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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 00:09
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Fastoche d'être de gauche extrême pour les baby-boomer, jusqu'en 1981 c'est la droite qui a tenu les manettes sans discontinuité et quand le père Mitterrand s'est pointé avec ses 101 propositions toutes droites issues d'un programme commun un peu édulcoré, et que nos vieux potes communistes non révisés, qui venaient de prendre une déculottée, se sont précipités place de la Bastille, ha Pierre Juquin !, pour fêter la victoire. 

1983, patatras : virage sur l'aile et roule Mimile... Mais ils sont où les Emmanuelli ? Au gouvernement, bien sûr !

En 1988, c'est la France Unie, l'ouverture, Rocard à Matignon, l'horreur de l'horreur, comme un soupçon de social-démocratie.

Et puis vint Jospin avec sa gauche plurielle, Mélanchon ministre tout comme le petit Paul, que des révoltés, des frondeurs, des petits gars héritiers du père François, un marxiste convaincu comme chacun sait.

Enfin nous y voilà, au dernier épisode, celui que nous vivons aujourd'hui, la gauche de la gauche biche, elle n'aime rien tant qu'un retour vite fait bien fait dans l'opposition, ce qui ne saurait tarder.

Vu mon grand âge je n'aurai pas la chance de voir aux manettes une grande union des gauches de la gauche : de Duflot à Mélanchon en passant par le brave Pierre Laurent le fils de son père fidèle partisan du socialisme réel au bilan globalement positif.

Je n'ai toujours pas compris comment ça marcherait avec eux, ils ne m'ont jamais vraiment expliqué, ils adorent le pouvoir de dire non, ce qui après tout une manière de gouverner.

Je plaisante à peine, alors retournons aux mannes de ce cher Jules Méline qui a son portrait de Ministre de l'Agriculture dans la galerie Sully link, là où j'ai débuté ma vie de petit gris de cabinet au temps de Rocard qui lui aussi y est en photographie.

La gauche de la gauche je connais : de la Conf'Pé à la FSU je me l'a suis tapée sans pour autant percevoir ce qu'ils attendaient du pouvoir. 

Je suis un affreux et indécrottable réformateur, je ne crois pas à la révolution par les urnes, soit on renverse la table, soit on gère au mieux. Certes ça n'est pas très glorieux mais il faudra un jour qu'on m'explique ce que veulent les Français, à mon avis que tout change pour que rien ne change.

Reste le bon vieux protectionnisme, et c'est là que le bon Jules ressort de sa naphtaline. 

2 articles du Monde afin d'éclairer vos lanternes :

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Jules Méline (1838-1925), chantre du protectionnisme LE MONDE | 29.08.2014 à Pierre Bezbakh (maître de conférences à l'université Paris-Dauphine) link

Un sixième cycle de négociations engagées entre les Etats-Unis et l'Union européenne à propos d'un accord de libre-échange étendu entre les deux zones économiques s'est achevé à la mi-juillet.

Certains y voient l'occasion de stimuler la concurrence porteuse de baisse de prix, de progrès technique et de spécialisation accrue de chacun dans ses domaines de compétence, alors que d'autres mettent en avant les effets pervers de ce « grand marché transatlantique » : la victoire des grosses entreprises sur les petites, la perte d'indépendance économique des deux zones, la standardisation de la production, la concurrence déloyale pratiquée par ceux qui utilisent tous les moyens pour réduire leurs coûts de production.

Un domaine d'activité inquiète particulièrement les Européens : l'agriculture, en raison de pratiques tolérées outre-Atlantique mais proscrites dans la plupart des pays européens (viandes issues de bêtes élevées aux hormones ou soignées aux antibiotiques, poulets lavés au chlore, utilisation des OGM dans la culture des végétaux…).

Ce refus d'accepter l'entrée de ces produits sur le sol européen, justifié d'un point de vue sanitaire, peut toutefois être considéré comme une sorte de protectionnisme non tarifaire condamné par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et par ceux qui défendent les vertus du libre-échange.

CARRIÈRE D'AVOCAT

Cette question du protectionnisme agricole s'est déjà posée en France à la fin du XIXe siècle, alors que les produits agricoles nord-américains commençaient à inonder l'Europe, et que l'agriculture française connaissait diverses difficultés.

Le Royaume-Uni avait fait le choix du libre-échange depuis les années 1840 en abolissant les Corn Laws (« lois céréalières ») qui protégeaient ses céréaliers, en application des idées ricardiennes – d'après l'économiste britannique libéral David Ricardo (1772-1823) –, selon lesquelles l'élimination des droits de douanes sur le blé permettait la baisse des salaires ouvriers, très dépendants du prix des denrées alimentaires, et la hausse des profits, sources d'investissements.

