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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 00:09

L’alcoolisme est un réel fléau, dévastateur et grave pour qu’on évite la stigmatisation collective dans le style de la récente campagne de presse « Les Français boivent trop ! » suite à l'étude de Sylvie Guérin, Agnès Laplanche, Ariane Dunant et Catherine Hill, du service de biostatistique et d'épidémiologie de l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif, publiée dans l'European Journal of Public Health. »


L’art de faire dire tout et n’importe quoi aux statistiques est un sport dans lequel des scientifiques, des médecins tout particulièrement, maniant des statistiques se sont spécialisés depuis quelques années pour faire fructifier leur offre de recherche. Ça n’est ni sérieux et leur méthodologie est contestée et contestable. Ma remarque n’a pas pour objet de minorer l’ampleur du fléau mais seulement d’exiger une approche plus ciblée, donc plus efficace de la lutte contre l’alcoolisme. En effet, certains de nos concitoyens sont des consommateurs excessifs de boissons alcoolisées mais pourquoi fourrer tous les Français dans le grand panier de l’opprobre si ce n’est pour continuer de faire accroire que toute forme de consommation est néfaste à la santé. Ce qui est faux.


Comme je ne suis pas de ceux qui chantent les bienfaits pour la santé de la consommation de vin je me sens très à l’aise pour pointer du doigt l’approche biaisée de ces chercheuses. Leur boîte à outils est hétéroclite et orientée. En effet, les auteurs de l’étude, dans la population masculine comme féminine, ont procédé à un inventaire des maladies favorisées par la consommation d’alcool. Au total, les décès provoqués par l’alcool sont essentiellement des cancers (15 000 décès) et des maladies cardio-vasculaires (12 000 morts). Accidents, suicides et homicides représentent 8 000 décès. Même chiffre pour les maladies digestives. Leur est basée sur les données de la mortalité française pour l’année 2009 et sur 20 000 entretiens réalisés par l’Insee en 2002-2003 avec des personnes âgées de 15 ans et plus, au sujet de leur consommation d’alcool. Les épidémiologistes ont ensuite croisé ces données avec les chiffres des ventes de boissons.


Alors c’est le déferlement médiatique : radio, télé, presse écrite :

 

LE MONDE


« Les Français boivent trop ! La consommation d'alcool en France était responsable de 49 000 décès en 2009, dont 40 % survenus avant 65 ans, selon une étude publiée lundi 4 mars. L'alcool est responsable de 36 500 décès chez l'homme, ce qui représente 13 % de la mortalité totale masculine et de 12 500 décès chez la femme, soit 5 % de la mortalité totale… »link 

 

LIBERATION


« L’alcool pose aussi problème chez les jeunes : il est déclaré responsable d’un grand nombre de morts prématurées puisque 22% des personnes touchées ont entre 15 et 34 ans. La majorité des décès de cette tranche d’âge sont dus à des accidents (sur les routes par exemple) provoqués par une consommation de produits alcoolisés. «Il y a de la désinformation. Il faut que les gens comprennent qu’ils boivent trop. Aujourd’hui, le type qui ne boit pas, personne ne comprend pourquoi. Vous ne pouvez pas lancer une invitation à dîner sans alcool. C’est la norme», dit Catherine Hill, coauteure de l’étude, avec Sylvie Guérin, Agnès Laplanche et Ariane Dunant »link

Comme je suis curieux je suis allé fouiner sur le NET et j’ai découvert un excellent papier de Mike Steinberger le chroniqueur œnologique de Slate : slatewine@gmail.com

 

Pour lutter contre l'alcoolisme, faut-il initier les enfants au vin?


Une expérience précoce de l’alcool favorise-t-elle une consommation responsable? Ou faut-il faire de la boisson un fruit défendu?


« Lorsque mon fils James a eu dix mois, il a été baptisé conformément à ma religion. La cérémonie a eu lieu à Bordeaux, et je l’ai célébrée moi-même, en déposant une goutte de Château Pétrus (2000) sur ses gencives.


Autant dire qu’il a bien commencé dans la vie. Depuis ses 4 ans, il a le droit de tremper son doigt dans mon verre quand il le souhaite, ou presque. (Il a une préférence pour le Champagne; je lui ai dit que c’était à ça que servait son argent de poche).


Depuis le début, je me disais que ma femme et moi étions des parents à la fois raisonnables et avant-gardistes. Nous pensions qu’en n’interdisant pas le vin aux enfants, et qu’en permettant à James (qui a aujourd’hui 10 ans) et à sa sœur Ava (7 ans) de satisfaire leur curiosité —avec modération, bien évidemment— ils seraient moins susceptibles d’abuser de l’alcool lorsqu’ils seraient grands.


Mais depuis peu, je me demande si mon raisonnement est le bon. Une expérience précoce de l’alcool favorise-t-elle une consommation responsable? Faut-il faire de la boisson un fruit défendu? »


La suite ICI link 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Denis Boireau 18/03/2013 13:23


Pour rassurer Mike Steinberger sur l'education precoce au vin, il y a l'exemple du Quebec qui a mis ca dans l'enseignement scolaire. Et statistiquement ca porte ses fruits...Aaaah, oui, zut,
encore des statistiques a interpretation tendancieuse...

jean.heritier 17/03/2013 17:27


il serait interressant de reporter sur une carte les régions touchées par l'alcoolisme en France. En effet on noterait que les régions viticoles du sud de la France sont trés peu concernées par
l'alcoolisme. Dans ces régions on consomme du vin et quelques apéritifs certe mais toujours pendant les repas... Nous consommons le vin comme les Grecs antiques qui considéraient que seuls les
initiés pouvaient boire du vin mais toujours au cours de repas. Dans la tradition méridionale on offre de l'alcool et du vin aux invités qu' à partir de midi!!!! le matin ou l'aprés midi on
reçoit avec de l'eau ou du café... ceci peut peut être expliqué cela 

luc charlier 17/03/2013 10:15


Allez, on se fend d’un commentaire très court, qui va me valoir l’ire de tout l’establishment. Tu as raison, Taulier. Le monde
scientifique – pas uniquement médical – mais le monde politique et le monde du marketing également, se servent de la statistique et des statistiques pour trafiquer non pas les chiffres bruts –
c’est trop visible – mais bien la manière dont on les présente, donc ce qu’on leur fait dire.


J’ai passé quinze ans de ma vie à effectuer des études cliniques, à en récolter les données, à les analyser et à les faire publier. On
me payait pour cela. Souvent, « l’auteur » se contentait de donner son approbation - parfois éclairée, parfois totalement igorante – et de prêter son nom. Et je ne parle pas ici de la
« Revue de Médecine Générale des Collines Vosgiennes orientées vers le Septentrion, zone A » mais de peer-reviewed journals. Jamais je n’ai vu « traficoter » les
données brutes, même si cela doit exister dans de rares cas, mais souvent on a modifié en cours de route la question posée ou les sous-catégories envisagées. On appelle cela du data
dredging en terme spécialisé ou, plus imagé : « looking for the pony ». J’adore. Pardon : « je kiffe grave », en parler parisien. Cela pourrait
rappeler les ravioli qui sont aux lasagnes ce que le poney est au cheval de grande taille. Heureusement qu’il y a Statisticus® !

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