Dimanche 30 septembre 2012 7 30 /09 /Sep /2012 00:09

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Même si j’aime les vieilles anglaises, les voitures bien sûr, j’ai peu de goût pour les bagnoles et je n’ai jamais mis les pieds au Salon de l’Auto. Pour autant j’avoue avoir toujours été fasciné par les préparateurs de petites bombes pour rallye automobile. Avec mon pote Jack Troussicot, le frère de Gervais et du grand Henri-Pierre, j’ai fait le commissaire, en pleine nuit, sur je ne sais quel rallye en Vendée. Le feulement de ces caisses bricolées qui surgissaient dans la nuit telles des guépards, l’odeur d’huile de ricin et de la gomme surchauffée, les jantes larges et le volant sport, je trouvais ça exotique. Bref, dans mes souvenirs de jeune homme la Renault 8 Gordini et La FIAT-Abarth 850 TC stradale occupent une place à part. Pour la première, je vais ici faire un aveu, l’une de mes premières fiancées possédait un R8 Gordini, j’avais moins de 18 ans, donc pas de permis, et elle me laissait le volant jusqu’au jour où nous sommes tombés sur un contrôle de gendarmerie, par bonheur à la tombée de la nuit et dans une file ce qui nous permis d’échanger nos places sans descendre. La grosse trouille mais quel plaisir que de sentir sous la pédale cette puissance prête à se libérer.


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Peugeot-Citroën va mal, Carlos Ghosn déclare sur RTL « que Renault pourrait disparaître sous sa forme actuelle… », le Salon de l’auto s’ouvre dans la morosité Porte de Versailles avec les banderoles des salariés d’Aulnay-Sous-Bois. N’étant pas un expert de l’Industrie Automobile je me garderais bien de me risquer à avancer une analyse de ce secteur où nos voisins allemands, rois des grosses cylindrées, souffrent beaucoup moins que leurs homologues français. Ma toute petite réflexion portera sur le statut de la voiture tant en ville qu’à la campagne. De mon temps, comme le disait mon pépé Louis, l’automobile était le symbole de la liberté alors que le chemin de fer, je ne parle pas de l’avion qui était un luxe pour les nantis et les hommes d’affaires, c’était pour le populo. Posséder une auto c’était acquérir le droit d’aller et de venir sans contrainte d’horaires dans les coins les plus reculés du territoire. La route devenait le vecteur des déplacements individuels et très vite des transports de marchandises. Les villes devenaient le réceptacle des bagnoles, souvenez-vous de Georges Pompidou a donné son nom à la voie rapide sur berge, pratique certes mais aspirateur de voitures et horreur pour les flâneurs au clair de lune, par bonheur la pénétrante Vercingétorix fut tuée dans l’œuf. L’auto devint la pompe à fric : la vignette supprimée par Fabius, les parcmètres, les contractuelles, les radars… L’auto ça pue et ça pollue mais il n’empêche que les mecs et les gonzesses le cul dans leur gros 4X4 ou dans leur petite Fiat 500, leur Smart, piaffent, brûlent les feux rouges, prêt à vous écraser sous leurs roues pour gagner une place dans la file.


Le tout bagnole a triomphé partout et j’inclue les grosses chenilles de camions qui montent et descendent sur nos autoroutes. J’ai une auto : une Twingo mais je me déplace dans Paris en vélo et je ne cultive pas l’aversion des écolos pour l’auto. Simplement je demande que nous évitions de pratiquer notre sport national favori : penser qu’une inversion de la tendance n’aura aucun effet sur l’emploi des usines qui fabriquent les autos. C’est exactement la même attitude que ceux qui vomissent sur les poulets en batterie – ce que je peux parfaitement comprendre – mais qui dans le même temps pleurent et s’insurgent du sort des salariés du groupe Doux qui se retrouvent sur le carreau. Pour les autos la mutation, qui n’a pas été anticipée, ni par les constructeurs, ni par les pouvoirs publics, est brutale et radicale. La voiture électrique ne sauvera pas l’industrie automobile elle confortera les groupes qui sauront le mieux être à l’écoute des nouveaux besoins des utilisateurs.


