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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 00:09

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Nous sommes un vieux pays, sans roi ni reine ni empereur, mais il n’empêche qu’à tout bout de champ (j’adore cette expression car elle me rappelle le temps de la décavaillonneuse avec mon pépé Louis link ) sont évoqués à propos de notre président républicain ses droits régaliens.


Alors il ne faut pas nous étonner qu’au royaume des effervescents le champagne est roi et les crémants ne sont que des vassaux ignorés de ce suzerain quelque peu hautain. Pouvoir absolu, sans partage fondé sur un solide fond d’Histoire qui remise les autres bulles au rang d’utilités.


Alors que le cava espagnol et le procecco italien s’internationalisent, taillant même dans certains pays des croupières au champagne, nos braves crémants barbotent encore gentiment dans notre marigot national.


Et pourtant clament les spécialistes nos crémants sont bons et pas chers !


Prenant à contre-pied l’opinion parfaitement justifiée de ces dégustateurs patentés  j’affirme que la faiblesse des crémants repose sur ces deux piliers : leur qualité et leur prix moins élevé.


Sur le premier pilier bien sûr je n’entends pas que la grande majorité des « champagne » ne sont pas de qualité mais j’affirme sans risque de me faire démentir que certains champagnes bas de gamme sont loin d’être au niveau qualitatif des crémants.


Pour le prix je n’ai nul besoin de faire un dessin.


Et pourtant, en dépit de l’appropriation exclusive sur l’étiquette du champagne de la mention «méthode champenoise» et l’apposition de «méthode traditionnelle» pour les crémants, la dite méthode pour ces AOC est la même pour tous, celle d’une prise de mousse par fermentation naturelle en bouteille.


Est-il plus couteux de produire un champagne BSA qu’un crémant ? Je ne sais, les grands experts doivent le savoir mais ça ne justifie en rien de telles différences de prix.


Alors, pourquoi donc ce dédain dont souffrent cruellement les crémants de la part des consommateurs non-avertis ?


La raison centrale se situe dans la notoriété du champagne entretenue depuis des décennies par la force des leurs grandes marques. Le CIVC ne finance aucune campagne de publicité générique mais défend becs et ongles au plan international son appellation. Le bon marketing commence toujours par la capacité à générer derrière chaque bouteille de l’argent à réinvestir dans la notoriété de la marque. Ainsi la marque Nicolas Feuillatte s’est créé ex-nihilo dans un groupe coopératif.


Le champagne est un donc un produit statutaire car il situe dans la hiérarchie sociale celui qui le sert et honore celui à qui il est offert.


Lorsque j’ai acheté ma Twingo, mon concessionnaire Renault m’a offert en cadeau un très mauvais champagne. Tout en le remerciant de cette attention je le lui ai fait remarquer gentiment. Il en fut très étonné car pour lui un champagne ne saurait être mauvais. Jamais il ne lui serait venu à l’idée d’offrir à ses clients un bon crémant.


J’ai connu cet effet « haut prix » lorsque je traitais le dossier Rivesaltes. En effet, celui-ci AOC bénéficiait d’une fiscalité légère (un privilège fiscal) et se retrouvait sur les rayons, moitié moins cher qu’une bouteille de Martini. La différence allant dans la poche de l’État. Il n’empêche que pour le consommateur le Martini vu son haut prix était considéré comme le produit haut de gamme alors que le Rivesaltes se trimballait une image de produit premier prix.


Il reste aussi dans l’inconscient des Français de ma génération, et ils sont encore nombreux et acheteurs, l’idée que tout ce qui n’est pas du champagne n’est que du vulgaire mousseux que l’on gagnait au stand de tir de la foire locale.


C’est regrettable et je le regrette.


Mais alors que faire pour combler ce fossé de notoriété ?


Pas simple car les Crémants sont issus de 7 régions d’appellation : Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Die, Jura, Limoux, Loire et, en dépit de l’existence d’une fédération des crémants, l’impact auprès des consommateurs de la promotion du crémant est extrêmement diffus. Le crémant ça ne leur parle guère à nos braves acheteurs. Peu de marques repères sauf dans deux appellations Limoux et Die mais une myriade d’excellents élaborateurs.link


Certains vont m’objecter que, tout comme l’ensemble des effervescents, le marché des crémants se développe en volume *. Je ne le conteste pas et ce n’est pas l’objet de ma réflexion qui porte exclusivement sur l’image des crémants, ou la non-image d’ailleurs, dans le grand public. La fourchette de prix donnée par la Fédération de 5 à 10 € conforte mon analyse. Les crémants ne se comportent pas comme de véritables challengers du champagne ils doivent se contenter de suivre les hauts et les bas de prix du seigneur champagne.


