Jeudi 20 septembre 2012 4 20 /09 /Sep /2012 00:09

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Corte c’est le cœur de la Corse. L’ombre tutélaire de Pascal Paoli plane sur la cité devenue ville universitaire. Je vous conseille d’y aller par le train : le célèbre Ajaccio-Bastia de la Compagnie des Chemins de Fer Corse qui met la bagatelle d’environ 4 heures pour parcourir le 158 km sur une ligne métrique. La toute nouvelle motrice d’origine basque s’arrête quasiment tous les 5mn et il arrive que le conducteur fasse marche arrière car il a oublié une station. Les paysages sont superbes, 104 tunnels dont celui du faîte de Vizzavona long de 3 916 m et le principal viaduc du Vecchio, confié à la société de Gustave Eiffel.


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J’y suis passé un lundi de septembre en fin de journée pour y récupérer des voyageurs en gare de Corte. Le temps était exécrable et en haut des cols nimbés de brume il faisait à peine 10°. Bien sûr j’ai flâné dans la vieille ville où des randonneurs, même des scouts, se réchauffaient en sirotant des boissons aux terrasses des cafés de l’artère principale. J’ai même eu droit à des compliments sur mon chèche jaune de la part d’une Corse d’un certain âge. Comme j’avais envie de m’assoir pour prendre un verre, et que les terrasses ne m’inspiraient guère, j’ai pointé mon nez vers une enseigne rétro de chez rétro La vieille Cave en me disant, dans ma petite Ford d’intérieur, que ce devait être un baise-touriste. J’y suis donc allé sur la pointe des pieds, l’air dégagé et, à ma grande surprise, je me suis retrouvé dans un antre 100% corse. Selon une coutume bien établie lorsque je suis entré les pépères qui sirotaient autour des tonneaux n’ont fait nul cas de mon importante personne. Alors, sous les voutes pleines de toiles d’araignée, j’ai fait mon boulot de taulier, tripotant les flacons, inspectant le matériel, et puis enfin je me suis assis en retrait sur un tabouret. Au bout d’un petit moment, un des pépères s’est levé et s’est enquis de mes désirs. J’ai commandé un verre de Muscat du Cap Corse. Le pépère est allé quérir la bouteille dans une petite armoire réfrigérée et m’a servi. Très vite, deux couples de filles, des étrangères, sans doute des allemandes pour le premier, et des bataves pour le second, sont venues poser leurs fesses sur des tabourets. Le même pépère leur a servi des verres de rouge à la bouteille (je précise car on peut aussi se faire servir des verres au tonneau, donc à la clé). Les nénettes, look rando, étaient aux anges.


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Le bloc des pépères, 8 ou 9, discutaient ferme de vélo, en français. Deux pompaient des havanes (1). L’un des protagonistes tentait de les convaincre d’une nouvelle technologie : un pédalier hélicoïdal, à ce que j’ai compris, mais comme je suis nul en mécanique je n’ai pas tout capté. Bien évidemment le pauvre se heurtait à une incompréhension narquoise : les corses sont très doués dans ce genre de sport. Mon Muscat était bon et je me laissais bercer par la conversation. Au dehors des torrents d’eau se déversaient dans la ruelle. Juste avant l’irruption du déluge, un jeune homme, qui claqua la bise à tous les pépères, avait apporté deux grandes boîtes de pizza. Celui que j’avais repéré comme étant le patron du lieu, et c’était bien lui, cigare au bec, procéda à la découpe et, tel un empereur romain, vint de suite proposer des parts aux deux couples de filles et à moi-même. Proposer est un euphémisme, le choix se résumait à l’acceptation pure et simple. Les étrangères planaient dans une douce euphorie. Le lieu semblait vraiment hors le monde et nos pépères entamaient une nouvelle conversation sur des sujets locaux où ma compréhension était encore plus basse que sur les questions de double-plateau.


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Le temps était venu pour moi de me glisser discrètement dans la conversation. Je demandai au patron la permission de faire des photos et j’embrayais sur le vin, le blog, les vins corses, et plus particulièrement sur ceux du Clos d’Alzeto… Nous bavassâmes, mais je sentais poindre la question rituelle : parisien ? Elle vint d’un des pépères. Mon oui lui tira une affirmation qui me laissait pantois : vous habitez le XIVe ? Mon oui lui tira un large sourire et un : moi aussi. Bref, une belle petite heure passée dans l’antre d’Emmanuel Simonini, qui après avoir tenu deux restaurants sur la place Paoli, s'est retiré dans cette belle caverne bachique.


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Donc si vous faites escale à Corte posez vos fesses à LA VIEILLE CAVE 2, ruelle de la Fontaine tél 04 95 46 33 79 ( le patron à un IPhone) et si ça vous chante lisez le compte-rendu d’une visite en 2010 sur le blog.misselisabeths.com link 


(1)             Déclaration à la sous-préfecture de Corte. CIGARE-CLUB CORTENAIS DE LA VIEILLE CAVE. Objet : regrouper des amateurs de cigares de Corte et centre Corse (Corti-centru di Corsica) ; ces amateurs seront indifféremment des hommes ou des femmes ; partager le plaisir de fumer des cigares de qualité, essentiellement de fabrication manuelle, de provenance cubaine ou non ; contribuer par les échanges d’informations, les rencontres et les voyages à l’éveil du gout aux cigares de qualité. Siège social : La Vieille Cave, ruelle des 4-Canons, 20250 Corte. Date de la déclaration : 17 juillet 2006.

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Commentaires

Il est pas mal ton plan... Digne d'un western spaghetti ! La prochaine fois, j'irai. Avec mon cigare, bien sûr...

Commentaire n°1 posté par Michel Smith le 20/09/2012 à 00h35

merci pour le tuyau...en espèrant qu'ils ont un excellent vermentino...!?

Commentaire n°2 posté par Gosselin Jean-Noêl le 20/09/2012 à 07h54

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