consiste très souvent en la sous-traitance d’activités jugées non essentielles et non stratégiques : pour une entreprise, il s'agit de celles qui sont les moins productrices de revenus.

 

Pas de personnel sur le dos toute l'année, rien qu'une prestation à payer à un sous-traitant. C'est tout bénef pour les 2 co-contractants...


En traduction libre : chroniquer ou critiquer les vins n’est pas pour la presse parisienne une activité jugée essentielle et stratégique, sauf en période de fêtes ou de foires au vin où ça fait rentrer le blé de la publicité dans les caisses qui sonnent le creux.


Je ne vais pas dresser la liste des organes de presse qui sous-traitent leur supplément vins mais simplement noter que les sous-traitants sont au nombre de 2 : B&D et la RVF ce qui restreint la concurrence et nuit quelque peu à la diversité.


Seul le POINT et son Jacques Dupont échappe à ce mouvement.


Comme je suis un abonné  électronique du Monde.fr j’ai décidé de vous faire profiter de l’infographie présentée sur 2 des 34 pages dont 13 de publicité : 12 pour des marques de champagne et 1 pour la collective Bourgogne. Comme de bien entendu le supplément est titré : Champagne !


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«La dynamique des bulles » par Baudouin (source CIVC, Union des Maisons de Champagne, Marques, infographie le Monde)


Je note que Laure Gasparotto « transférée » du Point au Monde signe un article « Belles de Champagne » dans le supplément et Marc Roche correspondant du Monde à Londres un article « dans les secrets des caves de Buckingham ».


Cerise sur le gâteau, même si je risque de me faire enguirlander par la patrouille du copyright, je vous offre aussi l’édito signé par Antoine Gerbelle, l’homme qui parle dans l’oreille des chevaux et twitte plus vite que Jean-Michel Apathie et Bruno Roger-Petit réunis.


« Le champagne, vin de fête par excellence. Léger et évanescent comme les arômes d'une fleur de printemps. Où les bulles, rondes et éclatantes, défient les lois de la pesanteur, comme pour mieux s'extraire de leur condition de vin. L'attirance pour le champagne se situe-t-elle ici ? Entre ces éphémères états, liquide et gazeux ? Une chose est sûre : le champagne semble être le meilleur moyen d'échapper au quotidien et d'entrer dans la fête.


Son succès ne se dément pas. Toujours haut dans les ventes, toujours fort dans son rayonnement commercial international et toujours cher, le champagne vit sur un nuage de prospérité. Si les bouteilles voyagent plus loin, transportant avec elles quelques parcelles de l'image de la France, près d'une sur deux est encore achetée dans l'Hexagone. La consommation des 83 millions de touristes annuels de passage dans notre pays y contribue largement, tout comme les excursions dans la Marne des frontaliers allemands, belges et italiens, grands amateurs d'effervescents.


Face à ce destin cosmopolite, les vignerons champenois, ou leurs responsables des ventes, voyagent toujours plus afin de présenter leurs meilleures cuvées. Vous pourrez le découvrir à travers un reportage qui ouvre ce numéro spécial : certaines marques sont pilotées par des femmes, qui n'hésitent pas à mettre en avant leur image en guise de publicité, devenant le reflet de l'élégance à la française que véhicule le champagne.


Ce vignoble est également une filière à multiples facettes, comme le montre notre supplément. Avec de colossaux investissements dans la distribution, la publicité et le marketing, sans oublier le financement de performants outils de production, une dizaine de groupes champenois tiennent des positions mondiales dominantes. Ainsi, le groupe LVMH règne-t-il sur le marché avec ses marques Moët et Chandon (32 millions de bouteilles en estimation annuelle) et Veuve Clicquot (16 millions de bouteilles par an), les deux premiers champagnes les plus vendus et les mieux valorisés du monde. A l'exportation, la tendance est de pousser les cuvées spéciales, dont la marge bénéficiaire est bien supérieure. A l'aune de l'extraordinaire succès du Dom Pérignon.


Le consommateur, lui, retiendra une bonne nouvelle : le champagne n'a jamais été aussi facile à boire. Jamais les bruts de grande diffusion n'ont été aussi fruités et francs. C'est-à-dire destinés à la dégustation en apéritif très frais. A côté de ces marques prestigieuses, une autre génération de champagnes fleurit, que nous mettons également en avant dans notre sélection. Ce sont des bouteilles de vignerons ou de maisons qui misent sur la singularité.


Au final, tous les champagnes se rejoignent sur un point : dans leur saveur brille le sel d'un terroir continental et crayeux mis en scène par des bulles qui n'en finissent pas de nous faire rêver. »


Même si le focus champagne fait très appât à annonceurs bien dotés je concède que l’ensemble du cahier est de bonne qualité. L’interview d’Anselme Selosse par le duo Gerbelle-Beaudouin par exemple.


De la page 18 à la page 34 les experts de la RVF nous délivrent les notes et les commentaires sur leur sélection de vins qu’ils ont en magasin. Comme aimait à me le dire ce cher JP Lubot de Marie-Claire au temps où il ne cultivait pas ses ressentiments à l’égard de ma petite personne « c’est la richesse de la RVF… »


Je m’en tiens aux bulles pour rester dans la note du couple Le Monde&RVF, des chouchous à moi 


Eloge de la diversité


« Anselme Selosse le dit sans ambages : « Etre amoureux du terroir, c'est se laisser la possibilité d'avoir accès à de nouveaux paysages aromatiques. » Pour le vigneron, c'est une évidence. Pour l'amateur, cela se traduit par une recherche perpétuelle de diversité. Le vin est un objet de curiosité infinie. Aucun cru ne ressemble à celui du voisin. Aucune parcelle ne délivre la même cuvée que celle d'à côté.