Bien évidemment il ne s’agit pas pour eux de singer le champagne, ceux qui s’y sont essayés comme à Limoux s’y sont cassés les dents, mais d’engager un travail de fond pour mieux pyramider leur offre, comme le disait un petit rapporteur mieux se positionner. Facile à dire mais plus difficile à mettre en œuvre bien sûr.


Ma seule préconisation pour accroître la notoriété des crémants est que dans les dégustations collectives une place plus importante soit faite à des vignerons qui sont justement des vecteurs de notoriété. En effet, les prescripteurs de notoriété : restaurants, critiques influents cherchent à se démarquer, à sortir du lot, et ce ne sont pas les déjà installés qui les intéressent. L’intérêt bien compris de ceux qui vendent les plus gros volumes via la GD est de mettre en avant ceux qui ne sont pas comme eux. Le fameux revenant-bon  des cotisations est une illusion d’optique en termes de communication, les champenois l’ont fort bien compris d’ailleurs : à côté des grandes marques ont éclos une myriade de vignerons emblématiques qui génèrent de la notoriété dans les nouvelles générations un peu allergiques aux grandes maisons.


Lors de la dernière dégustation organisée par la Fédération des Crémants j’ai renoncé à m’attaquer aux quelques 80 échantillons proposés car je ne voyais pas au juste ce que cela allait m’apporter et, surtout, ce que je pourrais restituer à cette assemblée où il y avait bien sûr de beaux crémants. C’est pour cette raison que je viens de commettre cette chronique, qui ne plaira pas forcément à tout le monde, mais plaire à tout le monde c’est prendre le risque de n’intéresser personne.


 

  • Comment va le marché des Crémants? 

 

Avec plus de 72 millions de cols vendus en 2012, le marché des Crémants se porte bien. Nous enregistrons chaque année des progressions comprises entre 5 % et 7 %. Cette hausse est encore plus importante pour les appellations qui élaborent des crémants rosés. On constate que le marché de l’export est particulièrement porteur et booste les ventes, représentant pour certaines appellations jusqu’à 50% des volumes. Si le crémant est devenu depuis quelques années une locomotive de l’économie de la filière viticole de nos régions, il devient aujourd’hui un véritable vecteur de développement et tout en conservant sa place de challenger des vins effervescents à appellations d’origine contrôlée (AOC). Il faut dire que la multiplicité de l’offre de nos crémants permet de répondre à tous les goûts et assure un accord avec tous les plats et tous les instants.


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Chiffres clés*


• Nombre d’AOC : 7 (alsace, bordeaux, bourgogne, die, Jura, limoux, loire).


• Superficie en production : 8 500 hectares.


• Nombre d’élaborateurs : 1 200, toutes régions et toutes catégories confondues.


• Production annuelle : environ 72 millions de bouteilles, toutes régions confondues.


• Ventes : environ 72 millions de cols. L’export varie en fonction des régions, mais représente en moyenne entre 20 % et 50 % des ventes.


• Prix moyen par bouteille : entre 5 € et 10 €.


• Marché des Crémants : un marché en hausse constante, avec des ventes qui progressent de 5 % à 7 % par an.


*Chiffres 2012

 

ALSACE Chiffres clés


• Superficie en production : environ 3 500 hectares.

• Aire de production : 119 communes.

• Nombre d’élaborateurs : 530.

• Rendement moyen : 75 hectolitres par hectare.

• Production annuelle : 270 062 hectolitres (en 2012).

• Ventes : 81 % sur le marché français et 19 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 33,4 millions par an (en 2012).

 

 

BORDEAUX  Chiffres clés


• Superficie en production : 287 hectares.

• Nombre de producteurs : 123 producteurs et 7 élaborateurs.

• Rendement moyen : 63,5 hectolitres par hectare.

• Production annuelle : 18 285 hectolitres (en 2012).

• Ventes : 93 % sur le marché français et 7 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : plus de 2 millions par an.

 

 

BOURGOGNE Chiffres clés


• Superficie en production : environ 2300 hectares.

• Aire de production : 385 communes.

• Nombre de producteurs : 1831 producteurs et 106 élaborateurs.

• Rendement moyen : 68 hectolitres par hectare.

• Production moyenne annuelle : 125 000 hectolitres.

