Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 00:09

10891489_10205352489468817_5248652404046439875_n.jpg

 

JM Quarin  annonce la couleur « Ce devait être une grande et belle soirée de dégustation des vins les plus rares et les plus chers du Languedoc Roussillon. Ce fut la pire dégustation jamais faite bouteilles achetées. »


De là à avoir titré sa CHRONIQUE 182 : QUAND LES VINS DU SUD VONT MAL il y a un pas que lui seul peut franchir, comme si ces deux domaines représentaient à eux seuls la quintessence des vins de South of France. L’inculture économique des critiques de vin est portée là à un niveau maximal.


animal.jpg

 

JM Quarin n’aime ni les vins nature c’est son droit, ni les financiers incultes au goût du vin mais alors pourquoi organiser des dégustations pour cette population qui, à Zurich, autour de la table se gaussait maladroitement ? Tant bien que mal ils essayaient de faire bonne figure, tiraillés entre la valeur financière, le dégoût suscité et la honte d'afficher socialement sa profonde méconnaissance… ».


Son attitude vis-à-vis des vins chers semble, elle, fonction de leur origine. Bordelais un jour bordelais toujours.


Je suis bien d’accord, autour de 100 euros H.T. la bouteille de la Grange au Père rouge, vin de Pays de l'Hérault et 70 euros H.T. la bouteille pour du Domaine Gauby la Muntada, c’est cher, d’autant plus qu’un consommateur ordinaire, lui, contrairement au sieur Quarin, se tape les taxes en sus. Le consumérisme n’est pas la tasse de thé de nos éminents dégustateurs.


J’adore la question de Quarin faussement naïve de JM Quarin « Pourquoi des vins si décevants peuvent-ils être si chers ? »


La réponse est d’une simplicité biblique : tout bêtement parce qu’il se trouve des consommateurs pour le payer ; ce n’est pas un scoop les GCC sont aussi dans cette position.


Objection votre Honneur : les GCC, eux, même chers sont sont rarement décevants !

 

Pas si sûr !


La déception c’est un espoir déçu, êtes-vous si sûr monsieur Quarin qu’un amateur de vin nature ne vous renvoie pas votre question en boomerang à propos des nectars chers sur lesquels vous vous extasiez ?


Pour ma part je suis très à l’aise : je n’achète ni les uns ni les autres, mon bonheur est ailleurs…


Comme chez JM Quarin on ne déguste pas à l’aveugle, ça permet à l’organisateur de faire mousser ses choix « Au milieu de ce désastre j'ai introduit l'excellent Clos Louie 2011. Ce bel Outsider a fait son effet et réintroduisant à la fois du goût, du plaisir et du « bien élaboré ». Idem pour Seguin 2007, délicieux en ce moment. Soit deux vins valant entre 15 et 25 euros la bouteille ! »


Quel homme ce JMQ !


Mais là où le bât commence à blesser c’est que les notes des 2 flingués, sauf un 9 pour le Domaine de La Grange des Pères 2011, tournent toutes autour de 14-15-16…

 

Certes, un grand amateur, ne pète que dans le 18-19 ou mieux dans les 98-99 du grand Bob, mais tout de même voilà bien une attitude caractéristique de dégustateur : on dit que c’est quasiment imbuvable, facile puisqu’on ne boit pas, on crache, et après on se permet de noter sur l’échelle 20 avec une étrange mansuétude. Bien sûr, ce n’est pas la gloire mais  La Petite Sibérie 2004 du Domaine du Clos des Fées n’a que 16 et le goûteux outsider Chante Cocotte 2010 15,75.

 

En principe, la note de dégustation n'est pas fonction du prix...


Pour le consommateur que je suis la seule note qui peut être attribuée à un vin « nez réduit, animal et feuillu. Peu agréable. Bouche ample et juteuse au départ, mais évoluant sèche après quelques secondes. Note verte dans la persistance. » c’est la note évier, le genre zéro pointé.


Titrer « les vins du Sud vont mal » avec pour échantillon « représentatif » aussi réduit  des verticales 2011, 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2003 et 2011, 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005 sur 2 domaines et sur la base d’une telle confusion entre commentaires de dégustation et notation, je pèse mes mots, discrédite ce type d’exercice.


