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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 00:09

P_-Bettencourt.jpgAppliquée aux Bettencourt, Liliane et sa fille, la citation des Nourritures terrestre d’André Gide « Familles, je vous hais ! Foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur.» est un pied-de-nez de l’Histoire qu’aurait apprécié à sa juste valeur provocatrice Pierre Bettencourt, le frère d’André le mari de Liliane. Il l'avait fait imprimer sur un billet de 20 francs, ce qui provoqua l’ire de la Banque de France calmée par le bras long du Ministre Bettencourt. Mais sous ce patronyme se cache le trouble Eugène Schuller, le père de Liliane sa fille unique, financeur de la sinistre Cagoule d’Eugène Deloncle, l’inventeur de l’Oréal. Nous sommes ici face à l’ambigüité française en un temps que nous ne voulons plus connaître. bettencourt-009 1189110267

Pierre Bettencourt (1917-2006), je l’ai découvert au cours d’une soirée, chez un ami, dans le secret de sa bibliothèque emplie de trésors bibliophiles. Pendant que d’autres, les forçats de la plume, faisaient semblant de ne pas s’emmerder dans les dîners au château, pour ce faire ils comptaient les convives, dépiautaient les menus et s’extasiaient face aux vins servis, moi vautré dans un canapé je touchais, que dis-je j’effleurais, je caressais, je dénudais des livres rares aux saveurs excitantes, je les dégustais sans hâte, je m’extasiais. Vous pensez bien que je n’avais aucune compassion pour les petits marquis qui, en bout de table, se croient importants alors qu’ils confinent à l’insignifiance. Moi je suis un privilégié de la plume qui surfe sur ses insignifiances, les revendique même, mais qui se fait un grand plaisir de pisser au long de la raie des coqs de basse-cour. Suis-je vulgaire ? Je ne sais mais je suis et je reste aux côtés de ceux qui ne suivent pas les chemins ordinaires. Je leur réserve mon admiration. La réussite ne se situe pas toujours dans les soi-disant hauteurs de fortune mais se niche plus souvent dans le talent pur. Merci a toi P... toi qui, en plus, me dit que je fais parti de la famille. Avec de tels enfants j'en suis heureux et flatté. 

 

Pendant que les Allemands occupait la France avec la complicité du Maréchal, Pierre Bettencourt, dans la maison familiale de Saint-Maurice-d'Ételan (Seine-Inférieure) , elle-même occupée par les militaires, « inventa une occupation irréductible: l'édition, sur sa propre presse à bras. Le culte de l'acte esthétique, l'amour du métier, la recherche de la beauté qui se niche dans le moindre détail » Cette résistance ne le quittera plus. « Après des études secondaires au Havre et en Savoie, Pierre Bettencourt suit au Collège de France le cours de poétique de Paul Valéry. En 1948, il offre ainsi, dans la quasi-clandestinité de son art des catacombes, un texte d'Antonin Artaud l'année même de la mort du poète: Le Théâtre de Séraphin. Cette diatribe inspirée, rédigée à Mexico en 1936, recèle la force des mages maudits: «Cela veut dire qu'il y a de nouveau magie de vivre; que l'air du souterrain qui est ivre, comme une armée reflue de ma bouche fermée à mes narines grandes ouvertes, dans un terrible bruit guerrier.»

 

Pierre Bettencourt le passeur « devait mettre ainsi entre quelques mains choisies d'autres poètes essentiels, comme Henri Michaux et Francis Ponge. Il devait surtout, après avoir publié Plukifeklair Mouinkonnivoua de Jean Dubuffet, devenir l'ami de cet artiste, qui lui adressera, de 1949 à 1985, des lettres tordantes » Pierre Bettencourt, le chaînon manquant 20 juillet 2010 | Par Antoine Perraud sur Médiapart.

 

Pour vous, rien que pour vous, quelques photos prises à la volée, mais pas volées, rien que pour le plaisir de se glisser dans les lignes de ce Bettencourt là, loin de la petite frappe suceuse de vieille héritière, loin des ressauts mère-fille, loin des requins de la basse-finance, tout près de cet artisan qui voyageait en solitaire, défiant l’esprit du temps, hors tout, sauf la beauté et l’inutilité du geste.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Denis Boireau 15/08/2011 14:33



@ Michel Smith: il y en a qui mettent en boutique le jus de la treille!



Luc Charlier 14/08/2011 11:28



@Daniel, que nous allons affubler du surnom de Tabellion, comme Michel est devenu, pour nous tous, le Forgeron de la
tribu de Dana.


D’accord avec toi quant à la nécessité de quelquefois partir à la recherche des éléments qui nous manquent au cours des interventions
sur ce blog. Mais chez moi, c’est une habitude endémique : plus je lis, plus j’use les dicos, les encyclos, les pamphlétos et même parfois les brûlots. Et elle est atavique : tous les
livres qui me proviennent de feu mon grand-père sont annotés en marge. En même temps, cette manie-là est sciante.


Par contre, pourquoi faut-il « placer quelque chose » dans la conversation ? Ah oui, j’oubliais, les notaires
« placent » des biens, en France. Oh, qu’elle est mesquine, cette pique !


Allez, j’attends la réponse du berger à la bergère, et sens déjà que mes oreilles vont chauffer. Peut-être même va-t-on me « remettre à ma place » ?



daniel chérel 13/08/2011 19:16



Ce que j'aime dans les blogs du taulier c'est qu'ion est obligé de faire des recherches quand on a aucune idée du sujet. J'ignorais  qu'André Bettencourt avait un frère ; je le connais un
peu maintenant  mais je me demande  si j'arriverai un jour à "placer " Pierre Bettencourt dans la conversation.   



daniel chérel 13/08/2011 19:09



Familles je vous hais.....repris à son compte par Pierre Bettencourt et imprimé sur un fac similé d"un billet de la Banque de France c'est de la pub par la provoc. Voulait il viser famille
de sa belle soeur Liliane dont le grand père de celle ci  était boulanger pâtissier  ou son père et père de l'Oréal ? Piere Bettencourt s'est il exprimé à ce sujet lorsque son ministre
de frère lui a évité bien des ennuis  à la suite de ce coup d'éclat ?  N'a t il pas illustré le l'ouvrage écrit par sa nièce Françoise "Les dieux grecs : Généalogie" ? N'a t il pas
écrit "J'avais seulement sept ans quand j'ai perdu ma mère. C'est comme si le ciel avait disparu ; plus rien n'existait" ? Alors sa haine ? pour qui, pour quoi ? A la question de Jacques "Suis je
vulgaire ? Je réponds oui même pour provoquer. 


 


 


 



Olivier Borneuf 13/08/2011 09:14



Excellent ! Il fait beau, je pense que je ne vais rien foutre ou peut-être foutre mon nez dans un bouquin. Merci Jacques pour ce partage !


Bon week end


Olivier



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