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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 00:09

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Ce lundi, premier jour de décembre, sur Paris faisait un temps de goutte au nez, bien glacé. Et pourtant, bravant ce temps de saison, j’enfourchais ma flèche d’argent pour fondre sur la Maison de l’Amérique Latine où m’attendaient les vins de mes amis.


Que du bon, que des bons, j’ai fait une exception pour la petite bande assemblée par Charlotte Sénat car elle vaut le déplacement par tout temps.


vin-de-mes-amis-2014.jpg

 

À défaut d’avoir un beau nez j’ai eu le nez creux.


En effet, les zozos de la typicité ont encore frappé du côté de Viré-Clessé chez Philippe Valette.


Viré le Viré-Clessé de Philippe Valette !


Au gnouf !


Mais, nos grands dégustateurs d’Icone sont tombés sur un bec : la caboche, c'est de famille chez les Valette !


Laurent Bazin, le géniteur du Vin de mes Amis écrivait dès 2008 sur son blog :


« Rien n'est plus impressionnant chez un homme que la force de ses convictions. Derrière son visage rond, Philippe est de cette race de vignerons qui ne transigent pas. Un homme qui affiche paisiblement des certitudes bien trempées. Et une solide détermination. Au village, ça ne rend pas toujours populaire. Mais les Valette ont l'habitude:


« Mon grand-père n'était pas du mâconnais, raconte l'homme de Chaintré. Il est venu à pied de la Bresse voisine, sans un sou, vendre ses bras aux propriétaires du cru. Il a appris la vigne. Il est devenu métayer et n'est jamais reparti. C'était un rude... A la fin des années soixante-dix, son fils, mon père devenu viticulteur, a été un des premiers à claquer la porte de la coopérative. La caboche, c'est de famille. »


Deux générations plus tard, Philippe et sa femme Cécile élèvent leurs enfants dans la vieille maison de pierres sèches où le grand-père avait posé son baluchon. Ils ont racheté la métairie et les hectares de vignes qui allaient avec. Joli symbole.


Lire la suite ICI link 


L’histoire du Viré-Clessé viré c’est une histoire simple comme les aiment les chantres de la typicité :


-         Droits dans leurs bottes les dégustateurs d’Icône dénient, après moult aller-retour, au millésime 2011 Viré-Clessé de Philippe Valette le droit de revendiquer cette appellation.


-         Las de toutes ces chicayas de basse-cour Philippe Valette décide de ranger son vin dans la catégorie, devenue reine, Vin de France et de le dénommer par dérision : Je suis Viré.


-         Grossière erreur de sa part le président de l’ODG Viré-Clessé, droit sur ses ergots, demande réparation pour outrage à l’appellation : usurpation, tromperie du consommateur, j’en passe et des meilleures.


-         C’est alors qu’entre en action la DGCCRF. Pauvre administration qui se voit dans l’obligation de taper sur les doigts d’un excellent vigneron. Mon petit doigt, lui, me dit que le verbalisateur la trouvé bon ce viré.


-         Dernière station de ce chemin d’embûches : un nouveau nom pour cette cuvée martyrisée Et Pourtant.


et-pourtant.jpg

 

-         Je l’ai dégusté ce lundi : bu et apprécié ! Ma proposition est radicale : déclasser les dégustateurs d’Icone. Viré pour cause d’abus de typicité !


Mais que veulent-ils donc ces chantres du je ne veux voir qu’une seule tête de vin dans mon appellation ?


C’est simple que Philippe Valette rentre dans le rang en se battant la coulpe : mea culpa, mea maxima culpa… Qu’il abjure ses pratiques déviantes, qu’il jure de ne plus jamais recommencer, qu’il promette de se fondre dans l’anonymat du troupeau pour que l’ordre règne à nouveau dans l’ODG Viré-Clessé.


Ce dehors ou dedans en rentrant dans le rang est une alternative inadmissible pour ce vigneron qui a participé largement à la notoriété de l’appellation, et c’est mortifère pour celle-ci. Ce laminage au plus petit commun dénominateur est destructeur de valeur et d’image.


« Philippe Valette has produced a beautiful wine that has for some reason or another been refused the AOC - quite rare for Philippe. I thought this seductive beauty was one of the best wines at the tasting we had in his cellar this year - full of harmony and seduction but with chiseled structure and superfine acidity that creates mouthwatering tension. A beauty no doubt. » écrit Andrew Guard


Quand est-ce que ces comités Théodule comprendront-ils la finalité de leur fonction ? Ouvrez-leur les fenêtres sur le nouveau monde des buveurs de vin qui n’est pas à leur image, figé sur des concepts d’un autre âge.


