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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 00:00

 

C’est dans l’Yonne Républicaine : « Les corbeaux du Chablisien démasqués » Un courrier anonyme avait mis en cause les pratiques de la Chablisienne, en juillet dernier. Yves Durand écrit « Les enquêteurs de la police judicaire viennent en effet de débusquer les auteurs du courrier anonyme qui mettait violemment en cause les pratiques commerciales de la Chablisienne, distribué en juillet aux 252 adhérents de la coopérative » Le limiers de la PJ, grâce au mailing, sont remontés jusqu’à la Fédération de défense de l’appellation Chablis et « à ses deux présidents, Gilles Fèvre et Gérard Vilain. Elle a aussi mis en lumière l’implication du plus important producteur indépendant de Chablis, Jean Durup. » 

 

 

 

« Une affaire digne de clochemerle ! » selon Jean Durup, mais il est bien étrange que le « souci de discrétion, d’information et de confidentialité » ait poussé les auteurs à ne pas avoir le courage d’envoyer ce courrier à tous les viticulteurs de Chablis sous l’en-tête de leur Fédération et de le signer. Quand à leur avocat Me Alain Thuault c’est un grand comique lorsqu’il ose nous servir que « la publicité du courrier a été donnée par la victime » et qu’il rappelle « que le délit d’opinion n’est pas répréhensible en France. »  Restons sérieux un instant, n’enveloppons pas une « petite dénonciation anonyme » dans du papier soie pour la faire passer pour l’expression d’une opinion. En effet, et je n’irai pas au-delà sur cette « affaire » chablisienne – sur laquelle je ne peux exprimer aucune opinion sur le fond n’ayant à ma disposition aucun élément concret – la liberté d’opinion est, et reste, un des fondements de nos sociétés démocratiques mais son corollaire est que l’expression de cette opinion émane d’un personne physique ou morale indentifiable afin que, ceux ou celles éventuellement mis en cause, puisse y répondre.

 

 

C’est la même chose sur mon espace de liberté, comme sur le reste de l’Internet : l’anonymat, lorsqu’il s’agit de toute forme de mise en cause d’autrui, est méprisable. C’est l’arme des faibles, des couards et des pleutres. Si l’Internet veut préserver ses « espaces de liberté » des censeurs ou des puissances d’argent ou de l’intelligence officielle, le citoyen lecteur de blog se doit d’assumer sa liberté. Sinon, les formules chocs fleurissent « début du totalitarisme » Henri Guaino, « la poubelle de la démocratie » Alain Finkielkraut, « la plus grande saloperie jamais inventée » Jacques Séguéla, « le tout à l’égout de la démocratie » Denis Olivennes... Soyons simple : le commentaire anonyme n'est que la forme moderne de la lettre anonyme point c’est tout. Les rumeurs fondées sur des ragots ou des fausses nouvelles n’ont pas attendu l’irruption du Net pour exister. Bien sûr, la puissance de diffusion du Net donne un écho parfois démesuré à des saloperies. Pour autant faut-il avoir peur de l’Internet, encore une nouvelle peur, ou instruire son procès, autant mettre en accusation la nature humaine.


Je trouve assez plaisant, je veux dire indécent, de la part d’un Olivennes patron du Nouvel Obs., qui truffe son magasine de pages rédactionnelles ou de soi-disant rubriques « Air du temps » pompes à publicité ou de numéros spéciaux où la moindre bricole vaut 1000 euros, de parler d’égout. C’est lui le grand collecteur de l’égout qui déclenche toutes les aigreurs ou les miasmes de certains internautes. Les leaders d’opinion ont failli, ils déclenchent des réactions de « petits blancs » sur le Net. Je le regrette mais avant de nettoyer les écuries du Net ils feraient bien de curer leurs tinettes même si elles sont dallées en marbre de Carrare.


Dès que des errements de toute nature apparaissent sur des espaces libres ou soit disant tels : finances, marchés agricoles ou ici le Net il est de bon ton de parler de régulation. C’est très apaisant de réguler mais pour réguler il faut un régulateur ou un outil de régulation et c’est alors que tout se complique entre les deux extrêmes  l’autorégulation et l’accumulation d’interdits. D’expérience tout système vertueux induit des effets pervers tout aussi nocifs que ceux d’une totale dérégulation. Pour ma part, n’ayant pas la main sur les grandes décisions, je me contente de préconiser sur mon espace de liberté les règles du savoir-vivre ensemble qui passe par le respect mutuel de la liberté d’opinion.


Pour prendre une image simple : à tous ceux qui se plaignent de la malpropreté de Paris, par exemple, je leur demande de se poser la question de savoir si eux-mêmes n’ont pas tendance à jeter un mouchoir, un ticket de métro, un mégot ou je ne sais quoi par la vitre de leur automobile. Relions le lobe de notre cerveau protestataire à celui du citoyen, pour preuve de nos contradictions les résultats de ce sondage : 63% des français reconnaissent « la souffrance des animaux gavés » mais seulement 18,7% répondent oui au refus d’acheter du foie gras alors que le non est écrasant 81,3%. (Cet exemple ne constitue pas une prise de position personnelle)


Même si c’est ringard je crois dans la vertu de l’exemple pour emporter une conviction. Alors, pour nous internautes si nous voulons faire obstacle aux détritus de toutes sortes, adoptons le seul geste qui sauve : le savoir-vivre ensemble sans masque, cache-sexe ou autre pseudonyme non identifié par le gestionnaire du blog.



