Le campagnard, le gars qui parlait fort dans le métro pendant le salon de l’agriculture, le plouc, le péquenot, le bouseux, est une espèce en voie de disparition
tout comme la campagne d’ailleurs. Il a laissé la place au rural grand fourre-tout qui accueille les derniers paysans, quelques natifs du cru et bien sûr, plus on va vers le Sud, le soleil quoi,
tout une palanquée de résidents secondaires, retraités ou voisins du gros patelin d’à côté. En parodiant Jean Ferrat je dirais « que la campagne est belle… » depuis qu’il n’y a presque
plus de paysans… J’exagère sans doute mais, à la réflexion, je mets le doigt sur la contradiction la plus forte des habitants des villes, les urbains, face à ceux des champs, les ruraux dans
lequel se nichent ces rares paysans dont les vaches pètent la couche d’ozone, les cochons puent, les tracteurs pétaradent à pas d’heures et qui passent leur temps sur M6 à chercher des fiancées
car « l’amour est dans le pré » dit-on.
Les paysans, les urbains les aiment dans un monde fantasmé, rêvé, joyeux mélange d’images d’Epinal, de regrets, qui trouve sa quintessence dans la grande ferme du
salon de l’Agriculture avec ses animaux bien brossés, choyés, bêtes à concours. Idylle contrariée, surtout du côté des écolos, par toutes les saloperies qu’ils foutent dans la nature qu’ils ont
déjà bousillée en arrachant les haies pour que leurs gros engins aillent plus vite. Bon, ça n’empêche pas les résidents secondaires de bourrer leur coffre de victuailles ramassées chez Lidl ou
Leclerc, normal ça coûte moins cher. Bien sûr j’évite de parler du sujet qui fâche le plus bobonne : ce putain de coq qui chante dès le lever du soleil. Bref, l’amour est certes dans le pré
mais vaudrait mieux que les vaches aillent ruminer ailleurs.
Tout ça vient de loin bien sûr car chez nous « la Terre ne ment pas » mais elle a beaucoup servi aux hérauts de notre belle et intelligente droite qui
aime tant les paysans, ces campagnards qui savent si bien voter avec leurs sabots. Pour preuve, ce que mettaient en avant, pour promouvoir la « campagne », au début des années 70, un
groupe parlementaire rassemblant 180 députés UDR et Républicains Indépendants (le GEPAR) emmené par son fringant président, l’ondoyant Jean-Pierre Soisson bas-bourguignon d’occasion et menteur
comme un arracheur de dents. Lors de leur première journée nationale le 11 avril 1972, sans doute avec force de Chablis qui est le lait de Jean-Pierre, le député-maire d’Auxerre explicitait leur
programme.
L’objectif était de « faire prendre conscience au pays avant qu’il ne soit trop tard de la chance que constitue son retard en matière d’industrialisation et
d’urbanisation pour proposer un type de société original. » En clair, ces aménageurs, nous sommes avec notre palanquée de grands Ingénieurs des Ponts, des Mines, du Génie Rural un peuple
d’aménageurs, veulent bâtir une politique ambitieuse de la campagne destinée à défier « une modernité d’aujourd’hui (1972) qui engendre l’abstraction et l’uniformité ». Ils se veulent
le contrepoids de la civilisation industrielle afin de contenir « une industrialisation qui s’effectuerait au détriment de la vraie nature de la France. »
Le mot est la lâché : la vraie France c’est la France verte des vaches, cochons, couvée, revivifiée. C’est la France contrepoids salutaire de la France
grisâtre des ZUP où s’entassent pêle-mêle des populations émigrées de l’intérieur et de plus en plus de l’extérieur via nos anciennes colonies. Renault manque de bras, mais Renault est à l’Ile
Seguin aux portes de Paris et Citroën après avoir quitté le quai de Javel dans le XVe monte ses bagnoles à Aulnay-sous-Bois dont les bois ne sont plus qu’un souvenir. Des usines à la campagne
donc… loin des banlieues rouges… des usines dans les prés avec des ouvriers-paysans comme à l’usine Citroën de Rennes. Ces chantres de la campagne bénéficiaient du climat particulier qui régnait
autour de Georges Pompidou, homme de Montboudif dans le Cantal, avec Pierre Juillet, Jacques Chirac… Le Cantal, la Creuse, la Corrèze deviennent les références d’une France qui doit y ressourcer
ses valeurs.