Je ne vais pas entonner pour la énième fois mon couplet mais de grâce, vous les majoritaires, si vous ne voulez pas transformer nos AOC en une masse indifférenciée, laissez un espace de liberté à ceux qui ne suivent pas la même route que la vôtre, bien balisée, si monotone. Sinon, il ne faudra pas vous étonner de voir ceux qui vendent bien leurs vins prendre un autre chemin.

 

Merci à Cécile et Philippe Valette... Continuons le combat !


 philippe_valette-1.jpg

 

« Domaine familial de 8.5 ha à Chaintré, village frontière entre Mâconnais et Beaujolais. Trois générations se sont succédé sur le domaine, d’abord en métayage puis aujourd’hui en propriété.


Le cépage exclusif est le chardonnay, travaillé en culture biologique depuis 1992.


La principale caractéristique de notre domaine réside dans le respect et l’attention que nous accordons à nos sols et à nos vignes, tout au long de la saison.


Afin d’obtenir des vins de Terroir, nous travaillons intensément sur la vie microbienne du sol, afin que la vigne s’y sente dans son élément ; pour cela, nous pratiquons une aération des sols par des labours ou de l’enherbement selon la configuration géographique et géologique de la parcelle. Nous obtenons ainsi des raisins équilibrés que nous laissons sur pied jusqu’à obtention d’une maturité parfaite.


Cueillis à la main, en petit cagette de 15 kilos, le raisin ne subit aucune opération mécanique. Une fois pressés, les jus coulent directement par gravité dans une cuve sans adjonction de soufre ou tout autre intrant. Débourbés grossièrement, ils sont ensuite mis en fût avec les lies dans nos caves fraîches, afin d’être élevés pendant une année. Avant les vendanges suivantes, ils sont soutirés puis mis en masse pour un élevage d’une année encore. Ce n’est qu’au bout de ces deux années d’élevage que nos vins sont mis en bouteille sans collage, ni filtration, sauf si cela s’avère nécessaire. »

 

ICONE

 

Organisme certificateur agréé par l’Institut National des Appellations et de la Qualité (INAO) et accrédité par le COFRAC, la société ICONE assure le contrôle externe des appellations de Bourgogne depuis 2007. A la fin de l'année dernière, ses statuts ont été révisés, "pour impliquer davantage les professionnels"  d'après le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB). Le signe fort de cette réorientation est l'élection du vigneronChristophe Ferrari (domaine Saint Germain, 14 hectares à Irancy) à la présidence de l'organisme, pour un mandat de deux ans. Il prend ainsi le poste de Cyril de Héricourt, président directeur d’ICONE depuis sa création.

ICONE contrôle les vignes (surfaces, manquants...), la cuverie (matériel, traçabilité...) et le produit conditionné (analyses chimiques, dégustation...) des AOC viticoles de l’Auxerrois, de Chablis, de Côte‐d’Or, de la Côte Chalonnaise, de Mâcon et des appellations régionales de Bourgogne. Ainsi que les AOC Marcs et Fines de Bourgogne et les IGP viticoles de l'Yonne et des Coteaux de l’Auxois, de Saône et Loire et de Sainte Marie la Blanche.


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

jean thevenet 07/12/2014 19:42


Le Président de l'ODG Viré Clessé est quelqu'un de qualité qui est navré de ce refus.


J'ai beaucoup d'estime pour lui, et il ne mérite pas d'être traité de la sorte.


A mon avis, il n'a pas descendu Philippe, et n'était pas au courant de cette histoire d'étiquette.


Personnellement j'ai laissé un message à Philippe pour que l'on voit un peu plus clair sur ce refus, j'espère qu'il m'appellera.


Ce qui est certain, c'est que philippe n'est pas un pollueur dans la culture de ses vignes, il veille à supprimer l'érosion. Les rendements, je pense, sont faibles, et les raisins de
qualité.


Je ne juge pas le vin, je ne l'ai pas dégusté.


 


 

JACQUES BERTHOMEAU 07/12/2014 19:58



J'ai goûté le vin.


J'ai transcrit la version du vigneron.


Je ne connais pas le Président de l'ODG et je n'ai pas mis en doute sa qualité. Libre à lui de se manifester sur ce blog c'est un espace de liberté.


Le résultat est là à vous de vous expliquer entre vous.


 



Luc Charlier 02/12/2014 14:59


Ohlala, il cogne fort, l'homme de Sherwood. Je lui demanderai simplement s'il a rencontré tous ses compagnons/camarades; "As-tu ton Tuck?". Je suis in fervent amateur des légendes médiévales et
en profite pour signaler que les ordres de friars n'avaient pas encore été fondés à l'époque où on place Robin Hood (fin du 12ème siècle, avec Coeur-de-Lion). Cela étant, le personnage
de "moine de St Bernardin" de Tuck est savoureux et sympathique. Un peu comme Robert Hue. Voilà, c'était la petite digression du jour de votre Léon. Ca m'a détendu.