L'illustration de Reiser illustrant cette chronique pourra être jugée de mauvais goût par certains mais elle est signée, et ça me vaAinsi, la SPA pouvait en son temps traîner Reiser devant les tribunaux pour outrage à l'image des chiens...


 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

bartasso jean 26/10/2010 10:35



bonjour:  il semble que les vignerons français tire la langue.


le 2/10/2010 à SUPER U j'ai acheter une bouteille   petit chablis union des viticulteurs chablis  mis en bouteille à la propriété  L310190  sulfité  du 2008 
à 4e89



je dois dire que la bouteille à fini au vinaigrié  certains vignerons se tirent des balles dans le pied  et rédiculisent le travail des gens sérrieus



Pascal Bouchard 08/01/2010 11:22


L'union ne veut pas dire l'uniformité.
Malheureusement nos responsables confondent opportunément les deux afin d'annihiler toute critique, souvent constructive, et, de ce fait, se contentent d'une gestion au jour le jour souvent
démagogique et sans vision à moyen et long terme.
La complexité d'une bonne politique de défense de l'appellation est accentuée par le fait qu'un producteur reconnu pour la qualité de ses vins n'a pas forcémment raison sur la politique collective
à mener et inversemment.
On cherche, depuis des années, à contrôler la qualité des vins par de la réglementation qui s'avère souvent inefficace car la qualité est, avant tout, une démarche individuelle.
Depuis longtemps, je souhaite la "mise en bouteilles obligatoire dans la région de production"ce qui me paraît une mesure basique de défense, si ce n'est de la qualité, de l'authenticité.
Cela semble un sujet tabou plus par manque de volonté que pour des raisons juridiques sachant que plusieurs régions productrices l'appliquent déjà.
La mise en bouteilles est délocalisable à souhait.
Pour des raisons pseudo environnementales et de bilan carbone, en réalité très marketing, nous allons assister impuissants, dans un proche avenir, à l'accentuation de la délocalisation de la mise
en bouteilles sur les lieux de distribution par les grandes chaines européennes.
Comment imposer un contrôle qualité à ce niveau?
Pascal Bouchard-Chablis   


Olivier de Moor 08/01/2010 08:42


Bonjour M. Smith,

J' ai également donné le mien en constatant que les Chablisiens suivaient ce blog.

La question est, puisque vous l' abordez, de la relation entre le plaisir  et les outils que l' on a disposition.( Vous comprendrez que je ne veux pas m' exprimez sur cet exemple
particulier.)

Cependant pour moi, la vraie question posée et que je me pose depuis longtemps, est la relation entre le plaisir et le lien à l' appellation. Et je ne suis pas du tout convaincu qu' il y ai une
proportionnalité entre les deux. Ce n' est pas un avis mais justement une question que je me pose.

Le plaisir à tout prix est-il l' objectif de l' aoc?

Très sincères salutations dans ce matin glacial.

ODeMoor


Michel Smith 08/01/2010 07:22


Eh bien tant pis, je me mouille. Cela fait une vingtaine d'année que je goûte les vins des principaux protagonistes de ce clochemerle viticole. Pour moi, il n'y a aucun doute : les vins de Durup,
hormis de très rares exceptions, sont pour la plupart médiocres, rarement à la hauteur du prestige qu'impose le nom de Chablis. Ceux de la Chablisienne, sans être fantastiques, ont le mérite d'être
bons y compris le Petit Chablis et réguliers. En outre, ils sont proposés à un prix que je qualifierai de raisonnable. Donc, dans cette affaire pour le moins étrange, mon coeur d'amoureux du vin
penche plutôt vers La Chablisenne. Je sais, on ne m'a pas demandé mon avis. Mais voilà, c'est comme ça : dans les petites "gue-guerres intestinales", j'aime bien dire ce que je pense et sortir un
peu de ma réserve de vieux con de journaliste.


Olivier de Moor 07/01/2010 19:03


Et bien clairement et je m' en doutais un peu "entente lorsqu' il s' agit de parler de l' appellation" peut cacher le pire comme le meilleur. Le meilleur s' il résulte d' une démarche collective
après s' être posé la question de savoir ce qui éffectivement nous réunit. Je pourrais vous dire par exemple une démarche collective pour valider les vraies contraintes de ce qui fonde ou a fondé
l' aoc. Tout en essayant encore de se donner les moyens économiques de ce grand dessein. A ce titre "L' UNION" des grand crus(vous le savez mieux que moi) était un projet collectif superbe pour
recréer une dynamique globale... que l' on devait écarter ensuite.
Le pire aussi peut découler de cette union. Et j' espère que vous imaginez ces travers d' une union obligatoire. L' union derrière une seule analyse après avoir oublié les questionnements et les
reflexions collectives. Ce fut trop souvent le cas.
Le rêve ???:Le rêve surtout de la question bien posée. Pour qu' elle entraine la question qui suit tout en se disant que la réponse précedente était peut-être fausse.  Mais entre le rêve et la
réalité, il y a les vrais problèmes chaque jours un peu plus cruciaux. Ne les eludons pas derrière une union de facade, un vague discours commercial généraliste fédérateur. Plutot que l' union je
préférerai beaucoup une somme de richesses, une somme de personnes, un ensemble de couleurs comme autant de parcelles différentes mais voisinnes.

Respectueusement,

ODeMoor




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