Samedi 4 août 2012
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« Si le loup risque d'attaquer un troupeau, la meilleure façon de faire c'est de prendre un fusil et de tirer. » Cette déclaration n’est pas le fait d’un éleveur
lambda exaspéré mais de José Bové sur Radio Totem en Lozère, le 17 juillet dernier. Elle a bien évidemment provoqué la colère de l'Association pour la protection des animaux
sauvages (Aspas), qui a déposé plainte contre le député EELV pour « incitation à la destruction d'une espèce protégée ».
Interrogé jeudi par Le Monde, José Bové a réitéré ses déclarations : « On peut tirer le loup, parce que la priorité est de maintenir les
paysans dans les zones de montagne ». Le moustachu du Larzac, qui se souvient de ses Brebis Lacaune enfonce le clou avec courage et panache : « Il faut que nous, les écolos, on arrête
la langue de bois : on ne peut être à la fois contre la désertification des campagnes et l'extension urbaine à l'infini, et en même temps créer à la campagne des espaces où les agriculteurs ne
peuvent pas vivre »link
Caroline Ailhaud, bergère depuis 10 ans dans les Alpes de Haute-Provence, a choisi de s'armer contre les loups. « Aujourd’hui, on défend les
loups sous prétexte de vouloir sauvegarder la biodiversité, mais on fait tout l’inverse en éloignant les troupeaux des prairies. C’est tout de même un signe si un militant écologiste comme José
Bové incite à tuer les loups qui menacent les troupeaux ! Sa position est intéressante et permet de mettre en avant les contradictions au sein même d’Europe-Écologie-Les Verts. »link
Comme vous le savez je ne suis ni une groupie de José Bové, ni un partisan des solutions radicales mais sa prise de position est courageuse et ne peut-être balayée
d’un revers de main. La langue de bois n’est pas de mise sur ce type de sujet et je ne vois pas pourquoi il faudrait se contenter des discours lénifiants habituels. Entendre les premiers
concernés me semble une position citoyenne et responsable « Les éleveurs lozériens craignent que l'installation de loups dans leur département entraîne la mise en place de ces mesures, qui
compliquent leur travail. Pour André Baret, éleveur et maire de Hure-la-Parade, « nos exploitations sont fragiles. Le loup n'est pas responsable de la crise, mais il est la
goutte qui fait déborder le vase ». M. Baret qui, comme de nombreux éleveurs du causse Méjean, s'est investi contre l'exploitation des gaz de schiste ou des projets immobiliers, souligne que
la situation est différente de celles des Alpes : « Ici, les troupeaux sont plus petits – de 100 à 200 têtes contre plus d'un millier –, et ils mangent la nuit, dehors, quand il fait moins
chaud. C'est plutôt la nuit que le loup attaque. »
Vivre au pays ! Mais attention à ces pays ne deviennent pas des musées pour touristes ou militants d’une nature vierge et vide d’habitants y travaillant. Bové
a raison de mettre le doigt sur les contradictions des urbains et de faire de la provocation à la Houellebecq pour que le discours politiquement correct laisse enfin un peu de
place aux habitants vivants sur ces territoires difficiles. Moi je n’ai pas, et n’aurai jamais de fusil mais notre insensibilité aux difficultés de ceux qui s’accrochent à leur métier déjà
difficile sur des terres de montagne, au nom de la biodiversité animale, ne peut que provoquer de l’exaspération et favoriser une forme d’auto-défense. Seule une vraie médiation de terrain peut
changer les choses, à la condition que les militants de la cause animale cesse de camper dans leur isolement hautain d’urbains.
Et pendant ce temps-là la Verte Cécile Duflot distribuait à tour larigot des rubans rouges à ses poteaux.
Tout est parti d’un blogueur Authueil, assistant parlementaire d’un député UMP, qui après la promotion de la Légion d’Honneur du 14 juillet se
disait «très agréablement surpris» par l'usage modéré et républicain fait par la gauche au pouvoir de la traditionnelle distribution des rubans rouges. Cependant il allumait Cécile Duflot dont
les récipiendaires étaient «un concentré de militants verts, d'élus de la région parisienne et de responsables d’office HLM de région parisienne». Bien évidemment sur Twitter c’était la trainée
de poudre avec les vannes habituelles.
Tout serait resté dans le marigot si le site du Point n’avait pas repris les mêmes arguments que le billet d'Authueil. « Les mêmes
arguments, mais aussi les mêmes formules, voire des phrases entières, le tout sans citer ni la source ni l'auteur. Un plagiat repéré fissa par de nombreux internautes, ce qui provoque une
précision sur le Point.fr... avant que le rédacteur en chef du site ne présente ses excuses au blogueur. » Bref, un vrai buzz avec un «bis» anti-Duflot. La Cécile a le don d’attirer
les mouches autour de ses couleurs : celle de sa robe bleue et là ses rubans rouges.
Lionel Luca, grosse mouche à merde, digne héritier de Jacques Médecin du côté des Alpes-Maritimes a ironisé sur Twitter «Cécile
Duflot lutte contre le réchauffement en arrosant de décorations ses camarades pour qu’ils restent bien Verts! C’est ça le changement!» Cécile Duflot réplique sur Twitter qu'elle s'apprête à
manger des Smarties en respectant un ordre strict des couleurs («un bleu, un rouge, un vert, un rose») afin de ne fâcher personne. Bref, on voisine les sommets du débat politique.
La réalité : parmi les personnalités élevées au rang de chevaliers figurent notamment l’ancienne ministre écologiste de l’Environnement et maire de Montreuil
(Seine-Saint-Denis), Dominique Voynet, le maire EE-LV de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), Jean-François Caron, figure historique des écologistes dans le bassin
minier, et Michèle Rivet, vice-présidente écologiste du conseil régional du Centre. »
Duflot se justifie sur son compte Twitter, en expliquant n’avoir décerné que 30 Légions d’honneur sur les 60 possibles, dont treize élus, parmi lesquels seulement
six sont des écologistes, soit autant que des socialistes. «N’ai décerné que 30 LH sur 60 possibles (suis vraiment tordue) 13 élus (6 EELV, 6 PS, 1 PC), 17 associatifs [et] professionnels du
logement». La ministre ironise, dans un autre tweet, en affirmant une «seule chose juste : aucun élu de droite, RV la prochaine fois». Avant de s'étonner, dans un troisième tweet: «ça dérange
tant que ça les écolos?».
Dérisoire de tous les côtés que cette bataille de chiffonniers autour de la distribution de médailles. Je ne joue pas aux Ponce Pilate en renvoyant chacune des
parties dans leur camp mais je me contente de souligner que tout le monde a le nez sale. En effet, l’attribution de la Légion d’Honneur est devenu un exercice consistant très majoritairement à
une distribution de médailles à ses amis politiques, alors le ducon la joie de Nice ferait mieux de fermer son clapoir puisque tel fut le cas sous la présidence précédente. De même, la pratique
de Duflot ajoute une couche supplémentaire au clientélisme par cette remise de prix entre amis en récompensant des élus de son camp en exercice. Carton rouge à Cécile Duflot : l’exemplarité
commence là et il est inutile de se justifier aussi petitement. Une chose est sûre et certaine, le Taulier, si d’aventure son Ministre lui proposait, ce qui n’est pas sûr, une promotion dans
l’Ordre, il la déclinerait…
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