Pierre Juillet, le campagnard du Limousin, confiait à Alain Peyrefitte : » Alors que tout bouge autour de nous, l’essentiel est de garder notre équilibre,
d’éviter les écueils et de ne pas sombrer ! Dans le tourbillon des découvertes, des innovations technologiques, des échanges internationaux, ce qui importe au contraire, c’est de rester
soi-même au milieu du changement qui s’accomplit de toute façon, que nous le voulions ou non ! C’est de préserver nos valeurs fondamentales ! »
Les valeurs fondamentales de notre vieux pays se trouvent dans le noyau dur d’une France provinciale qui allie les idées des radicaux et une forme de poujadisme
latent : il y a du Juillet dans Guaino ! Henri de Gastines, prototype du hobereau paysan de l’Ouest, décrit bien le ressort profond du crypto-agrarisme de la République pompidolienne.
« Il était né (Pierre Juillet) dans ce milieu, son père était gendarme, son frère est devenu préfet. C’étaient des gens qui avaient du tempérament et qui étaient très enracinés. C’était
l’époque où les instituteurs jouaient un très grand rôle dans la nation, où ils étaient officiers de réserve, où ils étaient très patriotes et en même temps ils avaient été nourris aux mamelles
de la paysannerie, sur le terrain, sachant ce qu’était la vie dure des paysans. Il était imprégné de tout cela, c’était vraiment cela le fondement de son raisonnement. »
Dit par Chirac Ministre de l’Agriculture, le 7 novembre 1973,ça donne ça : « Nous vivons dans un monde qui évolue très rapidement, marqué par une certaine
agitation due au développement de processus dont nous contrôlons pas très exactement les conséquences, qu’il s’agisse du progrès technique, de la concentration de la population, de la pollution,
de la destruction des milieux naturels, de l’urbanisation. Ces processus ont tendance, si l’on n’y prend pas garde, à remettre en cause non seulement les éléments temporels de notre civilisation
mais aussi, on s’en aperçoit depuis quelques années, les fondements mêmes sur lesquels sont assises nos civilisations et l’organisation de nos sociétés. Quel que soit le sens qu’on donne à ces
valeurs traditionnelles qui ont toujours marqué les sociétés organisées, par opposition aux sociétés d’anarchie, il faut remarquer que le monde rural est le seul, par a nature, à être capable de
puiser dans son travail un certain sens de l’harmonie de la vie. Nous ne devons jamais l’oublier. »
Reste que dans la compétition internationale qui s’ouvrait avec l’amplification du démantèlement des barrières douanières (GAAT) et de la mise en œuvre des fameuses
politiques agricoles commune du Marché Commun, c’est l’agriculture productiviste et le paysan-entrepreneur qui vont triompher. Le génie de Chirac fut de montrer de l’empathie pour les oubliés de
la PAC tout en défendant mordicus les grandes cultures. La gauche de Mitterrand fut incapable de sortir du piège tendu par la FNSEA, sauf en viticulture où cette maison n’avait aucune prise.
Quand à Sarkozy ce monde lui est totalement étranger c’est enfant de la ville et il s’est planté en dépit de son forcing final pour brosser les paysans dans le sens du poil. Reste notre PNR qui
renoue avec la tradition corrézienne, revendiquant sa filiation avec le petit père Queuille, aura-t-il ou souhaitera-t-il aller au-delà d’un ruralisme mou ? Je ne sais, mais les intentions
affichées du Ministère d’être à la fois celui des agriculteurs et celui de l’agro-alimentaire exige bien plus que des bonnes paroles ou des incantations de redressement industriel, c’est
l’acceptation de la réalité et sa prise en compte qui accoucheront d’une campagne vivante.
