Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 00:09

Roses-et-Primeurs-001.JPGEn notre France qui a raccourci le dernier détenteur royal du pouvoir absolu le vocabulaire monarchique est toujours prisé : nous parlons des fonctions régaliennes à propos du pouvoir exécutif de la République et pour les familles qui ont su transmettre au fil des générations un patrimoine abritant des trésors viniques : de dynasties. « À l’origine même de la maison qui porte leur patronyme ou devenues propriétaires au cours de l’histoire de domaines réputés, les familles dont nous vous contons ici l’épopée font du vin depuis trois générations au moins. » écrivent JP de la Rocque et Corinne Tissier dans leur livre Guerre & Paix dans le vignoble Les secrets des douze grandes dynasties du vin chez Solar.


Antinori, Bollinger, Drouhin, Egon Müller, Hugel, Lurton, Mellot, Pol Roger, Roederer, Romanée-Conti, Rothschild, Torres… Nous y sommes… mais pourquoi me direz-vous un match entre Catherine et François ? Tout bêtement parce que j’ai reçu d’eux deux flacons de vins rosés issus de leur production :


-         Pour Catherine 1 Sancerre Rosé 20011 Le Rabault et 1 Reuilly rosé Jean-Michel Sorbe 2011 ; Roses-et-Primeurs-003.JPG

-         Pour François  1 Vino de la Terra de castilla Y Léon Rosé 2011 Bodega El Albar et Vin  de France fumées blanches Rosé 2011.Roses-et-Primeurs-006.JPG


« Guerres ou révolutions, pandémies humaines ou viticoles, luttes fratricides… elles se sont montrées plus résistantes que leurs ceps de vigne au phylloxéra ! Quel est donc le secret de leur longévité ? Seulement 15% des entreprises familiales passent à la troisième génération. Qu’en est-il pour le vin ? Aucune statistique officielle sur le sujet. « mais la maxime populaire selon laquelle le fondateur soit un aigle, le deuxième un faucon et le troisième un vrai c… se vérifie aussi dans le vin ! » ironise Jean-Philippe Hugel, PDG de la prestigieuse maison alsacienne. »

9782263050510.JPG Alors vous me voyez venir avec mes gros sabots plein de paille : je vais vous gratifier de quelques citations en vrac. Je suis l’ordre alphabétique :

 

LURTON : quelle galaxie !

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« Dans le monde du vin, ce nom est un sésame. Pourtant, la famille Lurton reste méconnue du grand public. Même si l’amateur averti connaît certains de leurs nectars (…) en revanche, il ignore que la dynastie Lurton, c’est déjà plus d’un siècle d’histoire et un patrimoine total de vingt-cinq châteaux, dont plusieurs crus classés bordelais, 1200 hectares de vignes en Bordelais et dans le Languedoc, des domaines en Argentine, au Chili, en Espagne, au Portugal et même en Australie. 


Certes, tout cela n’est pas la propriété d’un seul homme. À l’image des Rothschild, les Lurton ne font pas cave commune, autant d’étiquettes, autant de prénoms, autant de Lurton, peut-on dire. Faire le tour des propriétaires relève à l’évidence d’un voyage à la Jules Verne (…)

Quatre à la deuxième génération, vingt-quatre à la troisième et plus du double à la quatrième… pas facile de s’y retrouver dans cette dynastie tentaculaire !  Des présentations s’imposent donc. L’essentiel du patrimoine viticole est aujourd’hui  détenu, de manière indépendante, par deux des quatre  branches de la deuxième génération. »

 

Pour faire simple c’est André et Lucien Lurton.


« Frères ennemis, André et Lucien Lurton ? « Non, ils ne sont pas fâchés. Simplement, ils ne se fréquentent plus, c’est tout », lâche Jacques, fils d’André. Orphelin de leur mère à 10 et 9 ans, André et Lucien ont tenté de travailler ensemble. Très vite pourtant, leurs chamailleries de jeunesse se sont transformées  en rivalité professionnelle. André « l’expansif » et Lucien « le taiseux », ont une vision de la vie et du vin radicalement opposée. À l’évidence, les deux frères n’évoluent pas sur la même planète ! D’un côté, Lucien le solitaire, de l’autre André, en quête perpétuelle de reconnaissance (…)


« La divergence d’approche de la vie se retrouve dans la manière dont ils ont développé leurs affaires viticoles », observe Thierry, fils de Lucien. Même si les deux frères ont hérité du côté Géo Trouvetout de leur grand-père Récapet. « Lucien comme André ont énormément innové, qu’il s’agisse du matériel pour la vigne ou pour la vinification », souligne le fils d’André, François (junior).