JBD 02/12/2014 11:45


Je partage le point de vue sobrement exprimé par Luc Charlier.


Il n'y a pas si longtemps, en 2005, appartenant alors à cette grande maison chargée de conseiller les ministres qui a hébergé les dernières années professionnelles du Taulier, avec un collègue
nous commimes un rapport sur l'INAO destiné à préparer la fameuse réforme de 2006. On nous fit remarquer à de nombreuses reprises le très faible taux de refus d'agrément prononcés par les
commissions de dégustation, alors constituées par les syndicats d'appellation et composées de leurs "représentants". Que n'entendait-on sur les supposées connivences ! L'ordonnance de 2006 a
confié à des organismes certificateurs indépendants (en principe) ce rôle de contrôle. Il est clair que s'il y a contrôle, il doit bien y avoir, de temps en temps des vins qui ne "passent" pas le
contrôle. C'est la loi du genre. Ce n'est pas un drame.


Si on se met du côté du consommateur, en l'absence tant regrettée de grandes marques, il fait plus ou moins confiance à ce que lui dit l'étiquette, et donc à la "typicité" de l'appellation. Si
après avoir bu une bouteille d'un producteur, il en ouvre une d'un autre et se trouve face à une vin très différent, quelle sera sa réaction, même si le deuxième vin est "bon" ?


 

Robin des boire 02/12/2014 09:51


L'appellation n'est que le prolongement moderne de l'oppenfield septentrional. Le pire est que cela a descendu géographiquement. Donc nous ne sommes pas loin des seigneurs qui missionnent des
baillis pour faire régler l'ordre (devenu commercial). Ces seigneurs eux-mêmes ex-nomades, devenus sédentaires organisaient une société avec ses codes, au service d'un privilège.


Cela a-t-il encore un sens ? Et surtout une utilité, économique seulement?


Alors en vils manants, on va à la lisière du village, dans les bois. C'est là que les gens ont soif. En révant à Robin des Boire...


 

Luc Charlier 02/12/2014 08:40


Jacques, j'ai eu aussi, alors que je ne suis pas depuis longtemps dans le métier et ne peux me flatter de la même ténacité que la famille Valette: je n'ai fait que reprendre des vignes qui
existaient, plic-ploc, aussi à subir (deux rosés, un Rivesaltes, deux Côtes villages) des refus basés sur un "problème" à la dégustation d'agrément. Pour des raisons complexes, c'est sans doute
inévitable. A chaque fois, une seconde présentation s'est mieux passée. Toutefois, cela m'a amené à reconsidérer très tôt le concept même de "l'appellation". Et j'ai changé d'avis (si si). Jadis,
amateur passionné, un peu journaliste, enseignant enthousiaste, je pensais que ce terme devait représenter une entité liée à un endroit (je n'ai pas prononcé le mot de "terroir" et encore moins
de sol). En fait non, il représente le consensus (plus ou moins) obtenu au sein du noyau dur des "gens du cru". Au début, cela me gênait. A présent, nilly-willy, je l'ai accepté. Et,
comme je suis conséquent, presque tous mes vins sont devenus des VDF. Attention, ils ne sont nullement DECLASSES. Ils sont, dès le début, conçus dans ce sens, et fiers de l'être. 


Une petite question quand même: si un jour Jean-Louis Chave décidait de mettre en bouteille tous ses vins sous la mention VDF, qui y perdrait le plus, Mauves (et les autres communes où ce domaine
possède des vignes) ou bien la famille Chave? Quand des gens sans grande réputation suivent cette voie, c'est de peu de conséquence. Mais si un ténor y vient ... Or, sans aller aussi loin dans le
"déclassement", c'est ce qu'ont fait Daumas Gassac ou Trévallon etc ... Je note qu'ils ont tous deux gardé une attache à leur LIEU (Hérault chez l'un, Bouches-du-Rhône pour l'autre). On va me
dire que c'est la présence de CS qui les a "forcés". Est-ce si certain? Et, dans les deux cas, le "pays" est en fait un  ... département, notion administrative un peu arbitraire, non?
Bientôt, les vins du Languedoc seront des Midi-Pyérénées! 


Il existe un enseignement politique à en tirer: ou bien on compte sur la réputation locale pour trouver son marché, et il faut alors se plier aux volontés des ... locaux. Ou bien on la joue
perso: si vous ne devenez pas une "star", cela ne gêne personne. Dans le cas contraire, la machine se met en route. Je ne porte aucun jugement de valeur sur ces diverses attitudes, mon opinion
n'est pas encore forgée à 100 %, mais cette constatation saute aux yeux.

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