Affligeant !


Jugez par vous-même :

 

1ière  série


-          Domaine de La Grange des Pères 2005 14 // 85

 

Non décanté

Couleur sombre et évoluée, d'intensité moyenne. Nez fruité et vif avec une note végétale de type feuilles froissées. Bouche caressante au départ, savoureuse, mais après le milieu la saveur devient végétale. Dommage.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2003 14 // 85


Non décanté

Couleur sombre et évoluée, d'intensité moyenne. Nez réduit, animal et feuillu. Peu agréable. Bouche ample et juteuse au départ, mais évoluant sèche après quelques secondes. Note verte dans la persistance.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2004 13 // 81


Non décanté

Couleur évoluée et moyennement intense. Nez fruité, animal et végétal. Bouche simple et verte en finale.


 

2ième  série


-          Clos Louie 2011                             16,5 // 92

 

Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Nez fruité, mûr, frais, pur. Bouche grasse, au toucher soyeux se développant très fruitée, juteuse, avec de l'éclat dans le goût et des tannins fins. Enfin du bon vin ! C'est délicieux et incrachable.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2011 9 //68

 

Décanté.

Couleur sombre et légèrement évoluée. Nez animal, végétal et feuillu. Bouche imbuvable tant elle est dominée par la sècheresse et le végétal.


 

-          Domaine Gauby La Muntada 2011    15 // 87

 

Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Nez fruité et poivré. Bouche grasse, fruitée, savoureuse, un peu animale, mais malheureusement gazeuse. C'est dommage car la saveur est bonne.


 

3ième  série


-          Domaine Gauby La Muntada 2010    16 // 90

 

Décanté

Couleur sombre, intense et belle. Beau nez mûr, frais, fruité et fumé. Jolie entrée en bouche savoureuse. Très fruité, le vin se développe parfumé, sur un toucher noble et une bonne longueur. Aucune perception gazeuse.


 

-          Chante Cocotte 2010                     15,75 // 89

 

Décanté.

Couleur intense, vive et belle. Nez fruité, frais, mûr. Note de goudron. Bouche savoureuse, grasse, très fruitée, au corps moyen. Persistance réglissée à la saveur nette. Longueur normale. Pour son premier millésime, ce vin étonnant à 100 % merlot s'en sort plutôt bien.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2010           14,5 // 86


Décanté.

Couleur intense et belle. Nez végétal. Jolie entrée en bouche, puis le vin se développe ample. Mais il se déconstruit après le milieu et finit sec.

 

 

4ième  série


-          Domaine Gauby La Muntada 2009    17 // 94

 

Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Beau nez frais, fruité, mûr, de fleurs, réglisse et violette. Bouche soyeuse, très parfumée et très savoureuse. Elle est légèrement gazeuse en milieu de bouche, mais le gras, l'équilibre et les nuances de réglisse et violette dans la persistance sont superbes.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2009           12 // 77

 

Décanté.

Couleur sombre, d'intensité normale et légèrement évoluée. Nez curieux. La bouche se présente végétale avec un fruité oxydé.


 

5ième  série


-          Domaine du Clos des Fées La Petite Sibérie 2007  15,75   // 89


Décanté.

Couleur intense et jeune. Nez fruité, mais avec une pointe d'acidité volatile. Suave à l'attaque et au développement, fruité, ce vin évolue agréable, mais simple en finale. J'espérais plus.


 

-          Domaine Gauby La Muntada 2008    15,5 // 88


Décanté.

Couleur évoluée d'intensité moyenne. Le nez sent le Sud. Notes d'amande et de porto. Bouche fruitée, savoureuse au départ, un peu légère et un peu granuleuse dans la persistance.


 

6ième  série


-          Domaine de La Grange des Pères 2007          14 //  85


Non décanté.

Couleur intense, belle et légèrement évoluée. Nez fruité, un brin feuillu, mais moins que d'autres millésimes. Goudron. Bouche d'abord juteuse, suave, soyeuse, mais après le milieu la saveur verte domine.


