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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 12:00

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Le soufre sent le soufre et les sans soufre plaident pour que les buveurs ne souffrent plus des nuisances du soufre. Mais les barriques, elles, souffraient-elles de ce que les gens de chais brûlent des mèches de soufre en leur sein ? Bien sûr je pourrais réécrire la phrase au masculin : les futs souffraient-ils… mais ce ne serait que redondance. Bref, le soufre est en effet classé comme un biocide. En vertu d'une directive européenne de 1998, tous les produits de ce type doivent obtenir une autorisation de vente par la Commission. Cette procédure a pour but d'empêcher la mise en marché de produits dangereux pour l'homme ou pour l'environnement. Pour obtenir cette autorisation, il faut déposer un dossier. Comme le soufre n’est la propriété d’aucune firme, aucune démarche n’avait donc été entreprise et, les grognons de la Commission, las d’attendre, ont fait savoir aux Etats membres qu'elle prendrait, début mai, la décision de ne pas l'inscrire sur la liste des biocides autorisés. Une telle mesure aurait abouti à l'interdiction du méchage au soufre après une période d'écoulement des stocks.


Bref, comme toujours dans ces cas-là, branle-bas de combat mais fallait trouver du pognon pour financer le montage du dossier. Laissons de côté ces détails subalternes et donnons quelques explications sur ce dossier en voie d’être bouclé.


Qu’est-ce qu’un produit Biocide?


Produit destiné à la désinfection ou  la protection des matériaux alimentaires ou  non alimentaires.  23 types de produits  (TP) répartis en 4 familles (400 produits  dont le SO2).


Qu’est-ce que la directive Biocide ?


Adoptée en 1998, elle a pour objectif  de limiter la mise sur le marché  des seuls produits biocide efficaces et présentant des risques acceptables pour l’homme et l’environnement.

Une période de moratoire de 10 ans  permettait l’évaluation de chaque produit  Biocide avant décision de maintien ou  d’exclusion par les états membres européens  dans la liste des produits Biocides autorisés.


Un produit Biocide est évalué sur  la demande d’un industriel qui constitue  le dossier scientifique et le soumet à  un état membre rapporteur.


Qu’est-ce qu’un dossier Biocide?


L’évaluation des risques environnementaux et  toxicologiques d’une substance et de son  produit biocide dérivé.

L’évaluation de l’efficacité du produit  biocide sur les microorganismes visés.

 

Combien coûte un dossier Biocide?


Entre 500 K€ et …. K€ selon les études nécessaires

.

La chronologie du dossier biocide :


Décembre 2009: délai initialement fixé pour la présentation d’un dossier Biocide SO2. A cette date, aucun industriel ne manifeste l’intention de déposer un dossier.

 

Décembre 2010: le CEEV est informé de la décision probable d’interdiction par la Commission du SO2 comme biocide par les états membres.

 

Mars 2011: lancement d’une collecte d’informations scientifiques par l’OIV auprès de ses états membres.

 

Mai 2011: sous la houlette du CEEV, courrier de mobilisation de l’ensemble des organisations de la filière vin européenne pour demander à la commission le report de la décision d’interdiction du SO2 Biocide.

 

uin 2011: premier appel de fonds du CEEV aux principaux pays viticoles européen (France, Espagne, Italie, Portugal, Allemagne).

 

1er septembre 2011: acceptation de la commission européenne pour un report exceptionnel de la décision d’interdiction sous condition de présentation d’un dossier en mai 2012.

 

Février 2012: accord de la commission pour un délai supplémentaire et définitif de remise du dossier en novembre 2012.

 

Avril 2012: lancement des travaux scientifiques d’évaluation sous l’impulsion du CNIV (Comité National des Interprofessions de Vins ; France).

 

Octobre 2012: signature à Bruxelles des accords du « consortium SO2 Biocide » pour le financement du dossier.

 

29 novembre 2012: dépôt du dossier Biocide auprès des autorités allemandes.

 

L’avenir de la mèche de soufre ?

 

« Au terme de la période d’évaluation et après décision des états membres européens d’inclure le SO2 dans la liste des Biocides autorisés, les produits mis sur le marchés (pastilles et mèches) devront avoir la licence d’homologation du fabricant associé au consortium (AFEPASA).

 

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Adieu donc la mèche de pépé qui, lorsque je pointais mon nez au-dessus de la bonde de ces grosses barriques après qu’elles eussent brûlé, me défonçait les cloisons. Vive les pastilles ! Affaire à suivre donc et demain je vous remettrai une bouffée de soufre rien que pour emmerder les vieux barbudos ex du Larzac qui se refont une santé du côté de Notre-Dame des Landes. Je décoconne bien sûr, faut bien que vieillesse se passe, et quand aux grosses plates-formes aéroportuaires je ne suis pas très chaud vu que dans les soutes des gros-porteurs y’a plutôt des trucs chers qui viennent de pétaouchnoc à contre-saison… même des bouquets de roses…

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Michel Grisard 01/12/2012 23:38


On marche sur la tête, de vouloir tout gérer depuis Bruxelle. Est qu'on a pris les précautions nécessaires pour les produits chimiques des GRANDES firmes multinationales, pour les risques
"acceptables" pour l'homme et l'environnement?


Le soufre naturel n'est même pas autorisé pour soufrer nos vignes. Nous ne devrions utiliser que le soufre issu de la pétrochimie!

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