En France, après une période également orientée vers le libre-échange (comme en témoignent le traité franco-anglais de 1860 et ceux passés avec la Belgique en 1861 et la Prusse en 1862), les lois Méline allaient au contraire renforcer la protection de l'agriculture française.

Jules Méline (1838-1925) a commencé une carrière d'avocat à la fin du Second Empire ; puis il a été membre de la Commune de Paris en mars 1871 et élu député des Vosges en 1872 ; il est devenu sous-secrétaire d'Etat à la justice et aux cultes de décembre 1876 à mai 1877, puis ministre de l'agriculture dans le gouvernement présidé par Jules Ferry de février 1883 à avril 1885, et président de la Chambre des députés d'avril 1888 à novembre 1889.

C'est en tant que rapporteur général à la Chambre des députés qu'il a défendu le projet de loi protectionniste de 1892 et qu'il a fait voter celle de 1894 créant les sociétés locales de crédit agricole, permettant de financer les investissements paysans. Il est devenu ensuite président du Conseil d'avril 1896 à juillet 1898, étant en même temps ministre de l'agriculture, a fait voter une nouvelle loi protectionniste en 1897, a été candidat malheureux à l'élection à la présidence de la République en 1899, et est redevenu ministre de l'agriculture durant la première guerre mondiale, d'octobre 1915 à décembre 1916.

INSUFFISANCE DE DÉBOUCHÉS

Elu sénateur des Vosges en 1903, il le restera jusqu'à sa mort. Il a laissé deux ouvrages exprimant sa pensée : Le Retour à la terre et la surproduction industrielle (Hachette, 1905) et Le Salut par la terre et le programme économique de l'avenir (Hachette, 1919).

C'est dans ces livres qu'il a précisé le sens de la politique économique qu'il a appliquée durant ses années de responsabilité ministérielle. A ses yeux, les pays capitalistes industriels souffraient d'une insuffisance de débouchés pour leur production, ce qui réduisait le désir de fabriquer et de créer des emplois ; de plus, la France devait faire face à l'arrivée de denrées provenant de peuples jeunes, favorisés par la nature, un sol vierge, une main-d'oeuvre bon marché, l'insignifiance des charges fiscales.

La solution était le protectionnisme, principalement agricole car, disait-il, « il ne reste plus qu'un seul champ d'action et d'expansion capable d'absorber toutes les forces sans emploi (…), c'est la terre (…), qui ne laisse jamais mourir de faim ceux qui l'aiment et se confient à elle… Donc, retournons à la terre et dirigeons de ce côté le plus que nous pourrons l'attention du grand public ».

Ainsi, la loi de 1892 créait un tarif douanier minimal appliqué aux produits venant de pays avec lesquels la France avait passé une convention commerciale, et un tarif général maximal dans le cas contraire. La loi de 1897, dite « du cadenas », autorisait à relever davantage les droits sur les importations en cas de surproduction, ce qui se produira à plusieurs reprises.

Au total, ces tarifs protectionnistes maximums seront compris entre 15 % et 30 %, et seront plus élevés sur les importations de produits agricoles que sur les produits industriels. Ils toucheront plus particulièrement la viande, le vin et les céréales. Mais, en moyenne, ces droits agricoles ne seront que de 22 % en 1905 et de 18 % en 1910.

MENACE DES ETATS-UNIS

En ce qui concerne les produits industriels, ils resteront compris entre 10 % et 12 % au début des années 1900 et pour l'ensemble des importations ils n'excéderont guère les 10 %. Le protectionnisme français est resté donc relativement limité, surtout en comparaison des droits américains relevés alors à environ 50 %.

Pour ses opposants, il aurait retardé la modernisation de l'agriculture française en freinant le progrès technique, le remembrement des exploitations, la spécialisation agricole, comme cela se produisait dans les pays « ouverts » (comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark) ; il aurait maintenu les prix agricoles élevés et limité l'exode rural, ce qui aurait pesé sur les salaires et handicapé l'industrie.

A l'inverse, les défenseurs du protectionnisme considèrent qu'il a permis de sauver l'agriculture française, menacée d'être ruinée par les produits alimentaires venant des Etats-Unis. Ils font aussi remarquer que le protectionnisme « mélinien » n'a pas empêché la France de connaître au début du XXe siècle un essor industriel remarquable : elle a été en 1913 le deuxième producteur et le premier exportateur mondial d'automobiles, et son solde commercial industriel est passé de 11,4 % de la valeur de la production industrielle à 13,3 % entre 1885-1894 et les années 1905-1913 (Jean-Charles Asselain, Histoire économique de la France, vol. 1, Seuil, 1984).