 

-          Seguin 2007                                   16 // 90


Non décanté.

Couleur intense, belle et jeune. Nez au fruité mûr. Goudron. Bouche juteuse, suave, au toucher subtil avec enfin du goût ! C'est incrachable et tout en nuances.

 

-          Domaine Gauby La Muntada 2006    13 // 81


Non décanté.

Couleur d'intensité moyenne et claire. Nez discret et parfumé comme un vin blanc sec. Certains participants lui trouvent une odeur de pomme et de cidre. La bouche a un goût de cerise, de vanille, de porto, mais malheureusement elle pétille beaucoup.


 

7ième  série


-          Domaine Gauby La Muntada 2005    15 // 87


Décanté.

Couleur d'intensité moyenne et évoluée. Nez fruité de cerise. Bouche savoureuse, fruitée, suave, mais gazeuse.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2008           15 // 87


Décanté.

Couleur sombre et intense. Nez fruité, truffé et goudronné. Pour une fois la texture est bonne et sans assèchement, mais la saveur reste verte.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2006           13 // 81


Décanté.

Couleur sombre et intense. Nez fruité et vif. Bouche fruitée au départ, mais évoluant sèche. Vin non construit.


 

Pendant le repas


-          Domaine Peyre Rose Clos des Cistes 2003       15,75 // 89


Décanté. Servi en magnum.

Couleur évoluée. Nez de fruits mûrs. Bouche caressante, fruitée, tendre, de corps moyen. Tannicité fondue. Finale simple. Longueur moyenne.


 

-          L'Archange 2005 (Saint-Emilion grand cru)       16 // 90


Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Nez de fruits mûrs. Truffé. Bouche juteuse, parfumée, grasse, savoureuse, évoluant légèrement ferme dans la persistance. Belle longueur. Attendre. Il s'agit d'une micro production (1,2 ha) élaborée par Pascal Chatonnet : 100 % merlot sur un sol argilo-sableux.


 

-          Domaine du Clos des Fées La Petite Sibérie 2004  16 // 90


Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Nez de fruits mûrs. Truffé. Bouche de suite ample et grasse, évoluant très fruitée, puissante, mais avec une pointe d'alcool légèrement asséchante dans la persistance. Longueur normale.

 

___________________________________________________________

© Copyright

Cette publication est éditée par Jean-Marc Quarin Sarl, 10 allée de Ginouilhac, Le Taillan-Médoc. France. - E-mail : jmquarin@quarin.com

Les médias et les distributeurs de vins peuvent utiliser ces notations à condition de ne pas les déformer et en citant l'origine de leur source : www.quarin.com  ainsi que son auteur : Jean-Marc Quarin (JMQ).


Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article

commentaires

Gouty 03/04/2015 00:36

Ayant la plupart des millésimes de la grange des pères et ayant dégusté Il y a peu de temps une verticale de 11 millésimes, en compagnie de 3 novices sur ce domaine, avec 3 femmes et 5 amateurs plutôt avertis, et ayant constaté le plaisir que ça leur a amené, je peux en venir a la conclusion que la personne qui a ouvert les bouteilles a forcément rajouté quelques centilitres de vin de presse dans les bouteilles !
Ou Monsieur Quarin inconsciemment a un blocage avec GDP, mais que lui est-il arrivé ?