« André Lurton rechigne à passer le relais à la génération suivante. Au grand dam de ses neufs enfants, surtout de Jacques, qui après quelques mois à la tête de l’entreprise familiale a jeté le gant, fin 2006, dégoûté par le caractère tyrannique d’un père incapable de lâcher les rênes. Ce comportement considéré par ses propres enfants comme autocratique avait déjà poussé Jacques et son frère François (junior) à fonder, dès 1988, leur propre société de négoce, faisant de leur nom un label quasi-planétaire (…)Jacques et son frère François (junior) « ont dénoué en 2006 l’association qui leur a permis de bâtir une entreprise viticole d’envergure international(…) Pilotée désormais par le seul François Lurton, insatiable bâtisseur, cette société est présente dans cinq pays, écoule plus de 6 millions de bouteilles et pèse aujourd’hui près de 25 millions d’euros. En dix-huit ans de travail commun, les deux frangins ont fait de leur patronyme, sans forcément le vouloir au départ, une marque mondiale de vins biens faits à prix serrés (entre 5 et 10 euros). »


« Si la question de la succession pollue les relations d’André avec ses enfants, ce n’est pas le cas pour Lucien, qui a réglé cette question il y a dix-sept ans déjà. Lors d’une réunion de famille qui a marqué à jamais ses dix enfants. Lucien leur a légué ses dix châteaux. »


Le livre date de 2008, des évolutions sont intervenues depuis mais je n’ai pas vocation à l’exhaustivité


MELLOT : cousins, cousines….

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« Alphonse senior et Alphonse junior qui a pris le relai de son père partagent une philosophie tout élitiste du vin, pour le plus grand plaisir du palais. Prénommés Alphonse de père en fils aîné depuis cinq générations, les Mellot revendiquent plus de cinq siècles d’histoire dans le vin… pas moins de dix-neuf générations à Sancerre.


Mais un Mellot peut en cacher un autre… À quelques mètres de là, au 16 de la Nouvelle Place de Sancerre, un restaurant bien nommé l’auberge Joseph Mellot rappelle aux visiteurs et aux touristes qu’il y a d’autres membres de la famille à Sancerre. Ici, pas question de déguster les nectars d’Alphonse Mellot, mais les vins des heureux propriétaires de la maison Joseph Mellot, qui se prévalent de la même lignée née en 1513. Et pour cause, les deux branches Mellot sont cousines, mais s’ignorent.


Certes, les « Alphonse » et les « Joseph » portent le même nom. Mais ils ne jouent pas dans la même ligue viticole.


À la tête des vignobles Joseph Mellot, une femme, Catherine Corbeau-Mellot, businesswoman, la quarantaine dynamique,  a pris les rênes de l’entreprise familiale après le décès prématuré de son époux Alexandre Mellot, en 2005, des suites de maladie. So credo ? Faire des vins « plaisir » à  des prix raisonnables – de 5 à 15 euros – la bouteille. À l’opposé de celle des « Alphonse », cette stratégie s’est avérée aussi très payante et lui vaut d’être citée régulièrement dans les guides les plus établis (…)


Successions, bagarres, jalousies ou décès : il s’en est fallu de peu pour que l’entreprise Mellot, unique à l’origine, ne disparaisse. Mais soucieuses de préserver chacune leur part d’héritage, les deux branches de la famille ont préféré le divorce à la berrichonne pour faire cave à part. Chacun des Mellot a ainsi poursuivi son chemin dans se préoccuper de l’autre (…)


« Lorsque Catherine arrive dans la société en 1987 après avoir rencontré « l’homme de sa vie », elle s’occupe de la partie commerciale. Épaulée par Alexandre, elle suit les cours de l’université du vin à Suze-la-Rousse et prend des responsabilités dans la marche de l’entreprise. Au lendemain du décès d’Alexandre, elle ne se pose même pas la question. « Deux jours après, il y avait une réunion export. J’y suis allée, je n’allais tout de même pas laisser s’écrouler la société », raconte-telle. « Les sœurs d’Alexandre – Marie-Josèphe, Isabelle et Pascale – et ma belle-mère m’ont donné confiance pour continuer. ».

 

Voilà des extraits de deux histoires que vous pouvez lire dans leur intégralité dans Guerre & Paix dans le vignoble Les secrets des douze grandes dynasties du vin de JP de la Rocque et Corinne Tissier chez Solar.

 

Du côté des vins : ceux de Catherine, le Sancerre Rosé est un 100% Pinot Noir et le Reuilly Rosé est un 100% Pinot Gris. Ils sont tous les deux de couleur saumonée clair ; ceux de François l’espagnol est un rosé de goutte 100% Tempranillo et le Vin de France rosé est un Grenache Syrah Sud de France. Ils sont plus colorés, et munis de capsules à vis. Le Sancerre est vendu 12,90€ et le Reuilly 9,90€ alors que l’El Bar est vendu 8,50€ et les fumées blanches rosé 6,95€.

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Les adresses : www.josephmellot.com et www.domainesfrancoislurton.com

 

Du côté de la dégustation il n’y aura pas de guerre des Roses entre Catherine et François, j’en ai décidé ainsi. En effet, la confrontation n’était que littéraire et simple prétexte à mettre en parallèle des destins. Ce faisant, je ne me dérobe pas face à l’obstacle car il n’y en a aucun sur mon chemin. Cependant je puis vous confier, sans jouer à Salomon, que mes deux préférés sont le Reuilly de Catherine et les Fumées Blanches de François. Je les aime pour leur fraîcheur et leur vivacité, ce sont des vins de petit plaisir même si le différentiel de prix lié au fait que les vins de Catherine sont nés dans des AOC, dont une, le Sancerre, a la cote, me semble un peu trop fort. Mais c’est ainsi que le consommateur voit souvent le prix d’un vin : il a en tête une échelle de référence, prix trop petit pour un … c’est non, prix trop lourd pour un … c’est encore non.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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