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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 00:09

Certains vont me taxer de VDP (ce qui ne signifie pas Vin de Pays mais Vieux démagogue Populiste) qui sort de la naphtaline des vieilleries d’une France engloutie, perdue dans le brouillard d’un temps où nos grands-pères sont allés se mélanger à la terre de l’Argonne, de la Somme, ou comme cette butte rouge qui fait référence à la « butte Bapaume », un lieu-dit inhabité dans la Marne, et à un sanglant épisode sur le front de Champagne, pendant la Première Guerre Mondiale.

 

Que voulez-vous pendant toute ma jeunesse j’ai entendu égrener des « morts pour la France » face au monument aux morts de la Mothe-Achard alors que tous ces braves gars, paysans et ouvriers majoritaires, ont donné leurs jeunes vies ou sont revenus estropiés, gazés, pour un conflit que les élites dirigeantes ont pris soin d’envelopper dans un patriotisme qui masquait les causes profondes de cette horrible guerre. Je déteste les va-t’en-guerre, les insoucieux du sang, de la sueur et du courage innocent des autres. Merci de ne pas vous approprier la France, son drapeau, assumez votre passé, occupez-vous du présent et cessez d’accommoder l’avenir avec des fonds de sauce rances.

 

Ils me saoulent mais plus profondément si j’aime ce chant c’est surtout pour le beau contraste entre la valse lente de sa musique et les paroles. La butte rouge me prend aux tripes, m’émeut, me renvoie à là d’où je viens et, n’en déplaise à certains, je ne l’oublie pas. Je ne les oublie pas ces pauv’gars…

 

 

 

Sur c'te butte là, y avait pas d'gigolette,

 

Pas de marlous, ni de beaux muscadins.

Ah, c'était loin du moulin d'la galette,

Et de Paname, qu'est le roi des pat ‘lins.

 

C'qu'elle en a bu, du beau sang, cette terre,

Sang d'ouvrier et sang de paysan,

Car les bandits, qui sont cause des guerres,

N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents.

 

La Butte Rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin

Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin

Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin

Qui boira d'ce vin-là, boira l'sang des copains

 

Sur c'te butte là, on n'y f'sait pas la noce,

Comme à Montmartre, où l'champagne coule à flots.

Mais les pauv'gars qu'avaient laissé des gosses,

I f'saient entendre de pénibles sanglots.

 

C'qu'elle en a bu, des larmes, cette terre,

Larmes d'ouvrier et larmes de paysan,

Car les bandits, qui sont cause des guerres,

Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans.

 

La Butte Rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin

Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin

Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin

Qui boit de ce vin-là, boira les larmes des copains

 

Sur c'te butte là, on y r'fait des vendanges,

On y entend des cris et des chansons.

Filles et gars, doucement, y échangent,

Des mots d'amour, qui donnent le frisson.

 

Peuvent-ils songer dans leurs folles étreintes,

Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,

J'ai entendu, la nuit, monter des plaintes,

Et j'y ai vu des gars au crâne brisé.

 

La Butte Rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin

Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin

Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin

Mais moi j'y vois des croix, portant l'nom de copains

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Gosselin JN 04/03/2012 06:44


J'adore...le billet et la chanson! Derrière l'icône de Napoléon, se cache le plus grand assasin de la jeunesse française du début du 19ème.....il méritait bien son exil!

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