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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 12:44

Comme chacun le sait, moi le premier, je suis une grosse fainiasse qui publie tout et n’importe quoi rien  que pour se faire mousser. Sauf que j’ai pratiqué la maison Agriculture, au 78 rue de  Varenne, en poste de responsabilités, et ce faisant je revendique ma part de responsabilité sur le sujet des pesticides, et que je sais lire.


Je vous propose de lire, pour ceux qui en ont le temps, un article de la revue Agreste « PRODUITS PHYTOSANITAIRES ET PROTECTION INTÉGRÉE DES CULTURES : L’INDICATEUR DE FRÉQUENCE DE TRAITEMENT »


En ce qui concerne les pesticides, parmi les indicateurs utilisables à une échelle nationale en France jusqu’à maintenant, on peut citer :


● la « quantité totale de substances actives vendues en une année », publiée chaque année par l’UIPP, puis par les pouvoirs publics à partir de 2009 ;


● « le nombre de traitements réalisés au cours d’une campagne culturale », calculé tous les cinq ans pour les principales cultures à partir de l’enquête « Pratiques culturales » présentée plus en détail dans cet article ;


● la « superficie développée » (multiplication de la surface traitée par le nombre de traitements reçus), utilisée notamment dans les méthodes de diagnostic agroenvironnemental des exploitations agricoles ;


● la « proportion des points de mesure sur lesquels des pesticides étaient détectés » ou « la fréquence de dépassement des normes concernant l’eau potable », indicateurs publiés chaque année dans les bilans IFEN.


Les limites de ces différents indicateurs, présentées dans cet article, ont conduit le ministère français de l’Agriculture et de la Pêche a développer un nouvel indicateur, l’indicateur de fréquence de traitement (IFT), en s’appuyant sur une étude de l’INRA (Champeaux, 2006 et 2007) et en s’inspirant de l’expérience danoise (Gravesen, 2003). Ccet indicateur de « pression phytosanitaire », s’il ne décrit pas directement le risque potentiel pour l’environnement, permet d’orienter les actions publiques visant à promouvoir une agriculture économe en produits phytosanitaires et d’en évaluer directement l’efficacité. Cet indicateur viendra utilement compléter les indicateurs décrivant l’état des masses d’eau. C’est également en s’appuyant sur cet indicateur que seront bâties les mesures agroenvironnementales territorialisées du nouveau programme de développement rural hexagonal (PDRH 2007-2013),incitant les agriculteurs à réduire leur utilisation de produits phytosanitaires.


La première partie de cet article précise les risques liés à l’utilisation des pesticides, aborde les actions permettant de les limiter et les indicateurs actuellement utilisés dans le domaine des produits phytosanitaires. La seconde décrit l’indicateur de fréquence de traitement, présente les premiers résultats obtenus pour cet indicateur à l’échelle nationale et en propose quelques perspectives d’utilisation en termes d’évaluation des politiques publiques. Enfin, la troisième partie décrit les mesures agroenvironnementales conçues à partir de cet IFT et proposées aux agriculteurs au cours de la période de programmation 2007-2013.


1. Vers une réduction du recours aux produits phytosanitaires


1.1. Une prise de conscience des risques liés aux pesticides


Les produits phytosanitaires, ou pesticides, ont essentiellement pour objet de lutter contre les bioagresseurs des cultures (tels que les adventices, ravageurs, maladies). La France occupait en 2004, en quantités de substances vendues, le 3e rang mondial sur le marché des produits phytosanitaires et le premier rang européen (76 100 tonnes de substances actives vendues dont 90 % pour les usages agricoles). La France est également le plus gros consommateur de pesticides de l’Europe des 15. Si l’on ramène cette consommation à l’hectare cultivé (hors prairies permanentes), la France, avec 5,4 kg/ha, arrive en 4e position, derrière le Portugal, les Pays-Bas et la Belgique (Aubertot et al, 2005).


Au-delà de leur rôle en matière de lutte contre les adventices et autres organismes nuisibles pouvant affecter la quantité et la qualité des produits agricoles, l’utilisation de ces pesticides peut engendrer des risques directs ou indirects pour l’homme (l’utilisateur et la population en général dont l’exposition se fait par l’air, l’eau et l’alimentation) et les écosystèmes (biodiversité, qualité de l’eau).


L’utilisation des pesticides constitue aujourd’hui un enjeu de société majeur mis notamment en exergue par les résultats de l’expertise scientifique collective conduite par l’INRA et le CEMAGREF (Aubertot et al., 2005). Conscient de l’importance de cet enjeu, le gouvernement français a publié en juin 2006 un plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides (PIRRP 2006-2009)5. Ce plan :


● constate une contamination préoccupante et généralisée des eaux par les pesticides :


- leur présence est détectée dans 80 % des stations de mesure en eau superficielle et 57 % en eau souterraine ;


- requis pour 2015, au titre de la directive cadre sur l’eau, le bon état écologique et chimique n’est actuellement considéré comme atteint que pour un tiers des cours d’eau et la moitié des eaux souterraines ;


- 99 % des analyses réalisées sur l’eau distribuée sont conformes aux normes en matière de teneur en pesticides ;


- toutefois, 9 % de la population française ont été alimentés en 2003 par une eau du robinet dont la qualité a été au moins une fois non conforme aux normes en matière de pesticides ;


● relève la présence de certains pesticides dans d’autres compartiments de l’environnement : les sols (avec par exemple une rémanence forte d’organochlorés interdits depuis


● souligne que des études épidémiologiques décèlent des effets potentiels des pesticides sur la santé humaine qui peuvent être chroniques (avec par exemple des malformations congénitales, des cancers, des lymphomes) ou bien aigus, mais sans qu’il soit systématiquement possible de prouver le lien de causalité : à titre d’exemple, on constate que les agriculteurs ont moins de cancers que les autres catégories de population, mais qu’il existe un risque accru pour certains cancers spécifiques.


Ces éléments montrent la nécessité :


● d’une part, d’agir sur les produits et les pratiques agricoles pour diminuer l’usage, la présence et les impacts des pesticides,


● d’autre part, de disposer des éléments scientifiques concernant ces produits et leurs impacts, pour mieux connaître leurs effets potentiels et contribuer à les prévenir.


La suite ICI link

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

lienart 27/05/2014 13:17


Et bien merci pour ce sujet éminemment intéressant, préoccupant .. et vos réflexions, chiffres et données concrètes et documentées. Je reste  persuadé, à la lumière de ces résultats, des
comparaisons, mais aussi et surtout pour avoir permuté ma consommation quasi à 100% vers les vins dit 'nature', (je pense que la propre expérience vécue vaut toujours mieux qu'une expérience lue
..) que le plaisir de boire un vin issu d'une vigne travaillée avec amour, inventivité et adaptation, connaissance et respect de la terre, de l'environnement local et général, ainsi que des
consommateurs, se double d'agréables sensations de "pendant" et "après" consommation - je répète agréables uniquement - procurant certes une lègère ivresse, mais des plaisirs gustatifs, de
découverte, et aussi d'avoir ingéré un produit consommable de qualité, de garder ma santé intacte ou quasi, en donnant légitimité et caution à des vignerons respectueux, sensés et à
l'intelligence humaine préservée, telle leurs vignes. Que ceux qui aiment le vin se trounent vers le bon, le beau, le vivant.

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