Doumé 20/02/2015 00:42

Ces commentaires m'interpellent... Ils se ressemblent trop pour chaque millésime de Grange des Pères. Or, en Languedoc, c'est bien cela qui fait la différence, de fait de la nature et de la variation de la composition du vin in fine, le vin est souvent différent d'une année sur l'autre. Concernant Grange des Pères, pour en goûter régulièrement, je ne reconnait aucunement les valeurs que vous lui prêtez. Serais-ce votre palais qui n'y est pas formé? Ou encore un manque d'objectivité? Je ne nie pas que certains millésimes sont surcotés et un ou 2 en fin de vie certaine tel le 1997 mais pour en avoir ouvert à des personnes ne buvant jamais de vin (véridique) ils ont appréciés et pas uniquement pour faire plaisir à la personne recevant..Au même titre qu'ils ont appréciés des Montées de Tonnerre Raveneau de 20 ans d'âge.
j'en possède suffisamment pour vous prouver le contraire!!! Dans tous les millésimes que vous avez cités. Encore une fois, 2003 par exemple est surcoté à mon goût mais ce n'est pas un mauvais vin! Mais si je puis me permettre, un 1996 à garder toute sa fraîcheur et il est très difficile de lui résister. Bouteille ouverte, bouteille finie. C'est un signe qui ne trompe pas lors d'un repas.Mettez donc cette bouteille en face d'autre 1996, d'un Pichon-comtesse, d'un Clos Rougeard "Bourg" voir d'un Latour. Il ne dépaillera pas, donnera une impression différente certes mais ne sera nullement écrasé et montrera autre chose. Non, décidément nous n'avons pas goûtés le même vin. Pour votre information, note tous les vins que j'ouvre depuis 30 ans sauf que n'en fait pas de publicité avec la volonté de garder cette bible pour moi et m'en sert pour partager avec des gens de la profession ou d'autres dégustateurs, conseiller mes amis et ceux que j'apprécie. Je regarde souvent les avis à droite à gauche et essaye d'interpréter les écrits sur un vin dont je manque d'information mais là je vais avoir une méfiance que n'avais pas jusqu'à aujourd'hui envers les vôtres. Il est nécessaire de rester un minima objectif et suis au regret de vous dire avec certitude que vous ne l'avez pas été lors de cette dégustation. Certes, ce n'est peut être pas votre style et on peut l'admettre mais dénigrer de cette façon tous les millésimes, non! Perso, ne suis pas inquiets pour les 500 bouteilles de GDP me restant en cave; avec toutes celles ouvertes, je n'en ai jamais eu une seule ressemblant à vos descriptions! Bonne continuation.

Greg V 22/01/2015 19:31


Excusez moi Monsieur Bettane, mais si on excuse tout sous couvert de "la liberté fondamentale d'expression" des critiques de vins, j'ai un peu peur que vous oubliez le principe minimum de
compétence. Or, noter toutes ces superbes bouteilles entre 9 et 14 c'est pour moi se décrédibiliser aux yeux de l'immense majorité des amateurs. Tant pis pour lui. Vous en profitez pour attaquer
les bloggueurs, mais ce n'est pas très à propos ici. Au contraire, en lisant ce CR, on se demande s'il ne vaut pas mieux lire un forum que ces âneries (je ne dis pas ça pour vous hein) et surtout
payer pour cela ! 

charles PEREZ 22/01/2015 13:27


Moi j'ai plutôt l'impression que le LR bashing devient un phénomene de mode et que cet article est en plein dans cette direction. Lancé par qui et pourquoi c'est encore un autre débat. CFD la
grande dégustation faite par Decanter par ces MW sur le numero de Février 2015 sur les vins du Languedoc et du Roussillon ou les grands noms se font dezinguer a tout va
! http://www.decanter.com/magazine/latest-issue



Michel Bettane 22/01/2015 12:25


Il est à la mode aujourd'hui de détourner le sens des mots ou de l'ignorer, ce qui est moins grave, pour frapper l'opinion. Qu'entends-tu cher Jacques par vin nature quand tu appliques les mots
aux deux vins à "haute expression"(voilà les mots justes) "flingués" (pas de blessure grave au demeurant) au cours de cette dégustation. Il n'y a pas que les premiers ministres ou les critiques
incultes à employer le procédé, les bloggueurs donneurs de leçon connaissent aussi le "truc".Par ailleurs je n'ai pas eu connaissance que tu aies mis autant de fougue à condamner le bordequx
bashing des pro languedoc roussillon  lui aussi à la mode et tout aussi inculte que celui ci ! Je ne doute point de la sincérité du compte rendu de Quarin qui m'interpelle autant que toi
mais cela fait partie de notre fondamentale liberté d'expression. Et qui bien entendu peut être soumise à discussion, raillerie et blasphème! 

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents