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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 00:09

Mémé Marie, pour une fois pas très charitable, disait souvent que madame Patry, la femme du charcutier de la place des Halles, était très commerçante, sous-entendu elle était bien avec tout le monde, alors que madame Morineau, la femme du concurrent, qui n’avait pas sa langue dans sa poche, elle ne l’était pas.


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Le bon commerçant d’autrefois, je parle ici du détaillant, ne faisait pas de politique, il opinait à tout ce que racontait ses clients dans la boutique, « et sera tout madame Michu, bon poids… », sourire incorporé et pas question de dire du mal de qui que ce soit.


Ça a commencé à changer avec Pierre Poujade puis ça s’est amplifié avec Gérard Nicoud, la défense du petit commerce contre l’ogre des grandes surfaces a eu ses heures chaudes. Mais, comme les BOF, et les épiciers en général, n’avaient pas tous laissé un souvenir impérissable au temps du rationnement et du marché noir, le soutien populaire n’a jamais été vraiment au rendez-vous.


La génération caddie n’a pas versé beaucoup de larmes pour le petit commerce sauf pour râler lorsqu’il lui fallait acheter deux ou trois choses à l’improviste au plus près de chez soi et que c’était morne plaine et portes closes. Les ruraux ont été les plus radicaux, les plus addict de la GD, plus de boulanger, d’épicier, de boucher, tout en bagnole sur les parkings bitumés. Du côté de Paris, notre ancien maire nous a épargné l’invasion mais il a fallu tout de même que ce soient des gars d’au-delà de la Méditerranée ou de la lointaine Asie qui sauvent nos épiceries.


La proximité refait un retour en force et les grands épiciers se battent comme des chiffonniers pour faire le trottoir.


Et le caviste dans tout ça ?


C’est une profession qui n’existait pas dans nos campagnes et qui, en ville, se cantonnait plutôt dans les vins fins comme Nicolas (même si celui-ci vendait beaucoup de vin en litres 6 étoiles). Le jaja de tous les jours s’achetait chez l’épicier. L’extension de la profession a suivi l’évolution de la consommation : le vin quotidien boisson a laissé la place au vin pour des occasions de consommation estampillé AOC, le marché s’est rétracté et pourtant les cavistes se sont multipliés tout comme les vignerons indépendants. Donc les vocations fleurissent, ça pousse un peu partout, sans pour autant booster la part de marché des cavistes.


Mais, dans le paysage du commerce de détail du vin, la grande novation  du XXIe siècle c’est l’éclosion d’un nouveau profil de caviste : le caviste militant qui fait du prosélytisme, défend de justes causes, s’engage pour ses vignerons, organise des dégustations, ferraille sur Face de Bouc : nature or not nature, blogue, prend son métier de prescripteur très à cœur.


Qui s’en plaindra ?


Surtout pas moi, bien sûr, même si le côté entre soi des débats sur Face de bouc ou sur les blogs limite grandement l’extension du domaine du vin, du bon bien sûr. Pour preuve, le spectacle des jeunes qui pique-niquaient un soir sur le bord du bassin de la Villette que j’ai observé et qui ne consommaient de vraies horreurs (je ne parle pas ici de Coca-Cola mais de vin). Le mieux est souvent l’ennemi du bien et la militance n’est pas une arme très efficace pour amener des jeunes ignorants au vin. Le vin d’initiation, à prix doux, devrait aussi faire partie de l’offre de nos cavistes qui veulent changer le monde. Le récent empaillage à propos du Tariquet est significatif d’une appréhension fausse de ce que sont la grande majorité des néo-consommateurs.


En effet, même s’il est mal porté de parler de chiffres, la production tout comme le marché de ces vins eux aussi militants restent étroit, limité à une clientèle où voisinent certes des acheteurs à fort pouvoir d’achat, les fameux bobos cher à Pousson, mais aussi des jeunes qui tirent le diable par la queue. Face aux rouleaux compresseurs de la GD, des chaînes de cavistes type Nicolas, Le Repaire de Bacchus…, des salons de tout acabit, des systèmes de vente par abonnement où il n’est pas certain que les vignerons tirent un réel profit, de l’Internet, la bataille est et sera rude et, tout comme les libraires indépendants, nos amis les cavistes militants, qui ne vivent pas de l’air du temps, ne peuvent esquiver le débat de la fourchette de leurs prix et de la largeur et de la variété de leur offre.


Il en va  de leur pérennité.

 

En annexe : transmis par mon ami caviste du Lieu du Vin Philippe Cuq...


Charte des Cavistes Alternatifs


Nous, cavistes alternatifs, commerçants indépendants, avons choisi ce métier par passion d'un produit, le vin, dans le but de partager cette passion.


Le vin est pour nous plus qu'une boisson : un produit culturel, fruit d'une activité humaine, dont la finalité est d’être bu, partagé et d'apporter du plaisir.


Nous sommes des hédonistes.


Tout au long de l'année, nous fréquentons des vignerons artisans qui interprètent leur terroir grâce à leur travail, dans le respect du végétal et sans artifice œnologique. Des vins ayant le caractère de leur terroir et la personnalité de leur vigneron.


Tout au long de l'année, nous organisons rencontres et dégustations. Nous fabriquons du lien. Nous nous impliquons dans le local.


Si nous accordons de l’importance à la diversité dans le vignoble, gage d’une production non standardisée, nous sommes également garants d’une distribution originale : chaque caviste alternatif possède sa personnalité, ses choix en découlent, toujours dans l’esprit de vous proposer des vins authentiques, qu’il aime personnellement.


Parce que nous sommes concernés par la sauvegarde de l’environnement, la santé de ceux qui travaillent dans le vignoble et la santé de ceux qui boivent nos vins, nous nous engageons à mettre en avant des vins travaillés en bio, biodynamie ou « nature » et à nous s’assurer que ces vins sont élaborés avec le moins d’intrants possibles.


Notre démarche ne s’arrête pas aux différents labels – ceux-ci n’ont jamais garanti la qualité intrinsèque d’un vin – et notre objectif est de vous offrir un choix diversifié de vins, hors des sentiers battus, que nous avons choisi parce que nous les aimons.


Cette vision de notre métier nous conduit à dénicher des vignerons talentueux, qui partagent la même éthique, les mêmes convictions dans un partenariat militant qui dépasse les simples liens commerciaux. Nous nous assurons, au sein de ce partenariat qui mise sur la cohérence, de vous proposer un prix honnête pour un vin payé à son juste prix au vigneron 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Jungmann 03/09/2014 09:42


C'est un poil plus tentateur que les chartes syndicales de ces derniers temps. Mais Jacques c'est long à lire en magasin !

Jacques, il est tôt, mon accomodationLuc Charlier 03/09/2014 07:18


Jacques, il est tôt, mon accommodation visuelle n'est pa encore au top et la journée sera longue à devenir ce soir (joli, ça). Où commence le texte que tu reprends? Au titre "Charte des Cavsites
alternatifs" ou bien n'est-ce qu'un leurre?

JACQUES BERTHOMEAU 03/09/2014 07:22



ben oui 



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