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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 16:00

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Faire de la politique autrement, très beau slogan ! L’arrivisme n’est pas l’apanage de la gente politique, il sévit dans toutes les activités humaines. Prêt à tout pour réussir ! Plus le système est hiérarchisé, bureaucratisé, verrouillé, plus l’arrivisme prospère. Le seul frein, surtout dans les secteurs productifs, reste la compétence, mais les arrivistes peuvent être aussi compétents. Pour ce qui concerne nos élus c’est plus compliqué surtout lorsqu’il s’agit des mandats électifs nationaux ou européens. Pour avoir une chance réelle d’être élu il faut se faire une place dans les grands appareils des partis afin d’être adoubé par les militants. Bref, mon observation du mode de fonctionnement du PS, m’a permis de constater que l’appareil servait essentiellement à fabriquer de futurs élus. L’arrivisme, l’échine souple, l’opportunisme, constituent donc d’excellents moyens pour se faire une place au soleil. Pour autant, gardons-nous de mettre tous les élus dans le même sac, mais force est de constater que malheureusement que plus on monte dans la hiérarchie des partis plus le profil des élus recèle une étrange homothétie.


L’ambition n’est en rien condamnable, c’est un excellent moteur pour progresser, mais reste tout de même à ne pas piétiner ses concurrents, à respecter les règles, à avoir un minimum de décence et de déontologie. En politique, où le verbe prime, surtout en période élective, tout est possible ! Dans la séquence que nous venons de vivre, la capacité de certains et de certaines, à avaler des couleuvres pour ne pas « insulter l’avenir » : traduire rester dans la course aux maroquins ministériels dans le cas où son candidat serait élu, a atteint des sommets liés à la virulence de la campagne. Comme jusqu’ici la politique était, et reste encore, une affaire d’hommes, l’irruption de la parité apparaissait comme un espoir de faire de la politique autrement. Las, deux femmes emblématiques, puisqu’occupant des postes de premier plan : Cécile Duflot, jusqu’à ce week-end secrétaire-nationale EELV, et Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne Ministre, porte-parole du Président sortant, des femmes intelligentes, compétentes, viennent de faire la démonstration que l’inversion de la tendance n’est pas vraiment à l’ordre du jour.


Pour la première, Cécile Duflot, je cite un bon expert Daniel Cohn-Bendit qui met en cause les dérives d’Europe Ecologie-les Verts qu’il a co-fondé. « Le paradoxe, c’est qu’on existe à l’Assemblée, au Sénat et au gouvernement, mais plus dans la société. Nos succès institutionnels ne sont pas accompagnés, bien au contraire, d’une dynamique citoyenne. Notre image est devenue détestable. Nous avons échoué là où on voulait redonner espoir : en faisant de la politique autrement. Aujourd’hui, nous incarnons souvent l’insoutenable légèreté de l’arrivisme.


Quand on voit par exemple, dans un documentaire, Cécile Duflot brandir son stylo en jurant qu’elle ne signera jamais un accord avec le PS sans la sortie du nucléaire. Et qu’évidemment on le signe quand même, car c’est un bon accord, cela est dévastateur. Le plus détestable a été la course aux maroquins ministériels, y compris chez mes propres amis. Nous donnons des leçons de morale politique à tout le monde et, en même temps, nous nous accommodons parfaitement du fonctionnement hiérarchique, autoritaire et clanique de la politique traditionnelle. Tout cela fait qu’en un an, nous avons perdu plus de la moitié de nos militants. »

 

Fermez le ban !

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Du côté de NKM, elle déclare aujourd’hui à propos de son poste dans la campagne « J'ai accepté d'être porte-parole, je savais que c'était un job dur. J'ai vécu des débats internes très rudes, qui se sont déroulés à la une des journaux : tout le monde sait bien que j'avais une ligne différente de celle de Patrick Buisson ». Qu’est-ce à dire ? Un job, non ça n’était pas un boulot ordinaire, du genre simple haut-parleur, porter la parole c’est approuver la parole que l’on diffuse au nom de son candidat. Si, comme elle le proclame après coup que la stratégie du conseiller Patrick Buisson avait pour  objectif était de faire gagner Charles Maurras plutôt que l'ex-chef de l'État : « Le principal reproche que je fais à Patrick Buisson c'est que son objectif, à mon avis, n'était pas de faire gagner Nicolas Sarkozy, il était de faire gagner Charles Maurras », a-t-elle déclaré sur Canal+ et bien NKM fut donc le porte-parole de Charles Maurras. Nul ne l’y obligeait, ce ne fut pour elle ni un calvaire, ni un calice bu jusqu’à la lie, mais tout bêtement le bon moyen de préserver ses chances de carrière pour l’avenir. Quand à affirmer que tout le monde savait bien qu’elle était sur une ligne différente c’est du niveau du parjure.