Mon petit voyage depuis plus d’une année dans les plis et les replis de la France du lait, celle des producteurs du Grand Sud-Ouest, de la Normandie, du Forez et
d’ailleurs et des grandes entreprises privées et coopératives qui transforment et vendent des produits laitiers, m’ont appris une chose : si le Ministère de l’Agriculture veut faire la
preuve de son utilité il se doit de réinvestir le terrain, là où tout se noue, de cesser de croire que tout se joue dans les négociations communautaires, de se transformer en seul gestionnaire de
primes européennes diverses et variées, d’oublier que dans les années qui viennent le sourcing va plus encore qu’aujourd’hui la clé du devenir de ces espaces ruraux dont on ne parle que dans les
discours mais qui sont abandonnés à la seule loi du marché. C’est un travail de fourmi, de mise en relations, d’accouchement de groupes régionaux viables, se contenter de jouer les mauvais
pompiers, comme dans le dossier Doux où ce cher Charles fait restructurer sa dette au détriment des éleveurs et des salariés, c’est à terme négliger l’essentiel : l’anticipation des grandes
évolutions…
Surprenant billet.
C’est exactement, mais expliqué et argumenté, ce qu’un étranger – appelons-le Uzbek ? – ressent confusément après quelques années passées en milieu rural ici. Cette « France profonde » que les Chinks sont en train d’acheter semble tantôt un mythe, tantôt une réalité mais en perdition.
Je pense, malheureusement, en France aussi bien que dans d’autres pays agricoles, que le monde rural disparaît à TOUTE vitesse au profit de l’agro-alimentaire et que c’est inéluctable.
Mes enfants – citadins – sont fiers d’une certaine manière de « ce que fait Papa » mais pas un poil sur leur tête ne songe à me succéder. Normal vu mon histoire. Mais plein d’enfants nés dans des familles viticoles – qui ont tout « qui leur tombe dans le bec » - ne le veulent pas non plus.
Je rencontre principalement trois types de professionnels : des agriculteurs, des restaurateurs et des médecins, dans plusieurs pays européens. Ils tiennent le même discours : le métier s’est dégradé (et pas forcément le revenu) et ils souhaitent que leurs enfants fassent autre chose.
En fait, ce que tu décris, Jacques, est beaucoup plus général.
Tous les « acteurs », ceux qui font réellement quelque chose, passent à la trappe des sociétés modernes. Il n’y aura bientôt plus que 3 types de citoyens : une masse d’assistés frustrés (ou consentants, pire encore), une « élite » qui organise et tire les ficelles, un petit nombre de pions engagés par les administrations, les multinationales et des « fabriques » où ils commanderont les machines et les robots.
Je vais vous le dire tout net, sans pathos et sans dépression : je ne souhaite pas vivre trop vieux !
Luc, je suis d'accord sur une partie du constat, et je l'évoque encore dans mon billet de ce matin. Je ne veux pas en revanche être aussi pessimiste car je crois à un sursaut; pour parler comme à la télé, peut-être pas à un sursaut politique (que j'appelle pourtant de mes vœux) mais à un sursaut citoyen. Enfin bon…
Merci en tout cas à Maître Jacques!
Comme Luc, je suis très pessimiste...Je ne crois plus au futur travail de fourmi, appelé par notre Taulier...Le monde médiatique et plus généralement les urbains crachent en permanence sur le monde rural (les salauds, les chimiques, les pollueurs, etc) avec un discours caricaturé qui fait assez peur. Et puis les revenus des paysans, je le vois tous les jours, sont dérisoires, instables avec pourtant un travail considérable, une pression invraisembleble et des prises de risques sans commune mesure comparé avec le monde salarié, par exemple...Qui, dans ces conditions, ne srait pas découragé ? Bien sûr, qu'il y a des réussites, mêmes modestes, dans la viti, dans l'élevage...on en connaît tous. Une immense part du milieu agri n'aura pas de repreneur ou si peu. Les jeunes qui on fait des écoles ingé agro partent dans les banques...ou les très grosses machines techno-administratives et sur le terrain, pour faire la fourmi...rien, nada !