Contrairement à l'espoir de Méline, le retour à la terre ne constitue peut-être pas l'avenir des pays industriels, mais le savoir-faire agricole est un élément du patrimoine d'une nation, qui pérennise les traditions culinaires, maintient des emplois, attire des touristes et évite une trop grande standardisation des modes de vie.

⦁ Pierre Bezbakh (maître de conférences à l'université Paris-Dauphine) 

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Dans les archives du « Monde »: Jules Méline et la naissance du Crédit agricole link
LE MONDE | 29.08.2014  Charles-Emmanuel Haquet

La croissance de la population urbaine au XIXe siècle provoque une augmentation de la demande en produits de la campagne. Il faut moderniser une agriculture peu rentable. Les pouvoirs publics prennent alors conscience de l'inadaptation du système bancaire au monde paysan.

Une première banque de crédit agricole est fondée en 1860 à l'initiative de Napoléon III sur le modèle du crédit foncier. Tentative malheureuse, puisque la société est dissoute en 1876 à la suite de spéculations aventureuses.

La loi du 24 mars 1884, en reconnaissant les syndicats, autorise la constitution de sociétés mutuelles de crédit. En 1885, la première caisse de crédit purement agricole voit le jour à Poligny, dans le Jura (…).

Le 5 novembre 1894, Jules Méline fait voter une loi qui s'inspire du schéma mutualiste mis en place en Allemagne. En donnant un statut aux caisses mutualistes locales, le gouvernement français signe l'acte de naissance du Crédit agricole qui sera, pour reprendre les termes de son fondateur, «construit par le bas, et non par le haut».

En 1897, seules 75 caisses locales ont été créées. Emprunter n'est toujours pas entré dans les moeurs du monde paysan. Sauf exception, l'épargne drainée est insuffisante pour faire des prêts et le mouvement est menacé d'étouffement. Un financement externe devient nécessaire.

Jules Méline se décide alors à faire intervenir l'Etat. Cette même année, une loi impose à la Banque de France le paiement au Crédit agricole d'une avance de 40 milliards de francs-or et d'une redevance annuelle si elle veut se voir renouveler le privilège d'émission dont elle bénéficiait. Les fonds sont gérés par des caisses régionales.

Créées par la loi du 31 mars 1899, celles-ci jouent un rôle d'intermédiaire entre les caisses locales et le ministère de l'agriculture qui délivre les subsides. « Cette intervention financière étatique fonde le développement du Crédit agricole », explique André Gueslin (Le Crédit agricole, La Découverte, 1985).

PYRAMIDE MUTUALISTE

A la veille de la Grande Guerre, pratiquement tous les départements disposent d'une caisse régionale ; plus de 4 500 caisses locales se répartissent les 240 000 sociétaires attirés par le mouvement, autorisées, à partir de 1910, à distribuer des crédits à long terme aux petits exploitants et des avances aux coopératives et assurances mutuelles agricoles.

Le projet initial prévoyait la mise en place d'un organisme central une fois la majorité financière atteinte. Or, en 1920, près de 60 % des ressources sont encore d'origine étatique (…). Le 5 août 1920, le sénateur Etienne Clémentel fait voter une loi qui va doter l'institution d'un organe de gestion et de coordination interrégional, l'office national du crédit agricole, qui devient la caisse nationale en 1926.

La pyramide mutualiste à trois niveaux est enfin achevée. Elle présentera longtemps la particularité d'associer une structure régie par le droit privé, les caisses locales et régionales, à un établissement de droit public, la caisse nationale. Hormis son rôle de réglementation, cette dernière a pour mission de répartir la collecte réalisée à l'échelon local et remontée jusqu'au sommet. Ce système de péréquation a été l'un des moteurs du développement du Crédit agricole en France (…).

La loi de mutualisation du 18 janvier 1988 donne à la caisse nationale un statut de société anonyme alors qu'un décret de 1991 supprime les dernières limites de compétence de l'établissement. Le Crédit agricole devient maître de son destin.

« Le Monde » du 27 septembre 1994

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Aredius 10/09/2014 08:17


Je souscris à ce texte. Curieusement (?) je n'entends pas les journalistes poser la question.


...corriger la co(q)uille


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