Le scepticisme qui a prévalu tant pour Vélib que pour Autolib n’est plus de mise par les temps difficiles, les temps changent et il faut être réactif et innovateur.


« Autolib, le service francilien d'auto partage de voitures électriques exploité par le groupe Bolloré, devrait être rentable dès le printemps 2014, soit avec quatre ans d'avance, a déclaré Vincent Bolloré lors du Mondial de l'automobile à Paris.


« L'équilibre devait être atteint en sept ans, c'est à dire en 2018, et on pense qu'on l'aura atteint au printemps 2014. Mais pour cela, il faut que le rythme actuel d'abonnement demeure jusqu'en mars ou avril 2014 », a précisé l'entrepreneur breton.


« Nous avons cette semaine 30.000 utilisations et ça augmente de 5% par semaine. Chaque personne fait en gros une douzaine de kilomètres, un peu moins d'une heure, et donc dépense à peu près 10 euros. Et comme grosso modo, Autolib coûte 50 millions d'euros par an, si ça continue comme ça, nous serons en avance de trois ou quatre années », a-t-il calculé.


Lancé le 5 décembre 2011, Autolib compte 35.000 abonnés, dont 13.000 sont abonnés à l'année, pour un parc de 1.750 voitures électriques, de 670 stations et de 3.900 bornes électriques.


Le nombre de voitures électriques dans le cadre du service Autolib devrait être porté à 3.000, a précisé Vincent Bolloré, soulignant que plus de 530.000 personnes ont déjà loué une voiture Autolib depuis le lancement du service.


Fort du succès d'Autolib, l'entrepreneur s'attaque désormais à la voiture électrique particulière en lançant sa Bluecar via un contrat de location longue durée. »


Même à la campagne ou dans les villes moyennes la fonction de l’automobile peut changer à la condition que l’on aille au-delà des solutions uniques : à quoi bon faire circuler des trains ou des autocars au ¾ vides ( avec bien sûr des subventions des collectivités territoriales) alors qu’il serait plus judicieux d’étudier et de mettre en place avec les entreprises et leurs salariés du co-voiturage, des moyens de transports gérés par les intéressés eux-mêmes. En agriculture il existe des CUMA, des coopératives d’utilisation de matériel en commun alors pourquoi ne pas avoir ce type d’approche pour assurer le transport  des gens qui travaillent au même endroit et qui sont obligés d’utiliser une voiture individuelle. La liberté c’est bien mais le prix du gas-oil qui fait des bonds obère une autre liberté celle d’affecter ses achats pour des biens et des services choisis et non subis.


Bref, le souvenir de ma première voiture : la 2CV acheté au curé de la Mothe-Achard est bien loin, ainsi que le vrombissement des moteurs gonflés des FIAT-Abarth 850 TC stradale et la Renault 8 Gordini, mais n’en déplaise aux écolos l’auto reste et restera, avec toutes les mutations qu’elle va subir sous la pression des contraintes environnementales et économiques, un vecteur de liberté mais la liberté est un bien trop précieux pour la laisser entre les seules mains du lobby routier, à nous de reprendre la main et de mettre nos actes dans le sillage de nos légitimes préoccupations. Pour sourire deux petites histoires : la première vécue à Zonza, tout près des aiguilles de Bavella dans le Sud j’ai croisé sur la route un taxi : une Porsche Cayenne blanche (70 000€). Je n’ai pu, ayant le volant, fixer le cliché mais la Préfecture de la Corse du Sud pourrait confirmer ( il faut dire que c'est un véhicule courant en Corse) ;  la seconde est une chronique qui marche toujours très fort Les chinois sont formidables « Comment faire l’amour dans votre Bentley ou votre Hummer ? » link 

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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