A vous lire tous je deviendrais presque suicidaire si un Surmoi fait forcément de tabous judeo-chrétiens ne m'interdisait de sortir la corde, planter l'anneau et grimper sur le tabouret. Reste qu'aux visions les plus pessimistes j'ai tendance, c'est ma nature, à prendre le contre pied des idées saturniennes pour me tourner résolument vers le soleil. Nombreux sont les jeunes qui préparent - et obtiennent mais ça c'est devenu très facile - des diplomes que ce soit dans les lycees agricoles ou hôteliers et qui envisagent d'être "autonomes", c'est-à-dire pas forcément reprendre l'exploitation des parents parce qu'ils les y ont vu "en chier grave" ; eux aussi, donc, prennent le contre-pied de ce que pensent papa et maman qui préféreraient voir leurs enfants fonctionnaires plutôt que responsables d'une structure qui a priori ne les nourrira que mal tout en multipliant les stresses ; ils sont nombreux à vider les fonds de tiroirs des oncles, tantes, amis, voisins parce que les banques de nos jours prêtent plus volontiers à la Grèce qu'aux âmes bien nées. Pour avoir un fils qui a vu ses parents épuiser leurs petites économies, leur vaillance et leur santé pour finalement finir leurs jours plus pauvres que Job, pour voir autour de moi les enfants d'amis restaurateurs qui eux aussi s'imaginent qu'ils feront mieux que leurs parents, ou en tout cas qu'ils vivront leur rêve, je vous dis que notre jeunesse est bien courageuse, tout autant que l'étaient les jeunesses qui les ont précédés. Je leur souhaite à tous des politiques dynamiques et volontaires, qui n'existent malheureusement que dans les rêves les plus beaux.
Je crois, oui, idéaliste que je suis, en la grandeur d'âme des jeunes, je crois moins en leur avenir, mais ce discours là j'aurais tout aussi bien pu le tenir il y a 25, 50, ou 90 ans.
"s'il n'y a rien de neuf sous le soleil on peut toujours se mettre à l'ombre des grands arbres"
Les propos de Jacques Chirac en 1973 résument sa vision de notre société et en cela auraient pu être prononcés 20 ans plus tard par François Mitterrand
Qui d'ailleurs en 73 était "la plume " du ministre ? le maire de Bordeaux ??
En fait branché ce lundi de pré-rentrée sur Fr culture où intervenait en tant qu invité J.Ch. Bailly j ai fouiné pour dénicher cet entretien(le son est faiblard )
Je connais un "commentateur" qui va se régaler........
* L'identité de la France coll
Excusez-moi, Jean-Pierre , excusez-moi parce que je ne vais retenir de votre commentaire que l'allusion faite à la "plume" et plus loin à la "maîtrise de notre langue" : je note que souvent les étrangers (du nord, du sud, de l'est, de l'ouest) utilisent généralement un verbe plus propre, plus clair souvent que le français de nos propres enfants et c'est un peu triste. Je note que souvent, ils énoncent leurs idées - dans une langue qui n'est pourtant pas la leur - plus clairement que nos jolies têtes blondes, brunes ou rousses, ces petites têtes assises aux bancs de nos écoles alors que parfois "ces autres" sont au ban de la société . Je note que les enfants nés ailleurs et qui vivent en France ont un langage non seulement plus correct mais encore, ils ont un vocabulaire qui ferait pâlir d'envie nos meilleurs enseignants.
Quant à la SAFER vu qu'elle m'a déjà niquée (pas comme j'aime assurément) je ne commenterai pas plus avant ses glauques souvent, serviles parfois, et indignes presque toujours interventions.
@Sylvie : tes propos sur les « estrangers » nous font du bien, belle amie. Une suggestion d’ailleurs : si en quittant la Safer tu es partie niquée, essaie donc Cabesterre, ils sont martiniquais !
Chanson toi qui ne veut rien dire et toi qui me dit tout:
On ne peut laisser faire au final ce "ok computer"
le pessimisme de Manset suit la période et je ne sais vraiment pourquoi ça me fait penser à cela:
du très pessimiste "comme un légo" faisant écho à ce que dit Luc, ce grand terrain de nulle part...et tout ces petits êtres qui courent...les capitales sont toutes les mêmes devenues...
on peut avoir encore un pessimisme plus marqué comme dans "mensonge au foules": ce monde est celui de la dérision on substitue le mal au bien ...on préfère laisser le sol en friche...bel opuim du peuple devenu simple tabagie...
Mais le dernier couplet est d'un optimisme constructeur:
Quand nous aurons tout pris, tout vaincu
Que les poètes entre tous seront connus
et l'homme libre de tout chantage
Découvrant l'amour comme le vrai visage
Alors nous serons tristes et peut-être inquiets
De ce que nous redoutions en secret
Que différents de nos aînés, nous ne sommes pas
Et nous dirons peut-être alors, et pourquoi pas ?