• Ventes : 69 % sur le marché français et 31 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 18,7 millions (en 2012)

 

 

DIE Chiffres clés


• Superficie en production : 24 hectares.

• Aire de production : 31 communes.

• Nombre de producteurs : 13.

• Rendement moyen : 60 hectolitres par hectare.

• Production annuelle 2012 : 1 375 hectolitres.

• Nombre de cols vendus 2012 : 240 000.

 

 

JURA Chiffres clés


• Superficie en production : 325hectares.

• Aire de production : 104 communes.

• Nombre de producteurs : 140.

• Rendement moyen : 55 hectolitres par hectare (en 2012).

• Production annuelle : 16 113 hectolitres.

• Ventes : 90 % sur le marché français et 10 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 2,7 millions par an.

 

 

LIMOUX Chiffres clés


• Superficie en production : 846 hectares.

• Aire de production : 41 communes.

• Nombre de producteurs : 240 producteurs

et 20 metteurs en marché.

• Rendement moyen : 49 hectolitres par hectare.

• Production annuelle : 42 130 hectolitres.

• Ventes : 70 % sur le marché français et 30 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 5 millions par an.

 

 

LOIRE Chiffres clés

 


• Superficie en production : 1 500 hectares.

• Nombre de producteurs : 550 viticulteurs,

6 caves coopératives, 8 maisons de négoce

• Rendement moyen : 50 hectolitres par hectare.

• Production annuelle : 11,5 millions de cols (en 2012).

• Ventes : 50 % sur le marché français et 50 % à l’export.

• Nombre de cols vendus : 11,5 millions (en 2012).

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Dan 06/10/2013 16:42


Depuis environ 1 an, la Savoie est la 8e région française productrice de crémant.

tchoo 30/09/2013 18:57


small is beautiful!


alors il y a des chances que la notoriété reste aussi small et l'apanage de quelques initiés! grand bien leur fasse


et pourquoi les gros n'auraient pas de caractère?  d'autant plus que la qualité des vins effervescents provient d'un subtil assemblage de cuvées et terroirs différents (à moins que les
champenois ne nous est vendu ce concept que pour mieux faire passer leur fat)

JACQUES BERTHOMEAU 30/09/2013 19:19



Je n'ai jamais écrit que les gros ne faisaient pas bon mais qu'ils n'avaient pas su ou pu créer des marques faute sans doute de moyens contrairement aux champenois. Que ça vous plaise ou non les
smalls de champagne participent à la notoriété de celui-ci et les grandes maisons l'ont compris puisqu'elles cultivent aussi ce terrain. Il n'y a aucune opposition entre les deux démarches. Moi
je constate ce que je vois je n'invente rien ni ne conseille rien...



tchoo 29/09/2013 09:05


Ha l'éloge du petit vigneron, artisan, pour pas dire artiste besognant dans son coin, à la recherche d'une identité forte pour faire authentique, à encore de beaux jours dans certains esprits.


Et si le "problème" des crémants était tout simplement que pour beaucoup dans les régions productrices était tout simplement que ce breuvage est un produit accessoire dans l'offre des
producteurs?


La création de marques fortes dans chaque régions aurait plus d'impact que la multiplication des productions individuelles, ce qui ne les empêcherait pas d'ailleurs tout au contraire, elles
pourraient grandir à l'ombre des grandes soeurs (comme en champagne, sachant aussi que chez bien des marques individuelles sont commercialisées par des membres de coopératives )

JACQUES BERTHOMEAU 29/09/2013 09:08



Les marques fortes nous sommes passé à côté c'est plié et il y a en effet comme en Champagne des vignerons individuels pas forcément des petits qui éléborent des produits qui se positionnent bien
mieux que les gros machins sans grand caractère. Les choses évoluent...



Michel Smith 28/09/2013 08:43


D'accord avec toi, il faut mettre en avant les vignerons. Oui, mais les vignerons de qualité. Or, la plupart des appellations de Crémant sont dominées par de grosses caves coopératives qui, à de
rares exceptions, mettent en avant leurs cuvées bas de gamme ou, à l'inverse, de prétentieuses cuvées sans grand intéret en dehors de l'habillage et de la forme de la bouteille. Pour représenter
une appellation, les syndicats devraient présenter ce qu'ils ont de meilleur et non pas ce qu'ils ont de plus riche, de plus puissant, de plus influent, de plus vendeur, de plus présent dans la
grande distrib. 

Feuilly Roger 28/09/2013 00:41


oh là là, je n'en peux plus la statistique tue la statistique et de crémant, c'est-à-dire de limonade, j'arrête...

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