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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 00:09

Yanne 010  

Jean Yanne est mort au mois de mai, le 23 mai 2003, et cette chronique de lundi de Pentecôte n’est pas un hommage car ça l’aurait fait chier lui l’anar, un « bel anar » dans toute sa splendeur comme le dit son ami et biographe Jean Durieux (Jean Yanne : ni Dieu ni Maître (même nageur) Le Cherche Midi 2005) « systématiquement contre tout, et brillant avec ça. Du genre à dire à midi pourquoi il déteste la gauche, de manière archi-brillante, et le soir prendre le contre-pied de ce qu’il  a dit, de manière tout aussi brillante. C’est un anar, un vrai de vrai. »


En dépit de sa part de quelques relents poujado, j’avoue avoir un faible pour Jean Yanne avec ses rouflaquettes, son côté râleur avec une voix et un physique qui vont avec, les poils putain ! C’était raccord « Les acteurs qui prétendent mettre des semaines à entrer dans la peau de leurs personnages sont soit des menteurs, soit des incompétents » balançait-il. Chabrol l’avait compris lorsqu’il lui propose le rôle dans Que la bête meure « Voilà, dans le film il y a un personnage grossier, un type vulgaire, odieux, un salopard, absolument dégueulasse. Je ne vois que toi pour le faire. »


Le n°3 de Schnock la revue trimestrielle des Vieux de 27 à 87 ans 14,5 € fait sa couverture sur Jean Yanne et je tire ma science en tirant la substantifique moelle : je ne pompe pas, je brode et c’est du boulot les mecs et les gonzesses !

Yanne 011

Yanne était un bon vivant. Au temps de sa splendeur avec son pote et associé Jean-Pierre Rassam, il régalait tout le monde au restaurant. Durieux lui disait « Jean , mais on a pas besoin d’être à dix à chaque fois quand même… » et il répondait « T’occupe pas, c’est les frais généraux ». Durieux rajoute « il y avait de l’argent qui rentrait, et qui ressortait aussitôt. Tous les soirs, c’était gueuleton sur gueuleton. Y avait que ça qui comptait. Les meilleurs vins, les meilleurs restaus, tout y allait… »


Rassam et lui avait leurs habitudes chez Madame Claude. « on allait tous chez Madame Billy et Madame Claude. Ils racontaient avoir vu le Président Poher chez l’une des deux, je ne sais plus laquelle : nu, marchant à quatre pattes et imitant le coq… » DSK et Poher, bonnet blanc et blanc bonnet.


Marcel Dassault était fasciné par Jean Yanne « Quand Jean lui rendait visite à son cinéma Le Paris, vous ne pouvez pas savoir : il avait tout ce qu’il voulait (…) tout. Je le vois encore sortir de chez Dassault et dire « Les loufiats qu’il a autour de lui, il mettait des billets de cinquante sacs dans la main pour les remercier ». Un curieux bonhomme, mais pas tout à fait con non plus. Et Jean s’amusait avec tout ça, bien entendu. »


La tirade préenregistrée de Gerber (Yanne) contre Plantier (Bernard Blier) dans Tout le monde il est beau Tout le monde il est gentil


« Plantier, vous êtes un con. Vous me trouvez grossier, et moi, mon cher ami, je vous trouve vulgaire. Vous ne comprenez pas ? Je vais vous expliquer : dire merde ou mon cul, c’est simplement grossier. Maintenant voyons donc tout ce qui est vulgaire : prendre une voix feutrée et sur un ton larvaire… Vendre avec les slogans au bon con d’auditeur les signes du zodiaque ou le courrier du cœur connaissant son effet sur les foules passives. Faire appel à Jésus pour vanter une lessive. Employer les plus bas et les plus sûrs moyens. Faire des émissions sur les vieux, sur la faim, le cancer. Enfin, jouer sur les bons sentiments afin de mieux fourguer les désodorisants. Tout cela c’est vulgaire, ça pue, ça intoxique. (…) Vendre la merde, oui, mais sans dire un gros mot. Tout le monde il est gentil, tout le monde il est beau. Mais là, mon cher Plantier, vous ne pouvez pas comprendre. Et dans un tel combat, je ne puis que me rendre. Alors Plantier, salut, je préfère me taire. Je crains, en continuant, de devenir vulgaire. »


Une tirade culte dans Que la bête meure :


« Eh ben ce ragoût est tout simplement dégueulasse ! La sauce, c’est de la flotte… Pourquoi tu l’as pas fait réduire, (…) Je t’ai déjà dit vingt fois : quand la viande est cuite, tu la tiens au chaud, et la sauce tu la fais réduire à part, dans une casserole, à part dans une casserole je l’ai dit ou je l’ai pas dit ? (..) Et la cuisine, hein, c’est le seul art qui ne mente pas. On peut se gourer sur la peinture, sur la musique, mais pas sur la bouffe, pas d’histoire, c’est bon ou c’est mauvais. »


Enfin, le summum, de la muflerie dans Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat avec Marlène Jobert.


« T’as jamais rien réussi et tu ne réussiras jamais rien. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu es vulgaire. Irrémédiablement vulgaire. »

« Quand je t’ai rencontré tu lisais Henri Troyat. »


  • La phrase du titre de ma chronique est une boutade de Jean Yanne à propos de Jean-Pierre Rassam qui se droguait. Il mourra d’ailleurs d’une « surdose médicamenteuse »en 1985.
  • « Je hais les routes départementales… » le permis de conduire  

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

alison 28/05/2012 22:00


Ouais...


http://www.youtube.com/watch?v=zmx1D8NxzDU&feature=relmfu

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