Mensonge aux foules assagies
Et puisque c'est de trahison qu'il s'agit
Nous serons tous enfin peut-être, par magie
Aimés, aimés
Il y a un jeunesse aider, aimer. Il faut que nous ayons ce courage en ayons une vision au dela de "Ok computer", des réglements imbéciles à rejeter qui nous stérilisent.
Et voila le miracle en somme
C'est lorsque sa chanson est bonne
Car c'est pour la joie qu'elle lui donne
Qu'il chante la terre
@ Vincent, Reggio, Sylvie, Eagle eyes chéri etc .....
« Pessimisme » ?
Trois remarques qui cadrent le sujet.
1) Alors en vacances au Lavandou, invités par les parents d’une amie, je fus prié aimablement de m’en aller, non pas pour mauvaise conduite, mais parce que la maman, directrice d’un établissement scolaire pendant l’année, pensait que « ma vision sombre du monde lui gâchait ses vacances ». J’avais 18 ans.
2) Retrouvant, des années après, un amour de jeunesse, nous entamâmes, libres tous les deux à l’époque, une courte relation à laquelle la jeune femme mit un terme sans m’expliquer pourquoi. C’est sa mère qui m’en donna le fin mot : « Vous lui plaisez beaucoup mais voyez tout trop en noir pour elle ». J’avais la quarantaine bien sonnée.
3) Enfin, mon analyste, docteur en psychologie âgée de 70 ans (expérimentée donc) a prononcé un seul jugement de valeur durant tout notre travail : « Sapristi, qu’est-ce que vous êtes pessimiste ! ». C’est la seule fois où elle sortit de sa neutralité mais quel contre-transfert ! J’avais là presque 50 ans.
Je ne pense donc pas que mon analyse de la situation agricole, et surtout de son devenir, cède à la « morosité ambiante » ou à « l’ambiance du temps ». Mon caractère ne change pas à cause des pressions et il n’exagère pas les aspects inquiétants actuels. J’ai toujours été ainsi.
En fait, personnellement, je ne me trouve pas du tout pessimiste : j’entreprends plein de choses et repousse ma pierre vers le sommet à mesure qu’elle dévale la pente. Simplement, je refuse à tout prix la fameuse « pensée positive », cette idée trans-atlantique que tout va s’arranger et que tout va bien ... si on le veut. Quelle foutaise ! La vie est un vaste océan de déplaisir au sein duquel émergent des petits ilôts de bien-être. Les gens heureux sont ceux qui sautent d’un ilôt à l’autre et oublient l’eau sombre qui les entoure.
n'ayons peur de rien soyons...pédants
Gramsci que tu dois mieux connaitre que moi écrivait dans sa cellule "il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté".
Dur à chanter...
le sujet évoqué par Jacques de la résponsabilité politique était qu'elle redémontre en agriculture son utilité.
Qu'elle soit utile à vivre et à réver...
Des groupes constitués sur les vraies questions de l'organisation de notre travail, notre paysage, sur l'agronomie...
Ca urge !!! pour que l'on puisse continuer de boire et chanter encore un peu et tout le reste...
@ Pili-pili
Et non, pas rencontré le cher homme. Au moment où il hantait les geôles de Benito je n’étais pas encore là, loin s’en faut. Beaucoup de personnes – qui m’ont sans doute influencé – vont dans le même sens. D’une certaine manière, la fatalité des bouddhistes, et ce qu’en a fait Jung, vont un peu dans le même sens. Lâchons le mot, même si en France sa seule évocation vous fait passer pour un snob : le vieil Arthur nous confie cela aussi comme message. On rame tous, on a toujours ramé, mais ce n’est pas une raison pour renoncer ... jusqu’à ce qu’on soit à bout d’énergie psychique ou de force physique. Avouons quand même que ce 21ème siècle naissant, avec son cortège d’inutiles, de parasites et de profiteurs, rend le banc de nage particulièrement pénible !
Allez, après un petit reste de fromage de chèvre bien assaisonné et de la betterave rouge – comme cela vous saurez tout – m’en va faire une siesta. Je pense que la pluie arrive.