A la complexité géographique s'ajoutent les affres du temps. D'un millésime à l'autre tout change. Une mauvaise pluie à la veille des vendanges ou à la floraison de la vigne, un été caniculaire ou trop gris, et les raisins libèrent de leur mémoire végétale les stigmates de ce temps changeant sous forme de larmes à la vendange d'automne. De ces larmes, les vignerons peuvent tirer mille variations de vins, comme un éloge de la diversité. Des millions de cuvées, dont nous présentons ici quelques-unes parmi les plus belles, issues des plus beaux crus de France. »


Sélection réalisée par Guillaume Baroin, Pierre Citerne, Antoine Gerbelle, Alexis Goujard, Philippe Maurange, Roberto Pétronio, Olivier Poels, Jean-Emmanuel Simond

 © Le Monde

 

En supplément dy supplément je vous offre un lien avec les producteurs.


Agrapart et fils   18/20 link


Brut nature grand cru Vénus 2007


Dans cette famille de vignerons implantée depuis le XIXe siècle à Avize, c'est aujourd'hui Pascal Agrapart qui prend le relais. Cette très belle cuvée libère de très longues saveurs mi-crémeuses, mi-minérales. Comme il est encore jeune, il ne faut pas hésiter à délaisser ce vin en cave quelques années. 86 €


Françoise Bedel et fils   17/20 link


Extra-brut L'Âme de la Terre 2002


Dans un millésime d'anthologie, un assemblage (42 % de pinot noir, 36 % de chardonnay) qui révèle le potentiel de l'est de la vallée de la Marne. Cela produit un champagne expressif, plein, généreux, crayeux, totalement dédié à l'expression loyale de son terroir. A boire sans urgence. 50 €


Francis Boulard et fille   16,5/20 link

Brut nature Les Rachais 2006


Le plus célèbre lieu-dit de ce vigneron de référence est un chardonnay de quarante-cinq ans, issu de sélection massale, vinifié en barrique. A la fois dense et frais, offrant une grande présence en bouche, ce 2006 en offre une version sapide et charnue. Une bouteille idéalement destinée à la table et aux nobles crustacés.


Mailly grand cru   16,5/20 link

Brut grand cru Les Echansons 2002


La prestigieuse cave coopérative de Mailly s'est fait une spécialité des sélections parcellaires, du niveau des grandes cuvées de maison. Les Echansons 2002 se composent de 75 % pinot noir et 25 % chardonnay. Dans son style habituel, cette cuvée sort une version veloutée, patinée, beurrée du grand millésime 2002 qui nous a habitués à plus d'énergie. 82€

 

Mailly grand cru 16/20


Brut grand cru Intemporelle 2007


Le chardonnay entrant à 40 % dans ce champagne apporte du tranchant et de la garde à cet assemblage original et pur Mailly. La version rosée est plus en rondeur, crayeuse, de bonne garde également. 59€

 

Domaine Hautes Terres  17/20 Limoux link

2011


Gilles Azam est un vigneron " bio " convaincu. Le blanc sec 2011 nous a bluffés. Un jus éclatant, tendu et tranchant, d'une limpidité cristalline, qui sort du lot par son énergie et sa précision. 12 €

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Pierre et vacances renouvellement de bail 16/12/2013 17:49


Ahaha, le commentaire de Pascal Perrat m'a légèrement fait sourire!
Je trouve que cet article est pas mal du tout, c'est sûr que 2 sous-traitants c'est pas beaucoup ...
J'ai eu l'occasion de lire pas mal d'articles de votre blog et je les trouve tous aussi intéressants les uns que les autres!
Merci encore! 

Pascal Perrat 12/12/2013 06:18


C'est drôle, on vous lisant, avec plaisir d'ailleurs, on a l'impression parfois que vous découvrez le monde.

Michel Smith 12/12/2013 00:58


Notons-le : il y a quand même du Limoux dans ces bruts...


Relevons aussi l'extraordinaire mélange des genres existant entre spéciaux-vins très orientés et abreuvés en pub par les deux groupes eux-mêmes (RVF, B&D), guides spécialisés co-édités par
les mêmes groupes distribuant de bonnes notes au milieu d'aimables critiques, et salons de vins chicos pour amateurs mis sur pieds par les mêmes que ceux cités plus haut rapportant évidemment
beaucoup d'argent. Je me demande si - et où - le consommateur y gagne vu que la plupart du temps les articles concernent des vins peu respectueux de notre porte-monnaie ou en tout cas réservés
aux happy few...


Enfin, comme tu le soulignes, regrettons que ce genre de supplément fasse travailler les mêmes équipes extérieures au détriment des journalistes en place qui, eux, ne se soucient pas de la manne
publicitaire en vue, mais du consommateur.


Tout cela relève - heureusement, pas toujours - de la pure publi-information semblable à certaines brochures publicitaires... Tout cela a été rondement mené par d'habiles hommes d'affaires sous
couvert d'information. Mais après tout de quoi je me mêle, puisqu'il paraît que c'est normal.

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