 

Je ne mets pas en doute la force des convictions de NKM quand elle réaffirme que, pour elle, «  aucun accord, aucune alliance d'aucune sorte n'est tolérable, le FN a changé la vitrine, mais c'est la même arrière-boutique et en plus il veut la mort de la droite ». Mais quand elle observe qu’aujourd'hui « beaucoup de monde se rallie à cette position. Ils ne m'ont pas tous soutenue à l'époque, mais mieux vaut tard que jamais. Simplement, il y a des choses qu'il vaut mieux dire avant les élections qu'après » que ne l’a-t-elle pas exprimée publiquement et clairement cette position lorsqu’elle était porte-parole. Quelle estime de soi peut-on avoir si on se tait, qui ne dit mot consent, ou même on justifie des positions contraires à ses convictions profondes ? Quelle confiance peut-on accorder à des personnes publiques adoptant de tels comportements ? C’est comme si une militante féministe laissait passer sans mot dire des déclarations des militants de laisser-les-vivre !


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Déçu, je le suis. Pour avoir été en permanence minoritaire dans ma famille de pensée, loin de l’opportunisme et de l’arrivisme du couple Dray-Mélanchon, copains comme cochon, grands acteurs du fameux Congrès de Rennes, je sais ce qu’il en coûte de garder et de défendre ses convictions contre les partisans de la réalpolitique. En ce cela je ne joue pas les chochottes effarouchées, ni les juges à la Van Ruymbeke, mais j’espérais mieux de la nouvelle génération montante et, même si je sais que l’on ne gouverne pas un pays comme la France, la main sur le cœur, avec de bons sentiments, mettre de la conviction et du courage au service de ses actes ne peut nuire, au contraire ça aide à grandir. Pour les Français ce serait la meilleure des thérapies pour les guérir de leur goût immodéré des solutions qui descendent du ciel.

 

Samedi sur le boulevard Saint-Michel j’ai croisé Claude Allègre, le mammouth arriviste m’a semblé bien fatigué. Autre apparition du WE, le roi des arrivistes : Eric Besson, l’homme qui ne prend pas la peine d’interrompre ses vacances pour passer ses pouvoirs à son ancien camarade socialiste, est réapparu à la télé pour parler foot : vous savez l’Euro. Là, sans aucun doute, l’homme est compétent et si on le nommait sélectionneur ça mettrait un peu d’ambiance dans les chaumières : il pourrait ainsi mettre au pas le dénommé Nasri ! Comme je suis gentil, on ne tire pas sur une ambulance, le livre de Roselyne Bachelot m’afflige aussi car, en dehors de sa piteuse prestation à la Santé lors de la campagne de vaccination de type soviétique contre le H5N1, elle avait fait preuve en beaucoup de circonstances d’un certain panache politique en prenant des positions sincères et courageuses. Enfin j’ai entendu sur France-Inter qu’Olivier Falorni a reçu, alors qu’il dînait en compagnie de son épouse, au restaurant de l’AN, un accueil plus qu’amical de ses petits camarades députés socialistes. Ne riez pas, il va s’inscrire au groupe des Radicaux de Gauche, sans doute en hommage à Michel Crépeau, député-maire de la Rochelle, et dernière grande figure de cette famille politique devenue annexe du PS. Le 23 mars 1999, il est victime d'un arrêt cardiaque en pleine séance parlementaire des questions au Gouvernement, peu après avoir posé une question à Dominique Strauss-Kahn qui était en train de lui répondre. Philippe Douste-Blazy, cardiologue de profession et présent en séance, le réanime. Il décèdera quelques jours plus tard à l'hôpital. Il avait 68 ans.


Une grande pianiste virtuose, humaine, brillante et sensible, vient de nous quitter : Brigitte Engerer elle n’avait que 59 ans…


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

tchoo 26/06/2012 11:33


loin de l’opportunisme et de l’arrivisme du couple Dray-Mélanchon,


c'est qui???????????????

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